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Place du 1er Novembre : Des lanternes et des?vessies

par M. Mazari

Grâce au tramway, la place du 1er Novembre (ex-Place d'Armes), avec son nouveau look, nous réconcilie avec les projets d'aménagements urbains, notamment les nouveaux, et nous fait oublier les autres ratages, sauf que?

La place est devenue plus attractive et il fait bon s'y promener, s'asseoir sur ses bancs et ses bordures en granit gris bien poli, et observer l'activité grouillante dans et autour de la place, les nombreux aménagements qui y ont été entrepris, ses palmiers géants ou nains, son gazon bien taillé, ou encore ses coins d'ombre. Le ministre des Affaires étrangères espagnol, lors d'un bref passage à Oran, il y a quelques semaines, a tenu à s'y rendre et admirer le travail réalisé, tramway oblige. Pour la circonstance, les autorités communales ont insisté pour que la place, revue et corrigée, soit inaugurée par cet illustre personnage, ami et partenaire d'Oran. Tout est bien, donc, dans le meilleur des mondes ; Oran et les oranais ont gagné une belle place publique, si belle qu'elle est davantage mise en relief par le prestigieux théâtre et le magnifique siège de la mairie d'Oran (en cours de restauration) avec ses deux beaux symboles : deux majestueux lions, la tête haute et la crinière bien en évidence et un buste fier. Bref, c'est redevenu une véritable place publique, qui, la nuit est encore plus attractive avec son éclairage ambiance distillé par de belles lanternes. Sauf que les vessies ont été oubliées !

En effet, les promeneurs n'ont pas où soulager leurs vessies. Les toilettes publiques en sous-sol, datant de l'ère coloniale, ont été fermées. Un gros cadenas scelle la porte de cet endroit du soulagement.

Il faut dire que le nombre des vespasiennes et autres toilettes publiques de la ville, presque toutes en sous-sol, se réduisent comme une peau de chagrin. Elles ferment les unes après les autres et ne sont guère remplacées. Pour « mauvaise fréquentation », celles de la place du Maghreb ont été également fermées, ainsi que celle du square Maître Thuveny, près de la Cour d'Oran. Quelques-unes résistent encore, particulièrement celles de la Place des Victoires ou encore celles de la Rue de Nancy, donnant sur le front de mer. Il y a bien les toilettes publiques de Tahtaha de M'dina J'dida, mais elles sont dans un état déplorable, quoique fonctionnant encore. Les gens n'ont, donc, d'autres solutions que les cafés. Mais là encore, il faut consommer pour pouvoir bénéficier du « service ». Et ce sont les diabétiques qui souffrent le plus.

Les gestionnaires d'une ville comme Oran, qui reçoit chaque saison estivale plus de dix millions de visiteurs, devraient penser sérieusement à créer de nouvelles vespasiennes un peu partout dans la ville, ou tout simplement donner le projet au secteur privé dans le cadre de la concession.