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Pénurie de contraceptifs et de vaccins pour nourrissons
par J. Boukraâ

La gestion
catastrophique du dossier du médicament depuis près de trois ans fait encore
jaser. Les pilules contraceptives sont toujours introuvables à Oran. Certaines
marques comme Mercelan et Marvelan sont introuvables. Pour les autres marques
comme la Dyane 35, les pharmacies qui reçoivent de petites quantités,
n'arrivent plus à satisfaire la demande. Même les centres de protection
maternelle et infantile n'arrivent plus à satisfaire la demande. Cette pénurie
de la pilule perdure depuis plusieurs mois, causant une angoisse permanente
pour les mères de familles et en particulier celles souffrant de pathologies
chroniques (diabète, maladies cardio-vasculaires?). Certaines femmes sont
obligées de changer régulièrement de marque de pilule. Prendre la pilule est
vital pour de nombreuses familles non seulement pour des raisons économiques
mais surtout pour éviter les complications sanitaires de la grossesse. Il y a
ainsi des femmes qui souffrent de pathologies dites compliquées. La pilule
reste la première méthode utilisée par les femmes, et ce, quels que soient leur
lieu de résidence ou leurs caractéristiques individuelles. 80 % des femmes
algériennes utilisent la pilule comme moyen de contraception, selon des
chiffres fournis par le ministère de la Santé. En plus de la pilule, beaucoup
de médicament sont toujours introuvables à Oran. « Penser réduire la facture de
l'importation en interdisant des médicaments essentiels, sans avoir toutes les
assurances nécessaires d'une production locale prête à satisfaire les besoins
relève d'une véritable inconscience. Une politique engagée dans la
précipitation sans le renforcement des mécanismes de contrôle et de suivi pour
éviter tous ces dysfonctionnements cycliques, dira un pharmacien. Par ailleurs,
même les vaccins pour nourrissons sont introuvables au niveau des
établissements de santé. Il s'agit particulièrement du BCG et des vaccins de 3
et 18 mois. Les parents qui se rendent aux différents centres et polycliniques
en retournent bredouilles sans avoir vacciné leurs bébés. Le fait que leurs
enfants ne soient pas protégés par le vaccin les inquiète énormément, d'autant
plus que les pénuries sont fréquentes. Les approvisionnements semblent se faire
au compte-gouttes, d'où le fait que les vaccins sont disponibles tout juste une
semaine et, après, c'est une pénurie de deux ou trois semaines. Plusieurs
structures de santé publique réparties à travers certaines communes souffrent
régulièrement du problème de manque de vaccins pour bébés. Ce problème se pose
en particulier dans les secteurs urbains à forte population, où les services
spécialisés sont sommés de limiter les bénéficiaires, selon la quantité des
doses mise à leur disposition. Les causes à l'origine de cette situation se
sont multipliées. Certains ont attribué cette carence en vaccins à la mauvaise
gestion et d'autres aux retards qu'accusent les fournisseurs des laboratoires
étrangers par rapport aux quantités requises par la demande des services de
santé. Depuis près de 4 ans, l'Algérie connaît des pénuries fréquentes de
vaccins pour bébés. Les ruptures de stocks, le manque de coordination entre les
structures de santé et l'Institut Pasteur d'Algérie (IPA), chargé d'importer
ces vaccins, outre la décision du gouvernement de couper dans le budget réservé
à la santé, en réduisant les importations de médicaments, sont les principaux
facteurs à l'origine de ces pénuries. L'approvisionnement des EPSP
(établissement de proximité de santé publique) en vaccins pour nourrissons est
généralement retardé par les tests effectués à Alger, sur chaque série de
vaccins importés de l'étranger.
Notons que les
bébés qui ne reçoivent pas ces vaccins dans les délais sont exposés
automatiquement à toutes les maladies et les conséquences peuvent être
mortelles.
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