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Maghnia: Une construction illicite à l'origine d'un crime

par Cheikh Guetbi

Un crime a été perpétré mercredi en fin d'après-midi par un jeune de 21 ans sur le dénommé K.M de 25 ans. C'est à coups de couteau que la victime a été attaquée par son assaillant au niveau de la cité ETM, lequel l'a mortellement atteint. Selon des informations recueillies auprès des voisins, le mobile de ce meurtre tournerait autour d'un lot de terrain illicite que la victime voulait substituer. La nouvelle s'est vite répandue, mettant en émoi toute la population, laquelle n'a pas hésité à pointer le doigt accusateur vers certains responsables, principalement ceux de la période 2003-2008 où leurs manque de rigueur, indifférence et impunité ont fait exploser le phénomène de la construction illicite qui a gangrené et déformé la ville. Celle-ci a dévié dangereusement de son cadre ponctuel dans le temps et dans l'espace pour se généraliser sur tout le territoire de la daïra et devenir une source importante de profits pour des barons qui imposent leur diktat à travers des bandes organisées. Ceci a nécessairement généré, tout autour, une frange mafieuse. C'est ainsi que se sont développées des bandes qui «tournent» pour le compte de ces fortunés et que l'accaparation sur le maximum d'espace ont rendu rivales. Dans ce milieu, la loi est régie à coups d'épée et de hache. C'est dans ces circonstances que ce crime a eu lieu. Au vu du nombre de constructions illicites, lesquelles ne sont pas de humbles hameaux mais de réels quartiers avec de somptueuses et imposantes constructions sur plusieurs niveaux, l'impunité et l'indolence semblent avoir amplement contribué à la prolifération de ce genre de construction et au développement du banditisme que la victime a payé de sa vie. Selon ce membre de l'association du quartier Hamri où réside la victime, ceux censés défendre les intérêts du citoyen n'ont pas joué leur rôle et ont donc contribué à ce pourrissement que seule une action d'envergure, pour laquelle tous les moyens de wilaya matériels et humains ainsi que l'appareil judiciaire doivent être mis en branle, arrivera à mettre terme à ce phénomène qui a connu l'essor surtout durant la période 2003-2008 où le nombre de constructions illicites a quasiment triplé celles construites depuis l'indépendance à 2003 ! Notre interlocuteur n'a, par ailleurs, pas manqué de lancer un appel pour que soient déterminés et punis les responsables de ce drame urbanistique qui a engendré bien des délits et crimes dont le dernier a le plus interpellé les consciences par sa barbarie et pousse par conséquent à la méditation.