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Mokhtar Kerkeb, raconté par sa fille (2) : Le héros discret

par Djazia Kerkeb

L'INDEPENDANCE :

J'ai beaucoup de photos de mon papa de l'Indépendance dont une où il défile avec son bataillon le 01/11/62 dans les rues d'Alger prise par le reporter de guerre Serbe Stevan Labudovic où on le voit en tenue militaire, au garde-à-vous, très fier. Il est suivi de près d'un autre chef de Bataillon en kachabia, très grand qui porte une barbe, ainsi que de toutes les compagnies du 21ème Bataillon ‘Didouche Mourad'. Une photo que j'affectionne tout particulièrement En 1964, le Capitaine Mokhtar Kerkeb effectue, en compagnie de 24 autres officiers, le stage à la fameuse Ecole d'état major de l'Académie Frounzé à Moscou. Il s'agit de la 1re promotion d'officiers algériens qui compte des lieutenants, des capitaines et 1 commandant. Mon père va en garder un très bon souvenir. Il va aussi y croiser un officier de l'armée de l'air égyptienne un certain Hosni Moubarek dont il dira qu'il était hautain. A la fin du stage, le chef d'état major de l'armée soviétique va, au cours de la remise des diplômes, dire sur mon père et devant tous les officiers : voici votre futur chef des armées. Je crois que c'est depuis ce jour que certains officiers vont le jalouser et peut-être, demander, des années plus tard, à ce qu'il soit mis à la retraite à l'âge de 51 ans.

Une photo célèbre va immortaliser cette promotion de Frounzé: on y voit Guenaizia, Nezzar, Bekka, Lakehal, Belkheir, Benmaalem….

A leur retour de Moscou, chaque officier sera affecté à son poste. Le Capitaine Mokhtar Kerkeb devient, en 1965, le 1erchef d'état major de la 1ère Région militaire. Il a 31 ans. Il est l'adjoint de Said Abid qui est membre du Conseil de la Révolution.

Un ancien chef de Bataillon et ancien ministre m'a dit, dernièrement, que le défaut de mon père est qu'il était sensible à la condition humaine. Il était très généreux et a sorti du pétrin bon nombre de djounouds et d'officiers. Il n'aimait pas se mettre en avant.

Il respectait ses subordonnés. Même s'il lui arrivait de les bousculer, il n'avait aucune arrière pensée. Il disait même que tous les cadres et djounouds qu'il avait eu l'honneur de commander ont, toujours, eu du respect et de la considération pour lui. Je ne crois pas que c'est un défaut, bien au contraire ce sont les qualités d'un grand chef.

Un jour où il était Contrôleur général des armées au ministère de la Défense, au Tagarin, juste avant sa mise à la retraite forcée, il va descendre dans les couloirs en hurlant sur un haut gradé dont je tairais le nom pour lui signifier que les djounouds doivent bien manger. Il ne voulait pas voir les djounouds sortir à l'extérieur pour acheter des boîtes de fromage et de sardines et se trimbaler avec des sachets en plastique.

Il me manque, aujourd'hui, mais en réalité il m'a toujours manqué car souvent loin de nous. Au cours d'une des très courtes permissions où il revenait de Tindouf pour rendre compte directement à Boumediene, de l'avancée des opérations, je vais insister pour repartir avec lui pendant les vacances scolaires où je me suis photographiée avec des enfants sahraouis dans les camps du Polisario.

LE COUP D'ETAT DU 14 DECEMBRE 1967 :

Revenons à la 1re Région militaire. C'est une région complexe occupant une position stratégique à proximité de la capitale. Cette région est rendue difficile, conséquence des séquelles de l'affaire du Colonel Chaabani. C'est aussi à la 1re Région militaire que Ben Bella se trouve, en résidence surveillé. Il fallait faire attention et redoubler de vigilance pour le protéger et prendre toutes les mesures pour l'empêcher de s'évader car le président Ben Bella jouissait, à l'époque d'une grande audience et popularité, au sein du peuple algérien.

Des tentatives d'évasion ont échoué, notamment celle organisée par Boulegraa avec l'aide financier du président égyptien Djamel Abdenasser, à hauteur de 17 millions grâce à la défection de certains commandants de la wilaya 4 et la bonne maîtrise du sujet de la part des hommes de la 1re Région militaire.

Beaucoup de personnes jalousaient Said Abid et Mokhtar Kerkeb, ainsi que la 1re Région. Ils étaient bons, voire très bons. Boumedienne venait souvent leur rendre visite à l'improviste, l'après-midi, pour prendre le thé avec eux.

Tahar Zbiri a écrit un livre, en 2011, relatant cette période. Je l'ai lu et relu à plusieurs reprises et je n'ai pas très bien compris le déroulement du coup d'Etat, en lui-même, ni même les motivations exactes. Ce que j'ai compris en revanche, c'est qu'il avait une haine, sans limite et qui reste encore d'actualité jusqu'à ce jour, envers les déserteurs de l'armée française. Lors de la sortie du livre, beaucoup d'anciens officiers sont venus voir mon père pour lui demander de répondre à Zbiri. Mon père n'a pas souhaité le faire. C'était quelqu'un de très sage, qui ne voulait, surtout pas, se mettre en avant en remuant des plaies encore très vives.

Ironie du sort, Tahar Zbiri reviendra en Algérie par la grande porte et deviendra plusieurs fois sénateur alors que Mokhtar Kerkeb, sera mis à la retraite forcée par Chadli, à l'âge de 51 ans, avec le grade de lieutenant-Colonel.

En juin 1967, Israël attaque l'Egypte, la Jordanie et la Syrie. Le Conseil de la Révolution décide d'envoyer, sur le champ, des soldats algériens au front.

Boumedienne désigne le Capitaine Mokhtar Kerkeb au commandement de la 5ème Brigade. qui vient juste d'être créée. Elle doit être acheminée au Moyen-Orient par plusieurs ‘Hercule' pour remplacer la 1re Brigade commandée par Abderezak Bouhara, déjà sur place. Basée à Chlef (El Asnam), elle est composée de 4 bataillons dont 1 de blindés. En tout 1.500 hommes. Ltayef Mabrouk, Capitaine de la 5ème Brigade ainsi que Layachi Houasnia, chef du bataillon blindé, étaient des proches de Tahar Zbiri.

J'ai rencontré 2 personnes qui m'ont dit que mon père leur avait proposé de faire partie de cette Brigade. Ce sont des hommes qui avaient fait leur preuve au niveau des frontières pendant la guerre de libération. Mon père ne les avait pas contacté par favoritisme ou régionalisme mais bien pour leur compétence et peut-être aussi un peu parce qu'il n'avait pas confiance en plusieurs éléments de la 5ème Brigade. A ce moment là, mon père n'était plus Chef d'état major de la 1re Région militaire. Boumediene lui avait donné l'ordre de mutation mais pas l'ordre de mouvement et Tahar Madaoui l'avait déjà remplacé à son poste d'adjoint de Said Abid.

Quelques jours avant le coup d'Etat, mon père était en permission et il se préparait à rentrer, une nouvelle fois dans l'histoire, en allant combattre à des milliers de kilomètres pour une cause juste et peut-être aussi pour y mourir.

C'est dans cette période de transition que Tahar Zbiri va agir vite, même trop vite.

Les événements s'étant précipités le chef d'état major Tahar Zbiri a tenté son coup d'Etat, le 14/12/67, tentative malheureuse n'ayant entraîné que les gens de sa tribu et de son entourage immédiat : Lieutenant Layachi, Lieutenant Maamar, Lieutenant Mebarkia.

LA LIQUIDATION PHYSIQUE :

Le 12 décembre au soir, 2 hommes arrivent au domicile du Capitaine Kerkeb, situé au 76 avenue Ben Boulaid, à Blida. Le soldat détaché au domicile du Capitaine en reconnaît un, il s'agit de Hassan Enmar. Ils demandent à voir le Capitaine, ils ont une lettre pour lui de la part de Said Abid. Le soldat se méfie. Il leur répond que le Capitaine est à Chlef. Sous leur veste ils ont une arme. En réalité, mon père était à la maison avec ma mère et une nièce. Le soldat avait un Mat et mon père une kalachnikov, un fusil à lunette et 4 pistolets. Ces 2 hommes le savaient.

Le lendemain, vers 06h00 du matin, on trouve dans la cour de la maison un coq mort ainsi qu'une tenue militaire tâchée de sang. Le scénario se met tout de suite en marche, les 2 hommes étaient revenus dans la nuit. Ils ont voulu empoisonner le chien berger allemand afin de rentrer dans la maison. Le chien très bien entraîné n'a pas mangé la viande empoisonnée et a mordu grièvement un des 2 hommes. Vraisemblablement les 2 hommes étaient venus pour liquider mon père.

LE JOUR J :

A minuit du 13 au 14 décembre, les chefs de bataillons dissidents de la 1re Région militaire se dirigent vers le quartier général de la 1re Région militaire à partir de Miliana, de Chlef et de Médéa.

Les blindés de la 5ème Brigade sont en route vers El Affroun. Ils sont mal préparés puisque certains d'entre eux vont s'embourber dans la boue. D'autres à court de carburant vont aller jusqu'à s'arrêter à des pompes d'essence.

Arrivés aux quatre chemins de Boumedfa, 2 gendarmes sont tués à bout portant.

Boumediene donne l'ordre qu'aucun char ne doit traverser le pont d'El Affroun.

C'est la débandade, les officiers dissidents se sauvent laissant les chars au bord de la route.

Dans la nuit du 14 décembre Said Abid monte au ministère de la Défense, Boumediene lui demande de retourner dans son bureau de la 1ère Région militaire et d'attendre les ordres.

Un officier travaillant à la 1re Région militaire me raconte qu'il était à Alger. A 01h00, il arrive au PC de la région. On l'envoie à El Affroun où il a trouvé les militaires en accrochage avec les hommes de Zbiri sur le pont de Bouroumi. Le directeur du Génie Rachid Medouni, lui demande de remonter à Blida pour demander du renfort. Il trouve Said Abid dans son bureau avec Madaoui vers 02h00-03h00 du matin. Said Abid lui dit « Ok pas de problème j'envoie les renforts ». L'officier s'en va.

Mon père est convoqué à la Défense vers 10h00. Il y trouve Boumediene et Chabou.

Après une discussion houleuse et musclée avec Chabou qui voulait faire porter la responsabilité de cette crise au commandement de la 1ère Région militaire à savoir : Said Abid et Mokhtar Kerkeb : « Tu as marché avec eux ». Mon père répond : « vous faites de la politique, moi je suis un militaire de carrière. Je ne suis pas dans les coups, quels qu'ils soient et d'où qu'ils viennent, car ce qui compte c'est l'unité du peuple et de l'armée et éviter toute effusion de sang ». Sur cela, mon père a arraché ses grades et a demandé à quitter la 1re Région militaire et servir dans d'autres cieux.

Un des 2 officiers ausquels mon père avait proposé de faire partie de la 5ème Brigade me raconte: « J'ai été affecté à la 5ème Brigade pour une mise en route le 14/12. Devant les événements je ne suis pas parti. A mon arrivée 15 jours plus tard, je rencontre Madaoui qui n'avait pas été inquiété. Je n'ai pas trouvé Mokhtar. Mokhtar Kerkeb n'a donc jamais pu rassembler la 5ème brigade, en grande partie, en dissidence. Elle a été dissoute, quelques jours plus tard et qui ont suivi la tentative avortée du coup d'Etat.

L'affaire Tahar Zbiri a failli diviser l'ANP et a semé un mauvais état d'esprit en son sein.

Cette affaire va porter préjudice à la carrière de mon père qui s'annonçait brillante. Elle a entraîné la mort de Said Abid.

LES MOUVEMENTS DE LIBERATION AFRICAINS :

En 1963 le premier ambassadeur d'Algérie en Afrique de l'Est, Noureddine Djoudi, est chargé de créer un camp d'entraînement pour adapter la formation, en Algérie, des combattants d'Afrique Australe, aux conditions du terrain. Le camp de Morogoro, en Tanzanie, a été créé grâce à l'apport technique effectif de Mokhtar, assisté du Capitaine Moussa Traoré (futur Chef d'Etat du Mali).

Après son altercation avec Chabou, mon père est mis hors cadre. N'ayant aucune fonction, il va rester à son domicile. Je vais venir au monde le 21 janvier 1968.

Lors de la guerre de Libération de l'Angola, l'OUA a demandé à cinq pays membres de désigner un officier pour enquêter sur la réalité des combats menés par le MPLA ou le FLNA. Boumediene l'a convoqué dans son bureau pour lui annoncer qu'il devait aller dans les maquis angolais. C'était le seul officier, qui de plus connaissait Agostinho Neto, Alberto Chipande, Obasanjo, Sam Nujuma, Chissano et bien d'autres et qu'il n'y avait que lui pour faire ce job. Le lendemain, lorsqu'il est arrivé à la Villa Henriette, il a pris état du détail de cette opération en présence de Slimane Hoffmann, Rafik Bensaci et Yahya Nekli. Ils ne l'ont plus revu pendant un mois et lorsqu'il est revenu, il leur a dit : «je suis prêt.»

Au départ de mon père vers l'Angola, ma mère a subi des intimidations et des menaces. Mis hors cadre, les nouveaux responsables de la 1ère Région militaire et notamment le Colonel Belhouchet, avaient envoyé des hommes pour perquisitionné le domicile, au 76 Avenue Ben Boulaid. Toutes les armes de mon père avaient été dérobées y compris celles du maquis. Ma mère était surveillée. D'autres officiers de la 5ème Brigade, en permission au moment du coup d'Etat, avaient été inquiétés, interrogés et suivis.

J'ai compris bien plus tard que suite au coup d'Etat, où mon père n'y était pour rien, il avait subi un exil forcé. C'était soit qu'il restait et là il était sûr de mourir, soit c'était l'Afrique dans des opérations périlleuses et là il n'était pas sûr d'y revenir.

Mon père est arrivé à Dar As-Salam, en février 1968.

Officiellement c'est un représentant de l'Algérie auprès du Comité de Coordination de l'OUA, comité qui avait pour tâche, le suivi des Mouvements de Libération en Afrique. A son arrivée, mon père va cohabiter avec Mohamed Redjam qui travaille à l'Ambassade d'Algérie comme Attaché de Presse. Redjam se rendait à l'Ambassade, quotidiennement et mon père allait au Comite de Coordination de l'OUA.

A cette époque, Dar Es-Salaam est une petite ville dont on pouvait faire le tour complet en moins d'une heure, Il en a profité pour apprendre le Swahili et à connaître les modes de vie des différents groupes ethniques africains.

Dar-Es-Salaam c'était aussi le fief de tous les mouvements de Libération : MPLA, FREMLO, ANC… C'était aussi le fief de beaucoup d'espions qui voulaient savoir ce qui se passait, exactement, à Morogoro.

Mon père n'a jamais parlé de son travail, ni de sa mission à quiconque pas même à son colocataire. Il ne l'informait que des 2 éléments Kermad et Bachir Chouchane (dont il était le supérieur) et de leur mission. Ces deux éléments se trouvaient à Morogoro. Leur tâche, donner des cours militaires à certains mouvements de Libération. Mon père devait se rendre, très souvent à Morogoro. Ses déplacements étaient motivés par le souci de voir, sur place, si tout allait bien pour nos deux amis.

Avec ses contacts, mon père a été sollicité pour partir en Angola (probablement pour se rendre compte des avancées militaires du MPLA (Mouvement de Libération de l'Angola). Donc, un jour il est parti escorté par des éléments du MPLA à travers la jungle et la savane, car eux seuls connaissaient le chemin. A son retour, il a seulement confié que le trajet était très long et très éprouvant et qu'il s'était rendu compte, sur le terrain, de ce qu'enduraient les combattants de la liberté du MPLA.

M. Nourredine Djoudi que je cite comme témoin direct et crédible raconte que seul Mokhtar est entré, au risque de sa vie, à l'intérieur des maquis angolais où il y a passé de longues semaines: pour preuve ses photos à l'intérieur des zones de combat sont affichées dans le musée angolais, à la mémoire du 1er président de l'Angola libéré, le Dr Agostino Neto. Il se souvient que le président Neto lui avait confié que la présence de mon père parmi les maquisards du MPLA avait, non seulement, apporté ce souffle de confiance hérité de son passé de moudjahid mais qu'il symbolisait à leurs yeux, par sa présence physique sur le terrain, l'engagement total de l'Algérie.

Le rapport de Mokhtar fut déterminant pour prouver l'authenticité de la lutte armée menée par le seul MPLA. Aujourd'hui les Angolais n'ont toujours pas oublié ce qu'ils doivent à mon père.

Par 2 fois mon père a échappé à une tentative d'assassinat qu'il a attribué aux Portugais. Une fois dans un ascenseur où il a pu s'en sortir à temps et une autre fois dans la rue. Pour se rendre sur Alger, il passait souvent par Paris et là il a été, à plusieurs reprises, suivi par des étrangers qui voulaient sûrement savoir avec qui il prenait contact. Entre 1969 et 1972, mon père va effectuer plusieurs missions à la demande de Boumediene concernant l'Afrique :

Participation à 2 commissions de Défense d'Afrique (Nigéria et Ethiopie (1969/1972)

Réunion des experts militaires, en juillet 1969 à Dakar (Sénégal) pour l'étude et l'évaluation de l'action de l'ensemble des mouvements de Libération d'Afrique

En 1973, après avoir terminé toutes ses missions, il va être nommé Directeur central à la présidence de la République. C'est une période assez intense puisque c'est la période de la Conférence des Non Alignés, à Alger (PAN) et de la Ligue des Etats arabes (LEA).

En 1974, Abdelghani le contacte et lui dit que Boumediene souhaite sa réintégration au sein de l'Armée. Boumediene regrettait la traversée du désert de mon père. Il est promu au grade de Commandant, en juin, de la même année et devient commandant de secteur de Sétif. Il serait, pratiquement, resté 12 ans, avec le grade de Capitaine et sera de retour dans l'armée avec un poste inférieur à celui qu'il avait, en tant qu'adjoint de région.

Tout s'enchaîne à ce moment là, Mokhtar Kerkeb va effectuer un stage à l'Ecole de guerre à Paris, de septembre 1974 à Décembre 1975. Il va y rencontrer un Officier de l'armée mauritanienne un certain Mouaaouia Ould Sid Ahmed Taya qui deviendra, un peu plus tard, président de la Mauritanie avec qui va se nouer une profonde amitié.

En janvier 1976, à la fin de son stage, le commandant Mokhtar Kerkeb, dès sa descente d'avion, va aller directement à la Présidence où il va rencontrer Boumediene. Il ne passe qu'une nuit à Alger. Le lendemain matin, un motard vient lui remettre un pli. Il y trouve sa nomination en tant que chef d'état major de la zone opérationnelle de Tindouf.

Muni de son paquetage, il est immédiatement conduit à l'aéroport militaire de Boufarik.

Lors de son entrevue avec Boumediene, celui-ci va lui confier que Chadli ne voulait pas aller en zone opérationnelle et qu'il passait son temps à Béchar à manger des méchouis et à boire du thé.

Au décès de mon père, Nourredine Djoudi a écrit un très bel article sur lui, intitulé : l'Afrique pleure un Juste. Et c'est tellement vrai. Il aimait l'Afrique et les combats pour les causes justes. Il lui était insupportable de voir des peuples sous les jougs de l'occupant. C'était un vrai révolutionnaire et avait beaucoup d'affections pour ses amis, ses subordonnés. Sa foi en Dieu et son amour aveugle pour l'Algérie l'ont aidé à surmonter tout cela.