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Bensekrane : Le manque d'aménagements urbains fait réagir la population

par Khaled Boumediene

Si certaines communes ont bien progressé en matière de développement, celle de Bensekrane (anciennement Pont de l'Isser), accuse un énorme retard. Face au manque d'infrastructures et aménagements urbains, la ville d'Abou Medien Chouaïb, décédé dans le village de Takbalet en 1197, est décidément la cité la plus marginalisée dans la wilaya de Tlemcen car elle ne profite aucunement des nombreux projets qui sont entrain de se dessiner aujourd'hui à travers de nombreuses autres daïras. Ce sont des citoyennes et citoyens qui souffrent de cette exclusion et cette inconsidération incessante de la part des chefs de daïra qui se sont relayés. Pour faire savoir leur impatience face à cette marginalisation, des centaines d'habitants de Takebalet, R'kham, Hay Sidi Abderrahmane, vieux stade, Hay les Oliviers et Hay Sidi Mohamed ont adressé, récemment, une requête aux hautes instances du pays pour « exiger le départ de l'actuel chef de daïra de Bensekrane ». Selon cette lettre dont une copie est en notre possession, « ce responsable toujours cloitré dans son bureau, n'a pris aucune action concrète pour améliorer leur cadre de vie et développer cette région marginalisée ». Parmi les autres doléances soulevées par ces habitants dans leur plate-forme revendicative, l'inscription d'une polyclinique, d'une gare routière au profit de leur région, d'un tribunal, d'une décharge publique, de salles de sport, de salles de loisir, de bureaux des domaines et impôts et la réalisation de différentes opérations d'aménagement, d'éclairage public, de viabilisation et d'assainissement dans leurs quartiers. La population dénonce par la même occasion la « gestion solitaire » du chef de la daïra, qui ne collabore pratiquement pas avec le nouveau P/APC. Elle met en cause la liste des bénéficiaires de logements RHP et sociaux établie sans le P/APC. A cela s'ajoute la demande de raccordement de leurs localités en gaz de ville et en eau potable. Quant aux revendications économiques, ces habitants réclament l'implantation d'une zone de semi activité industrielle, à même d'attirer des investisseurs dans la région et d'absorber un tant soit peu le chômage qui frappe de plein fouet les jeunes de la localité. Il est vrai que la ville de Bensekrane n'a pas enregistré de changement notable depuis belle lurette. A 30 kilomètres au nord-est de Tlemcen, avec ses 16.000 habitants, la ville n'a jamais été au centre des préoccupations des différents tenants du pouvoir. Elle est jetée aux oubliettes. Les habitants réclament des projets de développement afin de résoudre leurs problèmes, des mesures pour trouver des solutions appropriées en conformité avec les aspirations et les espoirs de la population et la promotion de la région pour l'extirper du sous-développement et de la soulager de la souffrance due à l'absence d'un grand nombre de commodités nécessaires à la vie décente.