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EST 3

par Mimi Massiva

Est-ce dans ce monde-là que nous voulons survivre ? Et si le choix nous est refusé ? Tu veux ou tu ne veux pas, c'est kif-kif. Ils ont mis Termitor en marche en sabotant le bouton « stop ». Comme un garnement qui met le feu à la maison pendant que tout le monde dort. Par ennui, rancune ou démence.

Qu'importe, les flammes sont belles et le jeu plaisant. Vive le slogan de la jeunesse des années 60 : interdit d'interdire… « Pourtant, certains d'autres eux auraient souhaité s'équiper de ces amortisseurs. Durant ces années de grand boom, ils furent perçus comme des pessimistes systématiques. Ils s'interrogeaient : pourquoi les paquets de créances dites subprimes devaient-elles recevoir des notations aussi élevées que celles de General Electric ? … Des milliards de dollars de bénéfices s'affichaient à l'actif du gestionnaire de fonds spéculatif du moment… et les pessimistes étaient peu à peu réduits au silence… « L'ADN de la quasi-totalité des institutions financières a subi une dangereuse métamorphose.»…Les prudents étaient de plus en plus intimidés, et écartés des listes de promotions. Ils ont finalement perdu leur empire sur le capital. »(1) Même scénario ailleurs.

Hier, l'Algérie prêtait (ou donnait) de l'argent au FMI, effaçait les dettes de pays africains, les « pessimistes » murmuraient que le pétrole n'est pas éternel et que son prix pouvait chuter comme par le passé...

On les traitait de jaloux, de harkis, de pions de la fameuse main invisible. S'ils n'étaient pas carrément ruinés par les impôts, jetés en prison ou éliminés par des fous ou des extraterrestres.       

Que dire de l'affaire Khalifa, dès le début, certains dénonçaient l'arnaque. Et l'affaire elle-même est une affaire, dirait Lapalisse. Ce qui explique que les victimes se sont retrouvées doublement plumées. Il était une fois, un pharmacien, la trentaine…L'histoire commence comme celle de John Francis Queeny alias Monsanto…Quand l'école enfante localement et mondialement des Terminators en puisant dans le lot des premiers de la classe, il faut fissa qu'elle « nobélise » ses cancres. Sinon, il faut la détruire ou enfermer les enfants à la maison. On comprend pourquoi des peuples intelligents, travailleurs, stables et soudés comme le Japon et l'Allemagne refusent de se perpétuer. « Depuis 1960, le nombre de naissances enregistré dans la population de souche allemande s'est réduit de 70 % …malgré une croissance annuelle de 8 % - Le chômage est passé de 11% en 1950 à 1,3 % en 1960. – Le revenu réel par tête a connu en l'espace de 10 ans une augmentation de 70%.

En 1955, l'Allemagne a enregistré un PNB par habitant aussi élevé que celui de la France – dès 1952, elle avait dépassé le PNB par tête de la Grande-Bretagne, puissance victorieuse. » Et l'auteur de préciser : « si l'on s'en tient à la tendance démographique actuelle, l'Allemagne n'aura plus que 25 millions d'habitants dans un siècle, 8 millions dans 2 siècles et 3 millions dans 3 siècles. Pourquoi le climat que connaitra la planète dans 500 ans devrait-il nous intéresser si le programme de société allemande débouche sur la disparition des Allemands ? » . (2)À l'époque du Reich, avec 1,4 million de naissances par an, l'Allemagne venait après la Chine, la Russie, la colonie britannique indienne et les USA. 5 ans après les deux bombes nucléaires, en 1950, les Japonaises contribuaient 3 fois plus à la richesse de leur pays que les Américaines. De nos jours, au pays du Soleil levant, des villages entiers disparaissent parce qu'elles ne veulent plus enfanter.

Quel traumatisme a subi la jeunesse nippone pour que même les relations amoureuses sombrent dans les « futilités »(3). Ailleurs, c'est les histoires de viol qui ont tendance à l'emporter sur celles de l'amour… Deux sphinx qui renaissent de leurs cendres et au lieu de se multiplier en prouvant la théorie darwinienne de l'évolution grâce à une super-adaptation, ils se suicident telle des baleines maboules fonçant vers le rivage. On accuse le sexe faible de privilégier la carrière à la maternité.

C'est vrai que dans ces deux grandes démocraties, le mystère est double : la travailleuse est conditionnée au choix exclusif par le manque de crèches ou/et du qu'en-dira-t-on incorrect. Une étude américaine affirme que les femmes universitaires qui restent à la maison pour élever leurs enfants sont plus vulnérables aux maladies mentales que les autres (4). L'école qui se précipite pour éduquer et instruire met la mère au « chômage » et la trop diplômée se retrouve à répéter des travaux ménagers aptes à un cerveau de 8 ans. Il est loin le temps de la Guerre mondiale où l'économie avait besoin du travail féminin et en même temps tempérer le salaire de l'homme.

De nos jours, la délocalisation, l'émigration et la robotisation rendent le labeur de ce dernier loin d'être automatique... Imaginons un instant l'Algérienne jouissant du même choix que l'Allemande ou la Japonaise, combien d'enfants ferait-elle ? Etant donné que le mot « maman » est pratiquement le même dans toutes les langues et à l'ère de la « culture » mondialisée, l'Allemande et la Japonaise peuvent être considérées comme des Algériennes décodées.

Dans le pays des « 3 Djamilates », aucune étude psychologique n'a été faite sur l'impact du code de la Famille sur les indigènes de l'Inpendances : les Algériennes. En encourageant l'islamisation du monde arabe, l'Oncle Sam pouvait-il ignorer que les Fatma allaient payer le prix répercuté sur leur progéniture ? En 2002, l'administration américaine a lancé la « guerre contre le terrorisme ». En 2002, le U.S. Departement of State signalait 198 actes terroristes dans le monde causant 725 victimes.

Après 10 ans d'une guerre qu'on aurait dit des « Etoiles » tellement les moyens étaient sophistiqués et les sommes dépensées colossales, cette même administration a révélé les chiffres de l'année 2012 : 6771 attentats et 11000 victimes. (5) Avec une Régence allergique au calcul élémentaire, on nous parle de 1 million de naissances par an et de 1 milliard de baguettes de pain par mois. Un suicide à l'envers. Est-ce pour expliquer la facture alimentaire faramineuse de l'importation ? Notamment quand, en plus des pots-de-vin et de la marchandise trafiquée, les mauvaises langues y ajoutent la surfacturation. On comprend que les autorités soient dans l'impossibilité de stopper le flambage des prix et accueillent avec 1000 bras le dieu de la bouffe, Monsanto et son pote Gates, le dieu de la charité avec les vaccins et leur future fabrication locale. Si Israël a son mur des lamentations, l'Algérie fait mieux avec celui des satisfactions. Quand un aliment, un médicament, un vaccin, un objet est boudé en Occident, il est sûr d'être accueilli avec des youyous par les deys masqués d'Alger. Aucun « paria » ne rate le port de celle qui fut Blanche : le plastique, l'aspartame, le glyphosate, les déchets y compris nucléaires, la drogue camouflée par la viande congelée, le terrorisme de masse mouvante, les contrefaçons en tous genres pour finir avec les OGM, vaccins à gogo et gaz de schiste après l'enterrement des femmes de la bourgade d'Ain Salah … Le pire, c'est le côté définitif de la chose, tout ce qui atterrit n'est jamais renvoyé. Tout ce qui part ne revient pas. Avec 50 % d'Algériennes qui ne trouvent pas de maris, le mariage tardif dû au chômage et la pénurie de logements, les problèmes de fertilité dans le couple (malbouffe, perturbateurs hormonaux etc.), le flot incessant de géniteurs fuyards vers d'autres cieux, l'obésité et autres calamités modernes, le taux de naissances est une baraka qui ne demande surtout pas à être éclaircie.

Certes pour un étranger lambda qui nous voit marchant sur les pieds comme des échappés de l'asile, il pourrait s'y méprendre. S'il ne fait pas attention aux dimensions lilliputiennes de l'aquarium où se débattent à longueur de journée les parasites que nous sommes. Contrairement au Japon, nos villages se vident pour se greffer sur les villes avec rejet garanti et zéro assistance « médicale ». Combien d'Algériens vont à l'Etranger pour savourer l'espace libre et vert d'un parc ? Se connecter sans rupture à l'ambiance originelle d'une forêt indispensable au système immunitaire.

Goûter l'apaisement des nerfs et l'éblouissement des yeux dans un silence monacal et à Dieu/Allah vat ! Avant, on n'avait pas besoin qu'on nous certifie que l'Algérie avait le taux de fécondité le plus élevé au monde. À chaque nouvelle année scolaire, la camera de l'Unique, de l'Orpheline filmait avec youyous et méchouis le chapelet des inaugurations d'écoles primaires à travers tout le territoire national avec l'incapacité d'abaisser l'effectif de la classe au-dessous de 30 élèves.

La Régence nataliste a tellement fait bien les choses que la France d'aujourd'hui possède plus d'Algériens que l'Algérie au moment où le dernier des colons disparaissait au large de la Méditerranée… Sérieusement, on ne peut croire que c'est le manque de crèches qui fait disparaitre le Japon et l'Allemagne. Il aurait suffi d'une demande d'offres internationales pour le recrutement de nounous et l'Afrique avec l'Asie se bousculeraient à leur porte. À la question d'Eva Joly, « est-ce dans ce monde-là que vous voulez vivre ?». Ils répliqueront que s'ils sont obligés de vivre dans ce monde là, ils ont la possibilité de l'épargner, de gré ou de force, à leur progéniture. Et c'est ce qu'ils répondent quand on leur pose la question.          D'après le grand historien Toynbee(6), les Anciens pratiquaient la contraception naturelle. Ils cessaient de faire des enfants quand la nourriture diminuait en contradiction totale avec nos deux mastodontes.

Chez certains, on réglait le problème de la famine en formant des tribus unisexes comme les fameuses Amazones.          

D'autres optaient pour le célibat, la préservation du veuvage ou l'encensement de l'ermitage. Dans l'Arabie ancienne, les divinités étant des femmes, on leur sacrifiait un petit et on enterrait la petite vivante…De nos jours, les uns préfèrent l'avortement, les autres le crime d'honneur et / ou l'exploitation des femmes quitte à pousser vers exil « croisé » le surplus de leur ADN.

Contrairement à la logique, ce sont les plus affamés qui font le plus d'enfants, nous dit-on. Il y a famine et famine : « En 2009, encore sous le choc des subprimes, un auteur écrivait : « Depuis ces dix dernières années, tout le monde s'était lancé dans cette course, avec montées d'adrénaline et ivresse de la vitesse à la clef. Il n'y avait qu'un seul écueil : il s'est avéré que personne ne savait conduire ce type de cylindrée. Au cours des dix dernières années, l'économie mondiale avait accouché d'un prototype, et personne n'en avait jamais vu de pareil, un système intégré de près de 125 pays, tous alignés sur la grille de départ, fonçant tous sur la piste à des vitesses auparavant inconnues. Tout se passait comme si cette compétition engageait 125 pilotes différents, et tous auraient oublié de s'équiper d'amortisseurs. »(1) En 2018 qui pense encore à ces satanés subprimes ? Qui pense à une augmentation de salaire, à revendiquer la démocratie, à fantasmer sur la super cagnotte, au droit au bonheur inscrit dans la Constitution américaine qui, de facto, devient mondiale à croire le blabla de la bien-pensante ? Ces rêves de gâtés ne sont plus d'actualité et pour cause, le souci des villageois mondialisés n'est plus que le duo SS (santé et sécurité). Nous sommes dans une autre dimension 7 ans plus tôt, le monde arabe rêvait aux fleurs d'un printemps en investissant la rue avec des mains nues.

Le Yémen qui se meurt aujourd'hui avait même eu droit à un prix Nobel de la Paix. En Egypte, la place Tahrir portait bien son nom « libère-moi » et dans la Libye de Kadhafi, à Benghazi, seules quelques mères protestaient contre l'emprisonnement de leur fils. En Algérie, un président en pleine forme, pris de panique, avouait son amour aux jeunes. Tout a été balayé en un clin d'œil, un clic sur clavier. En France, c'est fini le non au mariage pour tous, au sexe à l'école…

c'est la peur des maladies et des migrants musulmans qui occupe les pensées. Pour leur santé, ils ne demandent pas la construction de nouveaux hôpitaux, des toubibs plus performants, une mutualité plus généreuse ou plus de molécules miraculeuses à Big Pharma, leur souci c'est revenir au temps où tout ce fatras n'existait pas. Ils veulent simplement l'application de la formule d'Hippocrate : « que tes aliments soient tes médicaments. » Et pour cause, en ce 21 eme siècle, les aliments sont leurs poisons.

En 1979, un agriculteur japonais est venu au secours des terres californiennes dévastées par l'agriculture industrielle. Il écrit : « Le Japon possède le mont Fuji et la Californie le mont Shasta. Tous deux sont de grands volcans situés de façon semblable. Ajouté au fait que les herbes et la roche- mère sont les mêmes, cela pourrait très bien vouloir dire que dans la nuit des temps, le Japon et la Californie ne faisaient qu'une seule et même terre.

La différence la plus sensible reste qu'aujourd'hui le Japon a quatre saisons ; par contre la Californie a juste un été et un hiver. Pas de printemps ni d'automne, peu ou pas de pluies. Si la roche-mère et les pousses végétales sont identiques, on devrait s'attendre à ce que ces deux régions aient un climat et des précipitations analogues. Mais, dans une certaine mesure, la Californie est devenue un désert et le Japon jouit d'un climat tempéré avec quatre saisons distinctes. »(6) Cela nous rappelle qu'il y a bien longtemps que le printemps et l'automne algériens ont disparu grâce aux pétroliers et au glyphosate. Qui se souvient de feuilles dorées au henné voltigeant au gré de la brise, de fleurs sauvages valsant sous un soleil normal ? Aux produits Monsanto, on a importé Monsanto avec ses cartes météo et les avions de l'OTAN pour les épandages. Et là, on n'est même pas sûr que nos enfants nous survivent quand nos souks sont inondés de fleurs en plastique de plus en plus sophistiquées au moment où en Europe, le débat est déjà à l'interdiction du plastique.

Des pétroliers à Monsanto, l'Algérie est au top des pays les plus pollués. On n'est plus au choix du verre à moitié vide ou à moitié plein. Non. Que faire face au renard qui s'empare de la clé du poulailler avec le don de se transformer en poule et d'accuser cette dernière de tricher sur son identité.

On aimerait tant que le glyphosate fleure le jasmin bio, que les vaccins protègent nos enfants des maladies et les OGM, un élixir de vie éternelle. Quant au plastique, le meilleur contenant qui n'ait jamais été inventé.

Seulement tout est déréglé quand ceux qui sont pour et ceux qui sont contre sont voisins et jouissent de la plus belle Constitution au monde. Bien placés pour s'espionner. Généralement de la même nationalité américaine que le dieu de la malbouffe, le dieu tout court. Tous sont d'éminents spécialistes qui publient dans de prestigieux magazines scientifiques.          À arracher les cheveux avec les neurones aux confrères étrangers qui les copient.

Exemple, le glyphosate : «Alors que l'Europe connait une vive polémique sur ce pesticide, la question ne se pose même pas en Algérie…

Une étude faite en 2014 à l'université de Constantine affirme que cet herbicide est largement utilisé dans les cultures maraichères, vergers d'agrumes, arboriculture, palmeraies et vigne en Algérie…Des analyses d'eau et de sédiments… 2009-2010 ont révélé la présence de 78 pesticides dont certains sont interdits dans les pays développés depuis des années. Exemple de toxicité : 1-Le développement médiocre… 2- La contamination des eaux douces et marines…

3- Le dépérissement forestier suite à la contamination des sols. 4- La diminution de la diversité végétale…déclin des colonies d'abeilles et de papillons pollinisateurs… » (7) En Algérie, d'après ce maitre de conférences en écologie, rien n'échappe à ce multi-poison y compris nos tendres épinards. Et avec la génération OGM made in Algeria, le bizness sera plus florissant à s'abreuver et se doucher avec ce pesticide sans craindre la pénurie : « Aux USA, les cultures OGM ont provoqué une hausse de consommation d'herbicides par les agricultures…

Dans l'UE, le taux résiduel maximum de glyphosate autorisé dans le soja a augmenté de 200 fois après que le soja Roundup manipulé génétiquement a été commercialisé en Europe. »(8)

En France, le professeur de biologie moléculaire Seralini dans son introduction « Tous Cobayes « écrit : « J'ai côtoyé trop de compromissions pour continuer à me taire. Ce sont sans doute elles qui ont causé dans la seconde moitié du XXème siècle le plus de décès sur la planète, non par mort brutale, mais par de longues maladies qui détruisent la vie à petit feu. Dans le monde entier, il n'est pas une famille qui ne soit pas touchée par les cancers, la malnutrition ou encore des problèmes de reproduction, des maladies nerveuses, hormonales, immunitaires ou de malformations congénitales.

La forte augmentation de ces pathologies n'est pas le fait du hasard, ne s'explique pas par une recrudescence de bactéries ou de virus. Elle ne relève pas davantage de l'allongement de la vie, qui demeure un phénomène régional et momentané sur le globe.

Une poignée de géants de l'industrie parmi lesquels Monsanto, Bayer, Aventis, DuPont, Syngenta, BASF, Dow Chemical, Zeneca et leurs fournisseurs de matières premières remplissent nos assiettes de colorants, de conservateurs, de plastique, d'OGM, de pesticides, d'antibiotiques… La plupart d'entre nous croient vivre au sein d'une société dont la sécurité des personnes constitue l'une des priorités. On entend tellement parler de l'insécurité liée à la délinquance et des mesures prises pour l'endiguer qu'on n'imagine pas que les tueurs en série les plus sournois et les plus impitoyables se prélassent sans être inquiétés dans nos aliments, dans nos boissons, nos jardins et dans l'air ambiant. » (9) (suite)

Notes

(1)-Le Monde post-américain ( Fareed Zakaria)

(2)- L'Allemagne Disparait ( Thilo Sarrazin)

(3)- Pourquoi les Jeunes Japonais ne font plus l'Amour ? (enquête du Guardian 05/06/2016, Huffington.fr)

(4) - La Femme Mystifiée II ( Betty Friedan)

(5)- Jour où j'ai appris à Vivre ( Laurent Gounelle)

(6)-La Voie du Retour à la Nature ( Masanobu Fukuoka)

(7 ) - Liberté (25/10/2017)

(8 )- Le Planetoscope.com

(9) - Tous Cobayes, OGM, Pesticides, Produits chimiques (Gilles-Eric Séralini)