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TLEMCEN: Contrebande, l'APW sensibilise le mouvement associatif

par Khaled Boumediene



L'Assemblée populaire de wilaya (APW) a organisé, jeudi dernier, une journée de sensibilisation contre le phénomène de la contrebande qui a pris ces dernières semaines des proportions alarmantes dans la wilaya de Tlemcen, en présence de son président, Okkacha Chaif, du député Mohamed Bekhechi et de plusieurs représentants du mouvement associatif.

Les travaux ont été marqués par plusieurs communications traitant des thèmes en relation avec la problématique en examen. Intervenant à l'ouverture de cette journée, le P/APW, Okkacha Chaif, a mis directement en cause le Maroc dans le trafic de drogue vers l'Algérie en affirmant que des «quantités importantes de drogue, sont régulièrement saisies par les forces de l'ordre algériennes. Avec le soutien des autorités publiques, l'APW s'engage concrètement à apporter sa contribution, à travers un travail de proximité visant à sensibiliser au maximum les populations sur les dangers de la contrebande qui ruine notre économie », a-t-il indiqué. Pour sa part, le député du FLN, Mohamed Bekhechi, a précisé que le carburant et les produits alimentaires subventionnés par l'Etat viennent en tête de la liste des produits objets de trafic, auxquels s'ajoutent d'autres produits tels que le cuivre exporté illégalement vers l'Europe, la drogue, l'alcool et les cigarettes. « Nos quartiers et cités, nos villages et douars, nos bidonvilles et quartiers huppés sont sérieusement touchés par les drogues expédiées par le pays voisin», a-t-il souligné. Prenant la parole à cette occasion, M. Mohamed Seffahi (ex-bâtonnier), membre de l'APW a rappelé la gravité des quantités de la drogue qui nous proviennent du Maroc, en insistant sur la nécessité de se mobiliser contre le trafic de drogue et faire échec aux tentatives d'introduction de ces poisons sur le territoire national. Il a tiré à boulets rouges sur le roi du Maroc Mohamed 6 : « Dans ce mois sacré de Ramadan, nous vous demandons ya Amir al Mouminine du Maroc de cesser de nous expédier ses drogues ! Craignez Allah !!! », crie t-il. Le Maroc, un pays frontalier avec l'Algérie est l'une des plaques tournantes du trafic de cannabis les plus importantes au monde. Dans la région du Rif, le kif se cultive de manière décomplexée.      Le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, a appelé mercredi soir à Tindouf les Etats maghrébins à se concerter et à coopérer pour la sécurisation de leurs frontières communes et la lutte contre la contrebande, relevant que le phénomène de la contrebande «a pris des proportions alarmantes». Notons, que la tension sur le carburant (essence/gas-oil) a connu un heureux dénouement, alors que les files d'attentes devant les stations-service se sont évanouies, comme par enchantement et les « hallabas » ont déserté, depuis ce mardi, les 56 stations-service (dont 43 sont détenues par des privés) suite aux mesures strictes prises par les autorités de la wilaya instruits, récemment, par le Premier ministre, Abdelmalek Sellal. Cette embellie a jeté du baume dans le cœur des milliers d'automobilistes, notamment les fonctionnaires, transporteurs privés et publics, fellahs et commerçants, qui ont été confrontés, rappelons-le, à une forte indisponibilité du carburant et à d'interminables files d'attente devant les stations-service où les contrebandiers étaient nombreux à faire le va-et-vient pour faire le plein en toute quiétude. Selon des estimations, plus de 10 000 véhicules (dont 2 000 camions) s'adonnaient à ce trafic de carburant dans la wilaya. Le retour à la normale dans les stations s'explique d'abord par les mesures qui sont appliquées depuis une dizaine de jours dans l'ensemble des stations-service visant la régulation de la distribution du carburant et la réduction de la mainmise des trafiquants omniprésents dans les stations, mais surtout grâce au dispositif déployé par les services de sécurité qui mènent ces jours-ci une chasse sans égale aux « hallabas » et veillent scrupuleusement à l'application des mesures de rationnement limitant la vente de carburant à 500 DA pour les véhicules légers et 1000 DA pour les poids lourds. Ainsi, des dizaines de véhicules ont été saisis depuis mardi dernier par la gendarmerie, lors des contrôles inopinés au niveau de l'axe autoroutier reliant Maghnia à Tlemcen. Rappelons également, la fermeture de deux stations-service, à savoir, les stations « Adam » (située au niveau de la rocade d'Imama) et de Fatmi Larbi (ex-pierre du chat) pour non respect de l'arrêté de rationnement. Aujourd'hui, le souhait des automobilistes a été exaucé. A quelques jours de l'Aïd, lors duquel les familles sont nombreuses à prendre la route, le phénomène des « hallabas » a pris fin. Ce dénouement met fin à des semaines de blocage, aux queues interminables aux stations-essence et au stress que cette situation avait causé chez les Tlemcéniens. Par ailleurs, le mouvement associatif de Tlemcen a salué l'implication positive du Premier ministre, Abdelmalek Sellal, qui est intervenu personnellement pour mettre fin aux activités des contrebandiers qui nuisent à notre économie. Le président de la coordination de soutien au programme du président de la République, M. Kamel Bounaga, a réuni, jeudi dernier, les membres de son bureau pour débattre de cette question et contribuer à la lutte contre la contrebande. « Nous avons décidé de mener une vaste campagne de sensibilisation auprès de tous les habitants de la wilaya afin de contrecarrer toute sorte de contrebande et de protéger l'économie nationale ». Mettant en cause le premier exécutif de la wilaya, Abdelwahab Nouri, le président de cette coordination indiquera: « Combien de litres de carburant ont été détournés ces dernières années par les contrebandiers vers le pays voisin ? C'est une véritable saignée pour l'économie nationale et une réelle menace sur la sécurité du pays. Nous endossons la responsabilité au wali de Tlemcen qui n'a bougé que tardivement face à ce phénomène qui a ruiné notre économie. Qu'a-t-il fait ce wali, pour endiguer le phénomène et protéger notre économie? Si ce n'est des opérations de carrelage dans quelques rues ou des projets sans aucune incidence sur l'emploi à Lalla Setti. Beaucoup de familles souffrent, aujourd'hui, de la crise de logements. Le chômage, quant à lui, gangrène la jeunesse de notre wilaya, heureusement les dispositifs Ansej, Cnac et Anem sont là pour atténuer le chômage ». Selon lui une requête a été adressée par la coordination aux hautes instances du pays pour exiger le départ du wali.