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Poursuivi pour corruption: Dix ans de prison requis contre un vice-président d'APC

par Abdelkrim Zerzouri

Le représentant du ministère public a requis, avant-hier, une peine de 10 ans de prison ferme et une amende de 100 millions de centimes contre chacun des deux accusés, un vice-président de l'APC de Constantine et son complice présumé, tous deux impliqués dans une affaire de «tentative d'extorsion de fonds». Après deux reports successifs, le procès du vice-président chargé de l'hygiène, de l'assainissement et de la santé au sein de l'Assemblée populaire communale de Constantine, âgé de 30 ans et médecin de sont état, ainsi qu'un autre accusé impliqué avec l'élu dans une affaire de corruption, s'est finalement ouvert le jeudi 24 octobre dans une salle d'audience archicomble au tribunal correctionnel de Ziadia. Le représentant du ministère public a étalé un sévère réquisitoire contre les deux accusés, lesquels tombent sous le grief de tentative d'extorsion de fonds ou «concussion», selon les termes de la nouvelle loi édictée dans le cadre de la lutte contre la corruption et qui punit sévèrement ce genre de délit, portant la peine maximale à 10 ans de prison ferme contre les coupables, alors que les anciens articles de loi prévoyaient une peine maximale de 5 ans de prison ferme à l'encontre des coupables dans des affaires de tentatives de corruption. En tout cas, le représentant du ministère public n'y est pas allé avec le dos de la cuillère pour enfoncer les deux accusés, rappelant dans ce sens qu'il s'agit d'une grave dérive, étayée par des preuves irréfutables, et qu'il faut dans ce cas précis appliquer la loi dans toute sa rigueur.

Pour rappel, les deux accusés dans cette affaire de corruption ont été arrêtés par la brigade de recherche et d'investigation de la sûreté de wilaya de Constantine le jeudi 26 septembre suite à une dénonciation de trois entrepreneurs en activité dans le créneau de l'hygiène et assainissement. Ces derniers, des jeunes investisseurs dans le cadre de l'Ansej, ont déposé une plainte dont l'objet porte sur une «concussion» ou tentative de corruption par l'élu pour les faire bénéficier de projets communaux. Après avoir obtenu l'aval du procureur de la République, les enquêteurs mettront en place une souricière pour prendre l'élu la main dans le sac. Un rendez-vous a été, ainsi, fixé entre les jeunes entrepreneurs et le vice-président de l'APC dans un café au niveau de la cité du Juillet, lieu où devait se tenir la transaction. Mais, les choses ne marcheront comme prévu, car c'est «un ami» du vice-président qui viendra chercher l'argent et c'est lui qui sera, donc, pris au collet par les policiers en possession d'une somme évaluée à 100 millions. Celui-ci niera toute implication dans cette affaire scabreuse et soutiendra qu'il a été orienté vers ces jeunes par le vice-président pour récupérer une somme d'argent qu'il lui devait. Et, il se fera une obligation d'aller remettre la somme d'argent en question au concerné, le vice-président en l'occurrence. Il contactera au téléphone le vice-président (communication enregistrée par les enquêteurs) pour lui annoncer qu'il arrive de ce pas pour compter en sa présence l'argent et s'assurer avec exactitude de la somme qui lui a été remise. Mais, lorsque le vice-président accueillera «son ami» au pas de son domicile et prendra l'argent entre ses mains, les policiers interviennent et l'appréhendent sur le fait.

De son côté, donc, la défense de «l'ami» du vice-président, jugé en tant que complice, a plaidé l'innocence de son mandant qui, par un concours de circonstances, s'est trouvé «au mauvais moment et au mauvais endroit». Alors que les avocats du vice-président ont, pour leur part, martelé avec insistance que l'accusé a été victime d'un complot et qu'il n'existe aucune preuve tangible qu'on pourrait retenir contre lui. Après avoir entendu toutes les parties, le juge mettra le verdict en délibéré pour le jeudi 31 octobre.