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Visite du Premier ministre dans la wilaya de Naâma : Dépénalisation des actes de gestion et retraite à 60 ans
par Notre Envoyée Spéciale A Naâma : Ghania Oukazi Le 1er ministre a
profité de sa visite à Naâma pour conseiller à ses habitants de "s'occuper
du développement de l'ovin". Sellal abordera, en outre, l'épineux problème
de la dépénalisation de l'acte de gestion et assure les cadres "de la
totale confiance de l'Etat". Il estime, par ailleurs, que le départ des
cadres à la retraite à 60 ans est pour qu'ils permettent "d'établir le
lien entre les générations".
Abdelamlek Sellal a lancé ce message d'une manière très mesurée et sans s'étaler sur le moindre détail. Le lieu n'était d'ailleurs même pas indiqué pour parler de viande ou de cheptel en général. Le 1er ministre était en train d'inspecter le chantier de réalisation d'un nouveau lycée. Il a demandé au chef de projet de rajouter aux structures programmées, une piscine et un auditorium. "Occupez les jeunes, donnez-leur facebook, comme ça, ils ne vont pas faire autre chose", a lancé Sellal. Au responsable qui a voulu lui faire savoir qu'il faut dans cette région d'autres structures technologiques, le 1er ministre a lâché : "Occupez-vous d'abord à développer l'ovin". C'est, cependant, pour attirer l'attention sur la forte dépendance de l'Algérie de l'importation des viandes de plusieurs pays étrangers que Sellal a pensé à sensibiliser les autorités locales de la wilaya de Naâma dont les caractéristiques économiques reposent sur l'élevage du cheptel bovin, ovin, caprin et équin. Ce sont 30 millions d'euros de viandes". Ce que Sellal n'a pas dit, c'est que ces importations de viandes ont augmenté durant les 5 premiers mois de l'année en cours de 56%. Ce qui est énorme par rapport à l'objectif visé par le gouvernement par ces importations, à savoir de casser les prix de la viande localement. Ce qui n'a, en effet, jamais été le cas. A Naâma et à Mécheria même, le kilogramme de l'ovin est vendu à 1.200 dinars. Le 1er ministre fera sa tournée comme à son habitude, en s'arrêtant sur plusieurs chantiers, l'habitat, les transports, l'agriculture, l'enseignement supérieur, l'éducation nationale, les sports et la jeunesse. L'habitat semble lui tenir véritablement à cœur. Il relèvera que beaucoup de logements sont construits mais non encore distribués. Il exhortera les autorités locales à distribuer les 8.000 logements achevés "d'ici un mois au plus tard". Il apprendra sur le site que les listes sont en préparation. "Pourquoi avoir tardé, bougez un peu !", recommande-t-il. Il demandera aussi à "faire attention" à la qualité des logements devant être construits. "Ne faites pas n'importe quoi, ne montez pas les portes avec du bois des caisses". "LES CADRES ONT TOUTE LA CONFIANCE DE L'ETAT" C'est vers un peu plus de 16h qu'il a commencé sa réunion avec les représentants de la société civile dans la salle de la maison de la culture. "Celui qui visite Naâma, il peut peser ce qu'a réalisé l'Algérie depuis l'indépendance, Naâma n'était rien avant, aujourd'hui, il y a beaucoup de réalisations", a-t-il dit. Il a recommandé que "le seul repère est notre Histoire, (l'islam, nos traditions, nos chouyoukhs?), il faut regarder ce qui a été fait après 50 ans d'indépendance et plus de 120 ans de l'épopée de Cheikh Bouaâmama, (?)." Il a promis "d'autres chances à cette wilaya pour continuer son développement". Il a affirmé qu'il est important cependant de "corriger quelques insuffisances, la wilaya peut jouer un rôle prépondérant dans l'agriculture et l'élevage, le ministre du secteur a programmé de soutenir ces activités (?), notre marché est certes ouvert mais importer plus de 30 millions d'euros de viandes, c'est trop !". Il encourage "très fortement" les agriculteurs à développer le secteur. Il fait cependant état de difficultés "bureaucratiques" dans l'octroi des gros crédits. "Ce matin, j'ai discuté avec le directeur de la banque et m'a fait savoir qu'il a 40 dossiers, mais qu'il a des problèmes pour donner des crédits", a-t-il expliqué. C'est là qu'il aborde un sujet épineux : l'acte de gestion. "Les cadres ont certes peur de prendre des initiatives surtout quand il s'agit d'argent", a-t-il commencé par noter. "CELUI QUI A VOLE DOIT PAYER" Le 1er ministre promet alors aux cadres de la Nation de les soutenir dans toutes leurs démarches. "L'Etat se tient aux côtés de tous les cadres, l'Algérie a les moyens, les cadres ont peur de cet acte de gestion, mais je leur dis qu'à partir d'aujourd'hui, celui qui respecte la loi et a une conscience saine ne doit pas avoir peur". Il leur garantit pour cela un cadre législatif adéquat. "S'il faut revoir les lois de gestion, on le fera. Je demande à tous les cadres de prendre les initiatives qu'il faut dans le cadre de la loi, nous sommes là pour les protéger", leur a-t-il promis. Sellal a aussi glissé son avis sur "des lettres anonymes qui touchent à la réputation des cadres ou qui dénoncent leur gestion". Il souligne ainsi : "Il faut que ça cesse, ces lettres anonymes ! Les cadres ne doivent plus avoir peur de ces lettres, nous faisons confiance à tous nos cadres, ils ont toute notre confiance", a-t-il déclaré. Il évoquera, en outre, son instruction qui oblige les cadres à partir à la retraite à 60 ans pour en expliquer les objectifs. "On aura besoin de ces cadres ailleurs pour qu'ils fassent le lien entre les générations", a-t-il dit. Il parlera aussi de corruption. "Je ne comprends pas ce que veut dire ikramia, celui qui a pris de l'argent doit payer !", a-t-il précisé. Ce sont là trois importants messages politiques que Sellal a voulu envoyer à la Nation à partir de Naâma. Il s'agit ainsi de la dépénalisation de l'acte de gestion qui semble se confirmer puisqu'il a demandé aux cadres de prendre des initiatives en matière de gestion "sans avoir peur de qui que ce soit, l'Etat est à vos côtés". Il a même promis une révision des lois à cet effet. Il a parlé de la corruption pour souligner que "celui qui a pris quelque chose d'une manière illégale doit payer". Enfin, le départ des cadres à la retraite est pour lui une manière de redéployer les cadres pour qu'ils puissent faire valoir leurs expériences et pouvoir établir ainsi le lien entre les générations". A l'heure où nous mettons sous presse, le 1er ministre a ouvert le débat pour écouter les doléances des représentants de la société civile de la wilaya. Il décidera d'un programme additionnel qu'il dotera d'une enveloppe financière supplémentaire, ceci pour répondre aux nombreux besoins socio-économiques des populations de la région. |
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