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Adeptes d'une gouvernance reposant sur le mépris et la négation: Dernier tour de piste des tartufes

par Abdelkader Khelil*

Il avait à peine 25 ans lorsque Maurice Audin, ce brillant professeur algérien de mathématiques à la faculté d'Alger fut torturé et assassiné par les paras du tristement célèbre général Massu le 22 juin 1957, à quelques jours seulement de la soutenance de sa thèse de Docteur d'État Es-Sciences. Il faut dire qu'il n'est pas mort pour rien, lui le chahid parmi tant d'autres valeureux martyrs de notre grande Révolution. La place qui porte son nom, tout comme celle qui glorifie en la personne d'Abdelkrim El Khattabi, un grand dirigeant du Maghreb des peuples, sont devenues depuis le 22 février des lieux mythiques et des symboles de la volonté de notre jeunesse, des femmes et des adultes d'Alger.

Chaque vendredi, à l'instar des autres villes et villages de notre immense pays, ils viennent revendiquer sans concession et avec détermination, leur « Révolution douce et pacifique » et dans la civilité, la pureté du corps social pour l'avènement d'une deuxième République, largement plébiscitée à ciel ouvert sous le regard témoin de la planète, par le peuple solidaire, conscient et souverain ...

Pour une fois, disons-le en toute certitude : le système bâti sur une mosaïque clanique métastasée par les comportements de plus de deux décennies d'esprits mafieux et d'acteurs véreux de la corruption, du passe-droit et de la prédation des richesses de la collectivité nationale, alors que jusqu'à récemment totalement hermétique par ses accointances occultes et ses calculs imbéciles, a fini, lui l'entité virtuelle, la « secte » insaisissable quoiqu'identifiable par ses « gourous » connus de toutes et de tous, à dresser et mutualiser contre lui toutes les forces vives de la Nation. Le peuple, plus que jamais uni dans sa diversité sociale, politique, régionale et culturelle a cette fois-ci, indiqué la voie à suivre pour faire tomber ce « fruit pourri » qu'est devenu le système auquel s'agrippent encore des « moucherons » aux ailes atrophiées et des « asticots » gluants, alors miné et rongé de l'intérieur par les « carpocapses ».

C'est-à-dire ces « vers » à la nuisance et à la gloutonnerie si grande qui se sont autoproclamés, sans honte bue, les « gardiens » des constantes et valeurs nationales de tout un peuple, eux, les apprentis faussaires se réclamant en « fidèles » et « immuables » soutiens d'un président devenu aphone et incapable de répondre aux sollicitations nationales et internationales et que certains d'entre eux ont réduit depuis plusieurs années à un simple « cadre » honteusement exhibé à chacune de leurs grandes « messes », et devant lequel ils se prosternent comme s'ils étaient face à un autel bouddhiste au Tibet. Savent-ils au moins qu'un cadre aussi précieux soit-il, ne sert qu'à décorer et à orner un espace mural et non, à gouverner l'Algérie, un aussi grand et beau pays ? Ces vendus, en brosseurs « chiyatines » invétérés, ces hypocrites qui n'ont de cesse à faire reluire et lustrer les bottes du « maître des horloges », de sa fratrie et de son entourage le plus proche d'oligarques, ont perdu toute dignité et considération d'abord pour eux-mêmes, pour leurs proches et leurs familles, pour avoir considéré leur peuple comme une entité amorphe, sans voix ni avis et donc, en entité tout-à-fait négligeable.

Quelle « H'chouma » pour ces larbins qui passent leur temps à dresser les louanges d'un pouvoir aux abois, et sans talent ni compétence, entretenu artificiellement par leurs seules flatteries, leurs tartuferies et leurs couardises, dans le souci exclusif d'en tirer encore et encore davantage de largesses et de privilèges « Ad vitam aeternam » ! Du jamais vu partout ailleurs chez ces gens vils qui n'hésitent pas jusqu'à brader sans états d'âmes, les richesses de « leur » pays avec la complicité d'une majorité des deux chambres en mettant dans la difficulté les générations futures, tout en trahisant de la sorte ce peuple valeureux qui a décidé de les faire partir sans retour ! Chemin faisant, ils ont fait de notre pays une entité sans considération à l'international et dont l'intérêt ne tient qu'à l'attrait des richesses de son sous-sol, de ces puits de pétrole et de gaz cédés de façon avantageuse et scandaleuse à des multinationales dont la présence sur notre territoire garantit la survie du système en tant que pourvoyeur et gardien de leurs intérêts colossaux, après avoir revisité, dans leur soumission au monde de la finance, la loi sur les hydrocarbures, portant ainsi un coup dur à la souveraineté de notre pays ...

Maudits soient le gaz et le pétrole qui ont fait perdurer cette vermine de profiteurs et ramener à la tête de ce secteur stratégique et de SONATRACH, des renégats à la solde des pays occidentaux et des multinationales qui maintenant, lorgnent sur les immenses réserves de gaz de schiste de notre Sahara ! Alors ! Ne nous laissons pas avoir une autre fois par ces gens sans foi ni loi, adeptes de la traîtrise tous azimuts, même à l'égard de leur chef, hier adulé et vénéré comme un saint esprit messianique et vanté à l'excès par des « fakhamatouhou » à volonté, eux les tourne-vestes de la coalition présidentielle et autres « sanafirs » de l'infiniment petit, de la sphère politique des pestiférés de la tartuferie qui empoisonnent la vie de nos concitoyennes et concitoyens et polluent l'atmosphère de notre belle Algérie qui peut largement se passer des services de ces suppôts, de ces magiciens ne sachant faire que dans la pyromanie et la pyrotechnie ...

Ce tout-venant du cercle des affaires et de la « ripaille » n'est aucunement recyclable, au regard de ses discours nauséeux qui ne trompent plus personnes. Et dès que ses chefs ont senti le vent tourner, en girouettes, en « k'aalet edik », queue du coq ne pouvant plus gonfler son plumage, les voilà qu'ils cherchent à se la jouer en vierge effarouchée. Un peu comme cet « érudit » donneur de leçons de nationalisme, arrogant et suffisant, plusieurs fois Premier ministre qui n'a rien retenu de son lamentable et très long séjour aux commandes de la chefferie du gouvernement. Il faut aussi lui associer dans cet échec cuisant, son comparse alias « fakakir » le « roi » de la bêtise endémique dont les conneries et les blasphèmes sont constamment évoqués par nos enfants à la « récré » dans les cours de collèges et lycées, mais aussi, dans les stades, les salles de fête, les salons de coiffure, les marchés et les cafés de nos villes et villages.

Il ne faut pas aussi oublier leurs acolytes, ces chefs de « partis de l'alliance présidentielle », leurs frères ennemis très nombreux du F.L.N., et l'autre ignare du Forum des chefs d'entreprises faiseur de ministres par retour d'ascenseur à ceux qui lui accordaient de très juteux projets sur les ressources publics, de par le seul fait de sa proximité du clan présidentiel, ce « cœur du réacteur » d'un pouvoir pourri et honni à l'extrême ... Si c'est ainsi, c'est qu'ils ont été cette force de nuisance, de destruction massive du potentiel productif industriel et du foncier agricole, et ces architectes de la prédation de toutes les richesses de la Nation, en même temps que nos jeunes entreprenaient la périlleuse et mortifère traversée de la Méditerranée et/ou sombraient dans l'usage de la drogue et des psychotropes faute de perspectives, de respect de leur dignité et de travail productif. «Ahchouma alaikoum» esprits maléfiques !

Quel culot ! Au lieu de faire pénitence et repentance, ils tentent maintenant de revenir sur la scène politique comme si de rien n'était après que les manifestantes et manifestants des plus jeunes aux plus vieux aient crié leur noms par un « dégage » franc, massif et repris en chœur d'Est en Ouest, et du Nord au Sud. Mais de qui se moquent-ils, lorsqu'ils nous disent qu'ils sont avec le peuple après avoir lâché en traîtres, à la vindicte populaire, leur « fakhamatouhou », car le nôtre, le seul qui soit digne d'être appelé ainsi, est le peuple avec un grand « P » comme « Pape », cette sainteté qui fait l'unanimité autour d'elle, après l'émanation d'une fumée blanche !

Voyez-vous çà ! Ils essayent de reconquérir les bonnes grâces du petit peuple livré à l'intox des « télés » poubelles après l'avoir dépouillé de ses outils, de ses moyens de travail et de production, le croyant aussi imbécile qu'eux, après avoir vidé le Trésor public en instruisant certains banquiers frileux et incompétents, « d'arroser » largement en puisant dans les finances publiques, leurs protégés oligarques, avec une facilité déconcertante et sans garanties ... Après avoir volé et ruiné leur peuple, ils sont maintenant comme le foc d'un bateau et dès qu'ils ont senti le vent tourner, ils veulent écarter la voilure avant de finir par prendre la poudre d'escampette. Oui ! C'est fini pour eux ! Cela ne prend plus avec notre peuple qui a montré son degré d'éveil et sa détermination à toiletter le pays de nos valeureux martyrs et à le traiter au benjoin « djaoui » avant de dérouler dans la légalité constitutionnelle, le tapis rouge devant la « dame » deuxième République de tous nos espoirs jusque-là déchus !!! In ch'Allah !

N'est-ce pas que l'organe stratégique de la planification et de la prospective a été détruit par ce Premier ministre qui a battu le record de longévité pour libérer la route à la prédation, en l'absence totale de tout contrôle de la gestion et de l'affectation des finances publiques ? N'est-ce pas lui qui a emprisonné par centaines, d'authentiques commis de l'État et brillants top managers, comme ceux de COSIDER et de SAIDAL pour ne citer que ces deux, la liste étant bien sûr trop longue ? N'est-ce pas lui le chef de file d'une « cancrocratie » qui a géré en premier « vizir », le pays comme un « souk el fellah », c'est-à-dire, dans l'opacité la plus totale et par la falsification des résultats, sans bilans d'étapes fournis ? « Fakakir » le « parisien » des Champs Elysées, a aussi sa part de responsabilité, et bien d'autres coquins qui ont élu domicile à l'étranger. Ces gens maudits sont à l'origine de la cause de la crise et du marasme que vit notre pays et ils doivent partir sans délais ! C'est le moins que puissent leur demander le peuple, et surtout les jeunes qui vivent mal leur traîtrise !

L'Algérie qui s'apprête à rentrer dans une tornade économique des plus difficiles d'ici 2022, n'a plus de temps à perdre pour essayer de redresser avec la vigueur de sa jeunesse et l'intelligence de son élite, la trajectoire du bateau qui risque de se cogner contre l'iceberg de la banqueroute, de la paupérisation et de la misère, lorsqu'échoué au milieu de « l'antarctique » parmi les glaciers, notre SOS détresse aboutira chez le « diable » FMI qui viendra avec ses fourches caudines pour nous dicter comme ils l'ont fait sous la gouvernance Bendjedid et Zeroual, ses médications tout en laissant à la dérive, voire dans le naufrage, des pans entiers de notre société. Mais comment peut-on penser que ceux qui nous ont conduits à cette situation lamentable à hauts risques, soient en mesure de continuer à nous gouverner ?

Mais de qui se moquent-ils, eux les « canassons » qui ont fait fuir les « étalons » qui rendent de remarquables et précieux services à d'autres « écuries » de la performance et de l'excellence à l'international, ou ceux d'ici, du « haras » de l'Algérie utile du grand galop de la trime et du travail, alors qu'ils sont utilisés par ces cancres qui nous gouvernent, en « Kounta Kinte » pour servir leur système honni en couvrant malgré eux, leur nullité légendaire ! Non ! Ils ont fait trop de mal à notre peuple et terni l'image de notre pays, au point qu'il est impensable d'accepter ces « loups carnassiers » dans la « bergerie » Algérie. Ils pensaient de la sorte, gagner du temps parce qu'ils ont été surpris par ce « tsunami » de la rue qu'ils n'ont pas vu venir avant le 22 février. Cette imprévision, suicidaire pour eux, a bouleversé tous leurs plans de transfert du reste de leurs richesses indûment accumulées avant de fuir comme des « rats » d'égouts pris de panique en plein jour. En carcassiers et charognards, ils pensent n'avoir pas suffisamment pris à notre pays et leurs crocs acérés réclamaient plus de chair de la « dépouille » Algérie !

En ce sixième vendredi du « Hirak », la presse étrangère est venue non sans arrière-pensée, voir manifester dans la civilité, le vrai et l'authentique « Fakhamatouhou » immortel, le Grand Peuple Algérien (G.P.A.) qui est devenu l'instant de quelques images diffusées à travers le monde, cette curiosité qui a étonné plus d'un, et que les centres d'analyses, de stratégies globales et de prospectives, chercheront à étudier au plus près, avec le plus grand intérêt, en venant la scanner. Mais attention aux intrus missionnés à partir de l'autre rive, les BHL (Bernard Henri Lévy) et consorts qui guettent à distance la moindre faille et le moindre fléchissement dans notre unité et notre solidarité retrouvées. En esprits haineux et en vautours de malheur qui ont fortement impacté les crises qui persistent dans bon nombre de pays, ils chercheront à mettre leur nez dans nos affaires et à faire valoir par l'entremise de leurs soutiens tapis dans l'ombre, leurs modes opératoires, pour essayer de faire fléchir l'élan populaire et plonger notre peuple dans la division.

C'est pourquoi, l'activation des articles fondamentaux de notre Constitution et en particulier les (7) et (8) comme suggérée par le Hirak pour rester dans la légalité constitutionnelle, est de l'avis de bon nombre d'experts, une manière de barrer la route à tous ceux qui sont plus intéressés par le chaos et son corollaire l'intervention des puissances étrangères, que par le retour au plus vite à la stabilité et à la normalité dans le fonctionnement des institutions régaliennes. Le règlement de cette crise doit donc rester obligatoirement, dans son contexte algérien et toute initiative prise en dehors du cadre national, doit-être considérée comme un acte de haute trahison. Dans un précédent article, j'avais dit que nous sommes aujourd'hui dans cette obligation de savoir maintenant qui est qui, en ce moment marqué par un grenouillage à gros risques. L'histoire retiendra qui a fait quoi pour éteindre, ou à contrario, pour attiser le feu dans la maison Algérie ...

Cela veut dire que l'entêtement et les actes d'obstruction à la marche pacifique d'un peuple, déterminé à être l'acteur principal dans le choix du projet de société qu'il s'emploiera à mettre en œuvre pour aller vers une authentique République inspirée par un État de Droit, sont des attitudes condamnables, dès lors qu'il faille placer les intérêts du peuple au-dessus de toute autre considération. Il s'agira donc de transférer avant la fin du mandat présidentiel, les prérogatives du chef de l'État à un directoire de personnalités qui recueillent l'assentiment de la majorité du peuple en mouvement, et de mettre en place un gouvernement de technocrates non inféodés au système prédateur comme semble le cas avec le gouvernement Bedoui du 31 mars, pour ne pas être suspecté d'obstruction au changement, en offrant ainsi, des garanties pour assurer au plus vite, des élections transparentes et non entachées de fraudes dont l'actuel Premier ministre a été jusqu'à présent un adepte invétéré... Cela veut dire que le gouvernement de Bedoui qui sera mis à dure épreuve dès ce vendredi puisque ne répondant pas à ces critères, ne devrait pas être celui qui sera chargé d'organiser les prochaines élections ... Ce n'est là que du bon sens et il ne sert à rien de s'agripper inutilement à un pouvoir dans tous les cas éphémère lorsque l'important et l'essentiel, reste la sauvegarde de l'État algérien revisité dans ses fondements et ses pratiques de gouvernance ! Alors, gare à l'entêtement de « maaza walaou taret » !!! Que chacun prenne ses responsabilités devant le peuple et l'histoire ...

*Professeur