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Promesses printanières

par Ali Brahimi

La douceur de l'ambiance matinale du printemps est comparable au calme bienveillant que beaucoup de jeunes gens portent profondément dans leurs yeux pétillants. Comme des fleurs multicolores foisonnant dans des lieux verdoyants.

Leur épanouissement luxuriant , en cette période propice aux multiplications des végétaux, ainsi qu'au grouillement d'autres êtres vivants dans différents milieux naturels se trouvant dans les continents , mers et océans...,sont comparables au renouveau des espérances humaines pour un mieux-être planétaire dont, justement, notre nation aspire et qu'elle le mérite à bien des égards, et ce, après avoir souffert aussi bien avant qu'après l'indépendance et, relativement, jusqu'à l'heure actuelle sans comparaison toutefois avec la décennie 1990 ou le mal est ressurgit en puissance, dans ses différentes manifestations maléfiques, des tréfonds de nos contradictions existentielles vivaces tout au long des siècles et, donc, enfouies en nous-mêmes et qu'il est temps voire impératif d'évacuer leurs germes nocifs, une fois pour toute, de notre subconscient intergénérationnel.

Malgré tout, ce relatif confort moral actuel durement acquis et toujours sciemment dénaturé, de temps à autre, par les artifices des faux-semblants des adeptes de la mystification, ainsi que par la culture de l'ambition liée au pouvoir de dominer voire d'orienter inconsidérément, et à sens unique, les volontés et aspirations des gens disposés, hélas par ignorance ou conditionnés, pour beaucoup d'entre eux, aux absurdités ourdies par le mensonge miroitant de faux espoirs. Cependant, le tout vainement car la nature humaine à un moment ou un autre de son parcours, se ressaisira et elle rebrousse souvent le mauvais chemin qu'elle avait due emprunter par mégarde, inattention et autres leurres, voire d'illusions abrutissantes. Par conséquent, l'important est qu'elle se ressaisit juste à temps. Les retours à la raison et à l'amour entre nous-mêmes et, notamment, pour notre beau pays, en sont les atouts majeurs, entre autres volontés décisives, devant prévaloir sur nos relations de tous ordres. Et ce, à n'importe quel niveau de l'échelle sociale car il y va de l'avenir du pays et ; donc, de nos enfants !

Ainsi cette sensation avérée de mieux-être actuel, malgré toutes les paroles incongrues dues à l'apprentissage de la liberté d'expression, mérite une attention toute particulière du fait que ses airs stimulent l'envie de jouir intensément de cette ambiance printanière chargée, en principe, de convivialité et d'ardeur, de renouveau captivant que le sol humidifié dégage à l'intention de ceux sachant mesurer, à leur juste valeur, tant de générosités enfouies au sein de notre belle terre en cette période de toutes les senteurs et senteurs séduisantes. Effectivement, c'est une période de l'année à vivre intensément loin des superflus et autres compliqués vaniteux et capiteux détournant, ainsi, le tout simple bon sens de l'existence pivotant autour des saisons, que le Seigneur nous à offertes, afin qu'elles régulent notre boussole existentielle dans un monde prédisposé à tous les dérèglements notamment d'origine humaine : Ceux touchant le climat, de notre planète azuréenne, en sont la démonstration édifiante.

Au plan national, et c'est de la divine providence qui à voulue qu'il en soit ainsi, toutes les régions ont enregistré une bonne pluviométrie avec, hélas, ses victimes dues souvent aussi aux négligences et incartades du genre humain.. Malgré ces incidents regrettables, cela ne diminue en rien le charme, l'envoûtement, de l'ambiance printanière que nous vivons ces jours-ci, a part quelques coups de froideurs sous forme de paroles insensées issues des emphases de la scène politique nationale toute en branle et grogne, à la veille d'un rendez-vous de premier plan : Les élections présidentielles qui se dérouleront le 9 avril prochain. Un chiffre chargé de symboles et de... superstitions en tous genres pour ceux qui croient aux sortilèges et autres gris-gris en lettres et chiffres, au lieu des approches rationnelles constamment revues et recentrées selon les aspirations des citoyens et citoyennes aussi bien conscientes mais, hélas, encore démunies pour une partie d'entre eux et elles en termes matériel et culturel, et ce, tout en sachant que, heureusement, leur nombre diminue considérablement au fil des années qui passent. Heureusement, encore une fois !



CROIRE A L'AVENIR RADIEUX DU PAYS EST UN DROIT LÉGITIME
ET UN DEVOIR CONSACRÉ POUR TOUT CITOYEN (IENNE).



En principe, tout citoyen (ienne) possède le droit d'aspirer à une Algérie meilleure, pour lui et ses enfants, toujours verdoyante et gaie, juste et généreuse plus que celle d'aujourd'hui. Normalement, ce que tend également de concrétiser les pouvoirs publics aussi bien élus que commis d'Etat. Dans ce sens il serait injuste et cruel, voire tendancieux, d'ignorer leurs immenses efforts fournis liés, notamment, au développement humain à l'image du domaine de l'habitat et commodités émancipatrices à plus d'un titre, ainsi qu'au plan de l'éducation nationale dans tous ses paliers avec cependant ses ratés de taille aux multiples ricochets sociétaux négatifs. Par conséquent, il serait également malhonnête, voire méprisant, d'escamoter ces loupés notamment dans le domaine de la justice multiforme et spécialement celle des libertés conséquentes et revendicatives, de bon aloi et de droit, aussi bien à titre individuel que collectif.

Ainsi, une société constamment vigilante et évolutive, dans le bon sens, fait revigorer les énergies créatrices et, par ricochet, celles de l'édifice étatique, et, donc, elle est consciente des enjeux qui la traversent et, justement, cherche à y pallier souvent avec des moyens d'expression dérangeant l'ordre établi que certains rétifs, aux critiques et changement salutaire, qualifient de désordre - leur désaveu en réalité - vis-à-vis de leur soi-disant certitude qui, en vérité, n'existe nullement dans les esprits des gens constamment à la recherche sincère et légitime du mieux-être. Une recherche perpétuelle !

Les mutations sont de nature une sorte de rupture radicale avec un «ordre» établi, voire monopolisant pouvoir et contre-pouvoir, et n'ayant profité qu'a des clientèles, arrogantes et voraces, au lieu de bénéficier à la majorité silencieuse et productrice de biens au profit de la communauté dans son ensemble. Par conséquent faire le laudateur au point d'affirmer que l'Algérie est redevable envers une personne - bien qu'il pourrait relativement mériter d'autres honneurs et mérites - relève du délire malgré les grains attendus ou déjà «engrangés».

Donc le parasitisme sociétal, sévissant à tous les niveaux dans notre pays, n'est nullement une simple vue de l'esprit. En effet, non seulement il se répand dans un milieu propice, à ses redoutables manifestations, mais il inocule en plus ses germes a travers les générations ainsi charmées par la vie facile voire parasitaire justement. A l'image de leurs aînés qui les ont précédé. Et, c'est ainsi, que la contagion progresse. Par contamination insidieuse. Un mal terrible ! Afin d'assécher, en profondeur de la cellule familiale, le miellat du mal perfidement mis en place par un tas de circonstances dues à des gens désaxés, il suffirait non pas seulement de compter sur le temps pour y pallier mais d'engager, et le plutôt possible serait le mieux, des mécanismes précipitant, justement, ledit temps idéal quand à leur implosion. Méthodiquement !

Pour ce faire, dans la pratique constitutionnelle et institutionnelle, nul besoin de former des blocs autour d'une personne mais bel et bien autour d'une idée, d'une volonté, ou encore d'un programme conséquent collectif dénué d'intérêts individuels liés au seul exercice du pouvoir. En d'autres termes, un projet de société digne de ce qualificatif et surtout intensifiant la culture revendicative afin de dissoudre tous les ordres abusivement imposés voire gangrenés par différents facteurs nuisibles, et, donc, être tout à fait responsable - le projet - vis-à-vis de la nation ainsi désillusionnée. Pleinement !

 

L'APRÈS-ILLUSION EST CHOQUANTE MAIS RESTE CHARGÉE D'ESPOIRS LÉGITIMES TANGIBLES.



Le «barakisme», défini en tant que chance allouée par des dons, dit-on, surnaturels impénétrables voire d'ordre divin ainsi ressenti et proclamé, peut mener ceux qui croient aveuglement en ses prouesses - en vérité les pirouettes de ses adeptes obscurantistes et non moins opportunistes - aux terribles déceptions, et ce, tôt ou tard. A l'image de toute mystification pratiquée, depuis l'aube de l'humanité, mais qui s'érode fatalement avec l'usure du temps et la clarté des réalités. Fatalement !

Notre pays notamment dans sa partie Saharienne en tant qu'entité geo-particuliére - noumène -, à une histoire riche, récemment liée intimement à ses ressources énergétiques suscitant des appétits féroces à leur encontre depuis plus d'un demi-siècle. Aujourd'hui, les choses ont «évolué» des deux cotés mais restent, plus que jamais, ancrées aux réflexes du profit pour les uns; de la possibilité de les monopoliser pour les autres d'autant plus que notre pays, entre autres, se trouve lié à la discipline du groupe avec ses avantages et inconvénient (1). C'est selon !

Pour le moment, c'est l'anxiété collective conjuguée à la débandade et autres illusions désormais mises à nues qui prévalent. En attendant des jours meilleurs basés sur une autre vision de la stabilité, des cours des hydrocarbures, dans leurs différentes catégories, aussi bien régionaux que mondiaux, dépourvus des anciens réflexes rentiers, d'une part, et, d'autre part, aux caprices des marchés financiers, ayant mené lesdits cours là ou ils se trouvent actuellement. A l'image du bradage obligé mais arrangeant tout de même du type : pourvu que cela ne se détériore pas plus(2). Nous en sommes là pour le moment, tout en attendant des jours meilleurs que certaines tendances prospectives intéressées fixent pour la fin de l'année en cours. Gageons pour que cela se confirmera au mieux.

Cependant ce dernier choc d'ordre financier, en cours, devrait nous laisser réfléchir plus qu'avant, sinon nous aiguillonner une fois pour toutes à chercher et consolider d'autres ressources, non fluctuantes au gré des tensions des cours financiers et soumis, subséquemment, aux aléas des différents marchés spéculatifs internationaux, en la matière, accentuant encore plus notre dépendance alimentaire entre autres assujettissements.

Ainsi, il est aujourd'hui démontré que la cohérence, entre les différents secteurs économiques stratégiques, elle constitue la pierre angulaire d'une politique rationnelle d'ensemble allant dans ce sens. En d'autres termes, et à titre d'exemple parmi d'autres, l'Agriculture pour qu'elle puisse prendre l'essor voulu devait être inscrite dans une stratégie de développement globale et non parcellisée voire segmentée en filières. Aussi, la politique de l'eau, dans ses différentes segmentations, fait l'objet d'attention appréciable concentrée dans le sens de la satisfaction des besoins de la population en ce précieux liquide. Cependant l'importante réserve située dans le Sahara fait l'objet de visées régionales assez menaçantes pour notre pays d'autant plus qu'il englobe une grande partie de ladite nappe d'eau constituant avant et après les hydrocarbures, s'amenuisant d'ici une trentaine d'années, la ressource décisive du siècle !

Dans le même ordre d'idées, une économie de type rationnel est à l'image d'une musique harmonieuse ou tous les instruments seraient accordés. D'autres analystes, du sérail actuel, ont d'autres points d'accordéon, stipulant que rien n'oblige les gens d'un même gouvernement d'avoir, au moins, une vue d'ensemble de la politique nationale du développement. Ces points de vue cachent mal les tensions politico clientélistes liées aux différents intérêts des uns et des autres baignant tous, cependant, dans l'unilatéralisme étriqué. En d'autres termes, le temps de faire des calculs d'intérêts égoïstes liés à l'adoration maladive du pouvoir qui, de toutes façons, n'amènerait qu'aux chimères et autres désillusions que l'Histoire ne manque jamais de les enregistrer froidement !

Sur un autre plan d'idées et de possibilités avérées, selon le discours officiel, il parait que notre pays pourrait disposer- en sous-main déjà parait-il -d'un montant de plus 150 milliards de dollars pour les besoins du développement tous azimuts d'ici à 2014. Une somme pharamineuse susceptible d'assurer le décollage définitif du pays le menant vers d'autres horizons affranchis, enfin, de tous les carcans du sous-développement nous assiégeant à l'heure actuelle malgré les quelques avancées tangibles, malheureusement encore insuffisantes voire bien dépassées par d'autres enjeux. C'est la raison pour laquelle il est toujours utile de ne pas trop avancer des assurances y compris d'ordre pécuniaire, sans avoir en main d'autres atouts de nature à même de les conforter, ou encore les consolider un tant soit peu à l'encontre des aléas habituels aussi bien d'ordre interne que externe.




NOTES :

(1) Autrefois, dans mon patelin, un groupe de personnes fut isolé par une pluie printanière diluvienne, avec leur bétail respectif, dans l'autre berge de notre oued, servant de parcours pour ledit bétail du village. Ainsi surpris, ils restèrent des jours et des nuits dans cette situation baroque jusqu'à qu'une vieille dame juive du nom de Bâra leur conseilla d'attacher leur burnous et former un bloc leur permettant d'affronter ainsi, collectivement, les vagues d'eau et traverser enfin l'oued en crues immenses. Ne dit-on pas que l'inion fait la force devant l'adversité ? A peine quelques mètres traversés dans l'oued, que leurs burnous gorgés d'eau deviennent lourds. Affolés et affaiblis ils crièrent au secours ! En vain. Les vagues d'eau ont eu raison de ce stratagème ridicule, et ils furent ainsi emportés d'un seul burnous. Engloutis par les crues ! Depuis, pour qualifier un conseil enfoiré de ce genre, on dit, chez nous, « à l'image du conseil de Bâra pour Ahali lemssila ».

Aujourd'hui, les choses n'ont pas tellement changées pour ce genre d'union - unité - imbécile et insensée. L'actualité en parle : comme cette histoire du président soudanais en train de baver devant le peuple soudanais et le monde arabe désormais habitué à toutes les humiliations et autres culs-de-sac d'ordre notamment économique comme c'est le cas aujourd'hui pour les hydrocarbures. Et le passé en rapporte également : comme cette histoire dramatique du président irakien pendu le jour de la fête du... sacrifice, représentant tout un mois sacré et rituel plus que millénaires pour pas moins de un milliard et demi de... Musulmans !!

(2) Jadis, deux commerçants ruraux, un arabe et un juif voyagèrent ensemble pour se diriger au marché hebdomadaire. Comme ils ont un âne pour seule monture, ils se relayaient à tour de rôle. Alors de bon matin, l'arabe monté sur le dos dudit âne fut envahi par une odeur épouvantable. Il demanda au juif d'où vient cette puanteur. Le juif feintant d'être surpris, alors qu'il est l'auteur de ces émanations désagréables, lui répond : ça ? C'est la brise de l'aurore - nassim essabah - tout simplement renchérit-il ! Alors l'arabe lui dit : Eh bien ! Comment ce serait lorsque il fera plein jour ??