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Quelle politique de relance en Algérie pour l'après-crise du coronavirus ?

par Mohamed Sayoud*

L'épidémie du coronavirus est une tragédie qui porte à l'Economie algérienne et au monde entier un coup d'une gravité sans precedent, avec des répercussions sociales et économiques qui s'annoncent d'une ampleur inégalée.

L'Algérie, déjà tangible économiquement et politiquement, doit aujourd'hui prévoir la post-pandémie du COVID 19. Dépendant essentiellement des hydrocarbures, le pays fait face à une chute astronomique des prix du baril et les répercussions sur l'Economie nationale s'annoncent désastreuses.

En effet, quand on examine la situation actuelle, on constate que cela va engendrer une augmentation du taux d'inflation, le chomâge et toutes sortes de fléaux économiques.

L'Etat doit imposer un règlement général pour la règle de ne percevoir le loyer que mensuellement, comme partout dans le monde et non pas un an, en avance tout en prenant en considération les locations informelles. C'est une très grande inégalité et injustice car les propriétaires imposent et perçoivent les loyers de 1 à 2 ans, à l'avance en pénalisant les locataires, ce qui freine l'entrepreunariat en Algérie car beaucoup de nouveaux commerçants et opérateurs économiques n'ont pas toujours les moyens pour depenser des sommes importantes dans les loyers, afin de démarrer leurs projets, tout en sachant que la plupart des propriétaires de ces biens immobiliers ne déclarent même pas 30% de la valeur de la location pour échapper au fisc et vivre de la rente continuellement dans l'informel.

Il est plus que temps d'agir en créant un dynamisme pour Inciter, Faciliter et Encourager l'Investissement Industriel, Agricole, Agroalimentaire, TIC , Energie renouvelable et le Tourisme pour diversifier et booster l'Economie et ne plus dépendre uniquement du secteur des hydrocarbures. On doit accorder de l'importance au temps TIME IS MONEY.

Appuyé par le communiqué du président de la République qui a déploré que nous ne sommes pas parvenus, à ce jour, à produire localement, à 100%, un téléviseur ou un réfrigérateur alors que l'Algérie recèle des compétences scientifiques dans les divers domaines. Des compétences qui ont démontré leur potentiel dans notre lutte collective contre la propagation de la pandémie du Coronavirus. Un nouveau modèle économique basé sur la diversification du développement et l'économie du savoir, en sus d'une nouvelle politique d'industrialisation orientée vers les industries petites, moyennes et émergentes.

En matière du montage industriel, le président de la République a mis l'accent sur l'importance d'accorder la priorité aux produits garantissant un taux d'intégration élevé en vue de réduire la facture d'importation et créer des postes d'emploi, instruisant, par la même, de recenser toutes les ressources naturelles nationales non exploitées afin de renforcer nos capacités d'exportation, de compenser la baisse des recettes hydrocarbures et de préserver cette richesse aux générations montantes afin de nous mettre à l'abri de l'instabilité des recettes pétrolières, appelant à mettre en valeur les ressources humaines afin de remporter le pari, de surmonter les séquelles de la pandémie Covid-19.

On ne peut plus se reposer sur nos réserves acquises grâce à l'industrie pétrolière car la crise actuelle a fait prendre conscience de la précarité de notre économie que nous n'avons pas su affranchir de la rente pétrolière.

Les restrictions imposées, dans de nombreuses grandes économies du monde ont fait chuter le prix du baril de pétrole américain d'en-dessous de 1 dollar.

Risque d'une crise économique mondiale, Crash Boursier, Récession mondiale et Dévaluation du dollar, il faudra s'attendre à une chute des cours du cuivre, du plomb, du nickel, du soja, du mais, du colza, de l'huile de palme, du blé et du sucre.

La crise économique n'attendra pas, tous les feux sont en rouge, on doit donc tirer la sonnette d'alarme, il est primordial de libérer les investissements des privés et commencer à produire pour booster l'Economie algérienne avec un tissu industriel des plus denses pour créer de la valeur ajoutée et des postes d'emploi générateurs de richesse et de plus-value. Il est indispensable de créer des zones industrielles ‘Clés en mains' et viabilisées, on va assurer la diversification de l'Economie nationale. Ces derniers seront dotés d'hangars de production de différentes surfaces et les louer à des prix attractifs pour les investisseurs nationaux ou étrangers selon un cahier de charge afin qu'ils n'ont qu'à placer les machines ou lignes de production et commencer rapidement à produire divers produits pour s'abstenir de les importer. Cette solution permet de raccourcir les délais et d'économiser les coûts de réalisation pour les investisseurs qui sont prêts à produire et créer la richesse et les emplois pour dynamiser la croissance économique et pour ne plus dépendre des rentes des hydrocarbures. Il est temps de créer les fondements d'une véritable industrie nationale dans le cadre d'une véritable économie, dont les échéances et les objectifs sont bien définis.

Pour financer ce mega-projet qui nous mènera vers l'industrialisation et l'émergence, le gouvernement doit dégager 5 à 10 milliard USD afin de générer le dynamisme pour les fructifier, pour récolter une forte plus-value et faire sortir l'Algérie de cette morosité économique.

Promouvoir les Zones industrielles ‘Clés en mains', serait d'un grand apport au développent durable du pays. L'exemple de la Pologne, la Turquie, le Rwanda, le Vietnam et l'Ethiopie est édifiant. Ces pays, en optant pour la solution des zones industrielles ‘Clés en mains' et viabilisées, exportent maintenant pour des centaines de milliards de dollars par an.

Il faut plusieurs paramètres indispensables pour démarrer une industrie et dynamiser l'économie, (revoir le Système bancaire et les modes de paiements, les moyens de transport de marchandises et des personnes et régler les problèmes de bureaucratie dans nos administrations), la concrétisation de ces paramètres donnera naissance à d'autres conditions à réunir et de cette façon on avancera

Un allègement fiscal pour les PME qui boosteront les investissements productifs car la Facilité et l'Encouragement pour la création de deux millions de PME/PMI vont générer et créer, en retour, des millions d'emplois et des richesses considérables et pérennes qui contribueront à la création de la richesse et 3 à 5 millions de postes d'emplois.

Il est nécessaire de mettre en application, dans les plus brefs, délais la décision d'abolition de la règle 51/49 vu qu'il y a beaucoup d'étrangers qui attendent, déjà, pour la création des sociétés de production dans plusieurs domaines et ne pas retarder la création de nouveaux emplois, de richesse et de plus-value pour notre pays.

Promouvoir et convaincre les sociétés étrangères à s'installer en Algérie pour produire tout ce qui est Polymeres ( PE , PP, PET, EPS, RESINE, etc. ) à très fortes valeurs ajoutées pour substituer l'importation de ces produits.

Un autre paramètre très important qui est la Formation et la Maîtrise du bon travail et de qualité pour donner un rendement adéquat, celui de la matière grise et pensante à savoir l'ouvrier qui doit être motivé, côté pécunier pour lui inculquer l'amour de son entreprise, son travail et son environnement. Le dernier point, qui est incontestablement le facteur important, est de mettre le responsable qu'il faut à la place qu'il faut, à savoir privilégier le compétent qui donne de l'importance au travail.

On doit rester optimiste avec ce nouveau gouvernement qui peut s'orienter rapidement et sans perdre de temps, vers l'encouragement de l'investissement productif pour la diversification économique afin de ne plus dépendre des rentes des hydrocarbures.

*Consultant international en Investissement industriel - Invest Design Consulting