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Arrêt de travail dans le lycée «Belakermi Abdelkader» d'El Barki : Une enseignante agressée par une parente d'élève

par S. M.



L'école est, aujourd'hui, dans une situation insoutenable. La violence, en milieu scolaire, a monté d'un cran, ces dernières années, dans les établissements scolaires. Les conflits sont, parfois, quotidiens; la situation peut exploser, à tout moment ; le personnel enseignant et administratif subit, régulièrement, des agressions physiques et verbales.

C'est dans ce contexte que les enseignants du lycée ‘Belakermi Abdelkader' (ex Fellaoucen) ont observé, hier matin, un arrêt de travail de deux heures, entre 10 et 12h, pour dénoncer l'agression de leur collègue par une parente d'élève. «L'incident a eu lieu, mercredi 9 avril en cours, pendant la récréation. L'enseignante a été violemment prise à partie par une parente d'élève qui a proféré des insultes et autres obscénités à l'encontre de notre collègue. L'agression a eu lieu à l'intérieur du lycée devant les yeux médusés de tout le personnel et des élèves. La parente d'élève, qui a fait irruption dans le lycée, aurait même essayé d'agresser physiquement notre collègue. Une plainte a été déposée au Commissariat de Haï Fellaoucen (ex Barki) et l'Académie a été alertée sur cette affaire» affirment les endeignants.

Etonnement, l'Académie n'a rien fait, depuis le 9 avril, pour réhabiliter notre collègue. Pire, il y a eu des tentatives de responsables influents, pour étouffer cette affaire. La mise en cause a même bénéficié de connivences pour transférer sa fille au lycée des Castors. Il s'agit là de la pire leçon à donner à nos enfants et désormais l'enseignant est une proie facile qui peut être insulté, battu, agressé sans que les services concernés ne bougent le petit doigt», dénonce une représentante des contestataires.

L'enseignante victime de cette agression, que nous avons contactée, hier, par téléphone a assuré qu'elle était déterminée à aller jusqu'au bout pour retrouver sa dignité. «Si rien n'est fait par l'Académie, j'entamerai, à partir de demain, (lundi) une grève de la faim. J'ai, également, mandaté un avocat pour suivre la plainte déposée au Commissariat», a affirmé notre interlocutrice. Il est à rappeler que le personnel enseignant et administratif ne cesse de dénoncer un dangereux relâchement de la discipline, dans les établissements scolaires. Des lycéens qui n'en font qu'à leur tête, des jeunes qui fument dans les couloirs et même à l'intérieur des classes, d'autres qui perturbent les cours avec la musique de leurs portables… autant de tracas soulevés par les enseignants. Dans certains établissements scolaires, on parle, même, de «récréation permanente».

De son côté, l'Académie d'Oran a indiqué qu'il s'agissait, seulement, d'une «absence de 4 professeurs et non d'un arrêt des cours», comme indiqué par les enseignants du lycée.