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Reculer pour mieux sauter

par Adjal Lahouari

Un seul mot résume ce troisième match : regrets. Regrets de ne pas avoir su préserver une victoire qui tendait les bras à nos Fennecs. En trois minutes, ils ont perdu le bénéfice d'une belle victoire contre le favori n°1 de cette 29e édition de la CAN. Des regrets aussi d'avoir « oublié » Boudebouz, un technicien qui a apporté quelque chose dans ce duel. Qui sait si avec lui l'EN aurait eu peut-être de meilleurs résultats face à la Tunisie et au Togo. Mais nul n'ignore que l'attaquant du FC Sochaux a été sacrifié sur l'autel de la prudence excessive prônée par Vahid Halilhozidc. Regrets également en ce qui concerne le temps de jeu octroyé à Soudani. Un bout de match contre la Tunisie avant de décrocher une place de titulaire contre le Togo et la Côte d'Ivoire. Or un buteur comme Soudani doit être mis en confiance pour qu'il retrouve ses sensations. Sur les trois rencontres, un seul but a été marqué à la suite d'une action collective, Feghouli étant le passeur et Soudani le finisseur.

Nous voudrions souligner un point important à savoir que l'EN a enfin joué sur sa vraie valeur. Pourquoi ? Parce que les joueurs ont été libérés des consignes pseudo-réalistes qui reposent grosso modo sur l'attentisme, la spéculation et les contres où de très gros efforts sont exigés de la part d'éléments pas ou peu habitués à ce système contraignant.

En effet, cette stratégie limite les initiatives aussi louables soient-elles. Alors après les deux cruelles défaites où « l'attaque » était muette, les Verts ont voulu se racheter auprès de ce fidèle public qui les a soutenus à des milliers de kilomètres et aussi pour ces fans qui se sont déplacés en Afrique du Sud, avec tous les sacrifices qu'on s'imagine.

Certes, le coach Lamouchi, une fois la qualification en poche, a préservé quelques titulaires, mais il n'empêche que les remplaçants sont également d'un bon niveau. D'ailleurs, Lamouchi a apprécié cette équipe algérienne libérée et trouve anormal qu'elle soit éliminée dès la phase de poules. « C'est une grande surprise de ne pas voir l'Afrique du Nord représentée. Je fais allusion à la Tunisie et à l'Algérie. Je tire chapeau aux Algériens et je leur souhaite bonne chance », dira-t-il. Cet hommage venant de la part de l'entraîneur des « Eléphants » fait chaud au cœur. Il confirme la valeur « de fond » de cette équipe d'Algérie qui, sans cet excès de prudence, la malchance ainsi que l'arbitrage aurait pu aller très loin dans cette CAN. Elle aurait eu comme adversaire le Burkina Faso en quarts de finale, une équipe probablement à la portée des poulains de Halilhodzic.

Ceci dit, nous tenons à faire toujours preuve d'objectivité en mettant l'accent sur ce qui a manqué à nos représentants. Dans l'ordre, un manque de concentration dans les fins de matches. S'il y a lieu de faire preuve de rigueur et d'attention, c'est bien dans ces moments-là ! Ensuite, la perte intempestive du ballon, dans des situations pourtant presque idéales. On soulignera ensuite certains mauvais choix dans l'utilisation du ballon. Guedioura tire dans les décors, Mesbah du droit dans l'axe alors qu'un coéquipier mieux placé s'attendait à la passe. Le manque de vivacité des défenseurs et Halliche, battu par Drogba, a avoué qu'il ne pouvait pas sauter parce qu'il était blessé ! Au lieu de laisser sa place à Medjani, il a préféré s'entêter. Enfin, on mettra l'accent sur le manque de communication. Pour réussir, les joueurs doivent se parler. C'est aussi simple que ça. Et ça, c'est le rôle de l'entraîneur et de ses adjoints que nous n'avons pas vus dans cette CAN.