
Tandis que les
médecins spécialistes du secteur public multiplient conseils et mises en garde
pour éviter les coups de soleil et les effets néfastes de la canicule, la
chaleur accablante qui sévit encore sur la capitale de l'Est, et qui va durer
jusqu'à mardi disent les services de la météo, n'est pas sans conséquences sur
la santé de certaines catégories de la population comme les gens âgés, les
malades chroniques et les enfants. Ceci d'autant plus que le phénomène
s'annonce en pleine période de jeûne et met à rude épreuve les organismes des
plus résistants. Aussi, si les structures de santé publique et de la prévention
n'ont, heureusement et jusqu'à présent, enregistré aucun cas de décès dû à la
chaleur, la Protection civile de Constantine a donné hier un bilan de 49
interventions effectuées par ses ambulances pour des évacuations de personnes
prises de malaises ou nécessitant des soins dans les centres de santé. Tout en
assurant que ce chiffre est «tout à fait ordinaire pour la saison», les
responsables de la Protection civile, à qui nous avons posé la question, n'ont
toutefois pas exclu que la chaleur soit à l'origine de quelques cas parmi les
personnes évacuées. «Ces malades dont l'évacuation a nécessité le concours de
la Protection civile ont sûrement été très éprouvés par les effets conjugués de
la canicule et du Ramadhan», nous a déclaré par ailleurs un cadre de la santé
au niveau du centre hospitalo-universitaire de Constantine (CHU) en assurant
néanmoins que les services des urgences de sa structure n'ont enregistré encore
aucune évacuation de ce genre. «Le personnel médical dans son ensemble a été
agréablement surpris de n'avoir enregistré aucun cas d'insolation», nous a
déclaré hier M. Aziz Kaabouche, directeur de la Communication du CHU. Ce
dernier dira néanmoins que le service des urgences médicales reçoit chaque jour
en consultation plus d'une vingtaine de patients, des gens âgés, des
asthmatiques, des diabétiques, des hypertendus et des cardiaques, lesquels, une
fois la consultation terminée, retournent chez eux. «Reste à se demander si les
deux jours de canicule qui s'annoncent vont être aussi cléments que ceux qui
sont passés», a commenté un quinquagénaire qui avait suivi les informations et
les conseils des médecins donnés à la radio.
Pour le
moment, la population semble bien suivre ces conseils et les gens de tous âges
évitent de se balader, à partir de midi, sous le soleil, sauf en cas d'extrême
nécessité et en se couvrant la tête de chapeaux, de casquettes ou tout
simplement munis de parapluies. Ceux, dont l'activité nécessite une présence
hors des locaux climatisés, se munissent de bouteilles d'eau pour combattre la
chaleur en s'arrosant la tête de temps en temps. A partir de midi, les rues de
la ville son quasiment vides et les gens limitent au strict minimum leurs
déplacements, les uns en rentrant chez eux, les autres en s'abritant dans les
coins d'ombre.