
Les prix
abordables des fruits et légumes provenant des petites exploitations agricoles,
essaimées à travers le territoire de la daïra d'Aïn El-Turck, représentent une
réelle providence pour les petites bourses. Durant le mois de ramadhan
notamment, synonyme de saignée, nombre de ménagères et de pères de familles se
rabattent sur les étals de fortune de revendeurs proposant à la vente une
variété de produits, dans différents quartiers du chef-lieu de ladite daïra et
ce, pour effectuer leurs achats dictés par la nécessité de la cuisine du mois
de carême. De par leur fraîcheur, le persil et les feuilles de menthe, entre
autres, figurent parmi les ingrédients les plus prisés dans cette nécessité.
Cependant, si la qualité prime dans ces produits, la quantité est par contre
très limitée.
«Nous autres
exploitants ne disposant que d'une petite parcelle de terre à cultiver. On
écoule rapidement nos maigres cultures et nous ne sommes pas en mesure de
répondre à toutes les sollicitations», a commenté un agriculteur de la commune
d'El-Ançor. Des déclarations similaires ont été formulées par d'autres petits
fellahs de ladite daïra. La grande majorité d'entre eux préfèrent proposer à la
vente leurs légumes et leurs fruits de saison en dehors des marchés. «Les
marchands installés dans les souks voient notre présence d'un mauvais œil. Cela
se comprend à travers la concurrence que nous leur imposons et nous évitons les
problèmes en revendant ailleurs nos produits», dit l'un d'eux. Un marchand de
fruits et légumes du marché de la commune d'Aïn El-Turck a argumenté cet état
de fait : «Nous sommes astreints à nous acquitter des frais exigés par nos
fournisseurs additionnés à ceux du transport. Il est donc évident que nous
proposons nos produits encore plus chers que ceux des petits exploitants qui
nous font une concurrence déloyale». Toujours est-il, cependant, que cette
petite activité informelle fait le bonheur des smicards, qui leur permet, un
tant soit peu, d'économiser leurs dépenses quotidiennes.