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Aïn El-Turck : Les lois de la concurrence

par Rachid Boutlélis

Les prix abordables des fruits et légumes provenant des petites exploitations agricoles, essaimées à travers le territoire de la daïra d'Aïn El-Turck, représentent une réelle providence pour les petites bourses. Durant le mois de ramadhan notamment, synonyme de saignée, nombre de ménagères et de pères de familles se rabattent sur les étals de fortune de revendeurs proposant à la vente une variété de produits, dans différents quartiers du chef-lieu de ladite daïra et ce, pour effectuer leurs achats dictés par la nécessité de la cuisine du mois de carême. De par leur fraîcheur, le persil et les feuilles de menthe, entre autres, figurent parmi les ingrédients les plus prisés dans cette nécessité. Cependant, si la qualité prime dans ces produits, la quantité est par contre très limitée.

«Nous autres exploitants ne disposant que d'une petite parcelle de terre à cultiver. On écoule rapidement nos maigres cultures et nous ne sommes pas en mesure de répondre à toutes les sollicitations», a commenté un agriculteur de la commune d'El-Ançor. Des déclarations similaires ont été formulées par d'autres petits fellahs de ladite daïra. La grande majorité d'entre eux préfèrent proposer à la vente leurs légumes et leurs fruits de saison en dehors des marchés. «Les marchands installés dans les souks voient notre présence d'un mauvais œil. Cela se comprend à travers la concurrence que nous leur imposons et nous évitons les problèmes en revendant ailleurs nos produits», dit l'un d'eux. Un marchand de fruits et légumes du marché de la commune d'Aïn El-Turck a argumenté cet état de fait : «Nous sommes astreints à nous acquitter des frais exigés par nos fournisseurs additionnés à ceux du transport. Il est donc évident que nous proposons nos produits encore plus chers que ceux des petits exploitants qui nous font une concurrence déloyale». Toujours est-il, cependant, que cette petite activité informelle fait le bonheur des smicards, qui leur permet, un tant soit peu, d'économiser leurs dépenses quotidiennes.