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Maraval: La cité 156 logements veut changer de peau

par Mokhtaria Bensaâd

Construite dans les années 80 pour le corps enseignant, la cité des 156 logements de Maraval est devenue une cité-dortoir, abandonnée n'offrant à ses habitants qu'ennui et un mal de vivre qui tue à petit feu. La colère monte dans cette cité. Les habitants ne veulent plus être entassés dans «des boîtes à logements» mais vivre dans un cadre de vie ave tous les équipements et commodités qui créent une activité et une dynamique au sein des ces unités d'habitation. Cette cité ne fait pas l'exception dans ce quartier, puisque ce constat peut être généralisé pour les autres cités éparpillées ici et là et qui renvoient juste une image de blocs de béton placés comme des dominos, mal entretenus, sans vie et sans âme. Pourtant des centaines de familles y vivent depuis des décennies. Elles ont vu grandir leurs enfants mais n'ont vu aucune transformation dans ces espaces d'habitations collectives ou amélioration du cadre de vie.

La première impression qu'on a en entrant dans la cité des 156 logements est d'être dans un cimetière déserté où les 17 blocs érigés et entourés d'un mur de clôture qui fait le tour, ressemblent à des tombes collectives gigantesques. Une description qui paraît exagérée. Pourtant, elle exprime une réalité. Tout autour, il y a une vie. Celle des chantiers et travaux de construction. Encore du béton pour occuper les espaces libres. Les espaces verts sont complètement négligés dans cette cité et aussi dans tout le quartier, à l'exception de quelques initiatives des habitants eux-mêmes qui ont planté des arbres pour donner un peu de couleur à la cité. Pour les couleurs, une seule dominante : le bleu des sachets en plastique accrochés aux mauvaises herbes qui ont poussé dans les espaces réservés aux espaces verts et les amas d'ordures et détritus entassés ici et là et même à proximité de la cité.

Pour le comité de quartier, toutes les tentatives initiées auprès du secteur urbain pour l'aménagement d'espaces de détente et l'installation d'équipements pour donner à la cité une vie n'ont pas abouti. «On a toujours fait la sourde oreille à nos revendications. Nous sommes des enseignants qui habitons ici depuis des années. Nous manquons de toutes les commodités qui permettent aux habitants de s'épanouir et passer des moments de détente. Nous voulons des espaces verts, des terrains de jeux. En résumé : un cadre de vie adéquat. Délaissée et abandonnée dans cet état, les habitants sombrent dans la dépression», nous dira le responsable du comité de quartier.

Dans ce combat pour l'amélioration du cadre de vie, le comité a été traduit en justice pour avoir contesté la construction d'un projet de logements promotionnels tout près de la cité. Un projet de plusieurs niveaux qui est venu faire de l'ombre à la cité et l'étouffer dans le tas de béton. «Nous sommes en conflit avec le promoteur du projet pour avoir contesté la construction de ces logements», disent les concernés.

Ultime recours pour faire entendre leur voix, les habitants comptent tenir, aujourd'hui, un sit-in devant le secteur urbain d'El-Othmania. Un regroupement pour une meilleure considération au citoyen et ses préoccupations. Pour une culture de civisme, le débat est ouvert.