Envoyer à un ami | Version à imprimer | Version en PDF

EL-BAYADH : LE PAIN S'EST ECLIPSE DES BOULANGERIES

par Hadj Mostefaoui



Le consommateur ne sait plus ni-à quel saint se vouer ni sur quel pied danser depuis que dix boulangeries sur les dix-huit que compte le chef-lieu de la wilaya ont baissé rideau depuis la fin du Ramadhan, pour cause de congé annuel. Les chefs de famille, courant dans tous les sens, ont vite déchanté en constatant avec amertume que la baguette de pain s'est totalement éclipsée des étals des quelques rares boulangeries encore en exercice dans la ville. Les professionnels du pétrin, de la pâte et du four en briques ont disparu et le métier de maître boulanger n'est plus qu'un vieux souvenir enfoui dans le subconscient et de quelques nostalgiques d'une époque très récente. Il est déjà loin ce temps où, encore mômes, on se disputait pour arracher la première fougasse chez le boulanger du coin avant même le lever du soleil. Un vrai produit de luxe de l'époque ce pain du boulanger qui narguait dans chaque foyer du quartier «Graba» la galette de pain à base de blé ou d'orge. Décidément, pour les 103.000 habitants que compte la ville d'El-Bayadh, y compris les villages satellites, acheter une baguette de pain au-delà des premières heures de la matinée relève de l'exploit. Les 08 boulangeries, en activité en cette période, ne font qu'à leur guise selon de nombreux clients, très mécontents de la mauvaise prestation de ces artisans et plus particulièrement de la piètre qualité de la baguette de pain, simple et sans aucun ingrédient qui est leur est proposée à la vente à 10,00 DA, laquelle ne dépasse guère les 150 grammes lors de la pesée. Chose que nous avons nous-mêmes constaté auprès d'une boulangerie, ayant pignon sur la rue Maître Abed, ainsi que dans le quartier «Seddikia» et tant d'autres, tellement la liste est longue à énumérer.

De telles pratiques frauduleuses et contraires à la réglementation en vigueur régissant ce secteur vital, semblent passionner plus d'un boulanger sans scrupule aucun. Ces derniers, profitant de ces journées fériées et non ouvrables pour les agents de la D.C.P., jouent plus sur le poids légal de la baguette qui est ainsi réduite à sa portion congrue. Cette pratique a fait des adeptes dans la corporation dans le reste des autres quartiers de la ville et ceci au vu et au su de la direction du Commerce et de la lutte contre la fraude sur les produits de large consommation. L'association des consommateurs qui compte dans ses rangs une poignée d'éléments inflexibles, tout en tirant la sonnette d'alarme, dit se battre contre des moulins à vent et ne trouve pour l'heure aucune oreille attentive susceptible de recueillir ses doléances. L'exaspération est à son comble chez tous les consommateurs que nous avons croisés sur notre chemin et qui clament haut et fort leur mécontentement face à cette absurde situation à laquelle ils sont confrontés quotidiennement et à ce joli pétrin dans lequel ils se trouvent.

LA BAGUETTE DE PAIN DEVIENT DE PLUS EN PLUS RARE DANS CES COMMERCES CENSES LA PRODUIRE ET SEULS QUELQUES EPICIERS DE QUARTIER LA CEDENT SOUS LE MANTEAU A LEURS FIDELES CLIENTS OU PROCHES. POUR LE RESTE DES CONSOMMATEURS, ILS DOIVENT SE RABATTRE SUR LA GALETTE DE PAIN PETRIE ET PREPAREE CHEZ SOI OU LE TRADITIONNEL PLAT DE COUSCOUS POUR CALMER LES ESTOMACS DE LEUR MARMAILLE.