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La rente fanatise le système de gouvernance

par Benallal Mohamed

«La croissance est un sédatif politique qui étouffe la contestation, permet aux gouvernements d'éviter l'affrontement avec les riches, empêche de bâtir une économie juste et durable. La croissance a permis la stratification sociale.»  George Monbiot

En économie comme dans toutes les autres branches de la science d'une manière générale, il s'agit de bien présenter les étapes de la méthode dite scientifique, c'est-à-dire d'identifier dans un premier temps, le problème qui se pose, ensuite procéder à l'analyse de façon profonde et analytique pour enfin, concevoir d'éventuelles solutions positives.

En effet, la vision stratégique qui définit les grandes lignes d'une action orientée vers l'avenir, pour ce qui se rapporte aux propos de l'économie d'un pays ou plus exactement du modèle économique de développement ; un projet politique capable de déterminer un projet social intégré, accompagné d'un modèle économique pour aboutir à un résultat donnant un mode de vie, dans un cadre de vie bien avancer et bien balancer. Cela nécessite, évidemment, une stratégie de développement, tout secteur et segment confondus.

Mais puisque nous parlons économie, son développement doit être mis en œuvre par des investissements, pouvant générer une croissance économique positive, permettant d'aboutir à un meilleur cadre de vie, assurant, également, un bon niveau de vie pour tous, une richesse globale plus importante, plus d'emploi et moins de chômage, plus de satisfaction et moins de misère et de pauvreté, plus de possibilités, plus de moyens disponibles pour faire face contre les défis du négativisme (corruption, mauvaise répartition du revenu, croissance négative…), enfin pour plus de bonheur car la corruption dans le gouvernement, dans l'État et dans la société provoque manifestement le sous-développement qui peut se faire sentir dans n'importe secteur. Il est faux de garder le silence sur la corruption au point où elle devient la norme générant le négativisme et la déliquescence. La question la plus importante qui oriente et préoccupe les politiques économiques de notre temps, est comment faire pour améliorer la croissance et diminuer le chômage, tout en améliorant le niveau de vie ?

Il y a deux conceptions qui peuvent se coaliser.

1. La première consiste à faire le choix d'un système économique : qu'il soit de type socialisme, capitalisme, libéral ou bien ultra libéral.

Pour le socialisme ça a été expérimenté chez nous, suivi de l'adage de notre terroir qui dit : «Une galette préparée par dix personnes ne peut être cuite, et si par hasard elle est cuite, elle ressort griller du four».

Le capitalisme est une autre voie où la propriété des moyens de productions ne font plus partie du monopole de l'Etat, le libéralisme permet aux agents économiques d'être plus susceptibles de s'adapter aux circonstances des marchés, les sphères de production de biens et services de distribution, de commercialisation, de monétarisation et de financiarisation, qui seront de l'apanage des entreprises, par conséquent il y aurait moins de charges sur la société et plus de croissance économique positive quand c'est orienté vers une société de production.

2- la seconde est que l'Etat devrait se préoccuper de la société, pour un meilleur pouvoir d'achat, pour la création de plus d'emplois par une politique d'investissement par l'argent public et privé constitué par l'épargne bancaire. Procéder à faire un renversement des relations de force entre les actionnaires et les employés et entre les petites entreprises et grandes entreprises pour une meilleure symbiose et une synergie productive.

Ce sont deux aspects de modèle économique mais un brassage des deux conceptions, mené par un Etat fort, pouvant amorcer un essor économique basé sur la croissance, issue d'un surplus de la richesse et la bonne répartition du revenu. Par contre l'inconvénient est que le capitalisme prôné par notre système actuel est, plutôt, rentier (Bazard); l'argent public est soutiré de la ressource naturelle tarissable (hydrocarbures) et qui n'est pas destiné à être investi dans le développement des entreprises créatrices de richesses mais vers l'importation de biens et de services, empêchant toute création de biens faute de différence de coûts et de qualité, sur le marché intérieur.

Cette rente pétrolière a permis, seulement, de faire augmenter les salaires sans contrepartie et sans création d'emplois, n'a pas permis d'améliorer les services, la recherche n'a pas été prise en considération, le mauvais emploi des crédits pour l'investissement n'a pas donné de résultats escomptés, etc… Mais ce système rentier a ses propres limites et ses conséquences sont fâcheuses, car il est, désormais, confronté à une crise (chute des prix) de son pacte social issu du modèle rentier.

L'emploi public garanti représente l'un des piliers de l'Etat- providence, ne fonctionne plus de façon productive et efficace mais engendre plus de freins, de goulots d'étranglement, de bureaucratie et bien d'autres méfaits.

Deux actions sont, donc, menées de front quand «madame crise » se prononce. D'une part, une politique d'austérité ( coupe budgétaire) a été entamée, afin de faire face à la chute des cours pétroliers, les services subventionnés de l'eau, de l'essence, de l'électricité et de certains produits de large consommation devront être reconsidérés. La solution de décollage économique nécessite de sortir du tout pétrolier et réformer l'économie pour la mettre sur les rails du cadre de la création de richesses, c'est pourquoi il faudrait mettre au point avec des « think tank » un plan économique, une stratégie et un modèle de sortie de crise, avec un nouveau projet de société et de politique.

C'est certain, dans un premier temps, que c'est sur les PME que repose la majeure partie de l'emploi et de la création de richesses. Malheureusement les PME sont en majorité des sous-traitantes des grandes sociétés qui se trouvent à l'extérieur, et ce sont ces grandes sociétés qui possèdent cette politique de développement et de réinvestissement des dividendes, par conséquent, il devient logique que les plans de charges des PME se retrouvent amoindris et par-delà se soumettre aux politiques des grands.

La création d'un système équivalent aux fonds souverains permettant de drainer l'épargne qui serait mis à la disposition du financement de nouveaux investissements productifs. Malheureusement le grand problème de ce système, en période de crise, les citoyens perdraient leurs épargnes par le biais de l'inflation, de dévaluation et de la décroissance, même les marchés se trouvent affectés.

Finalement, quelle solution reste-t-il ? Comme on vient de le voir, il ne nous reste que le pouvoir politique, car il peut potentiellement, forcer un changement dans ce système où le diagnostic nous a permis de voir le fond du vrai problème qui est, en fait, la mauvaise gestion de la gouvernance, de l'économie, des ressources humaines et des infrastructures. Les jeunes perdus dans la corruption, le chômage et la mauvaise gouvernance. L'Algérien devrait savoir que certains responsables plantent des graines d'échec dans ce pays pour enfin récolter des maux sociaux et ils affirment, dans le même temps que nos jeunes ne sont pas en mesure de travailler, ni de produire des pensées de l'art de l'innovation et de création de richesses. Les civilisations, l'économie et l'argent sont faits par l'homme.

Par conséquent, il faut, cependant, que les citoyens le comprennent bien, que les gens luttent contre ce mauvais système rentier ; la gestion est l'ingrédient le plus important dont nous manquons. Aujourd'hui, les gens de ce peuple ont un sentiment de conscience historique et reconnaissent facilement, ceux qui travaillent à leur avantage et les soutiennent pour que le pays soit en marche.