
Du presque jamais
vu, le kg du poulet est affiché ostensiblement dans les boucheries entre 380 et
400 DA. Un prix à vous faire froid au dos et que beaucoup n'arrivent pas à
s'expliquer parmi les pères de famille, les ménagères jusqu'aux restaurateurs.
Pour mieux appréhender la chose, nous nous sommes approchés de quelques
bouchers, très au fait des fluctuations de ce marché dont le monopole est entre
les mains de quelques personnes qui font l'élevage, disposent d'abattoirs et
achètent chez les autres éleveurs. D'où cette main basse dans presque tout le
pays sur le prix du poulet qu'il fixe à leur guise, selon nos interlocuteurs.
En ce sens, le poulet durant une semaine peut être cédé à 240 DA, puis remonter
le reste du mois à 360 DA et plus, ajouteront ces mêmes bouchers, qui
préciseront qu'autant que les consommateurs, ils font les frais de ce
mercantilisme qui ne dit pas son nom. En effet, quand l'abattoir vous fixe un
prix, par exemple, comme c'est le cas ces jours-ci, à 380 DA, votre marge est
de 20 DA en vendant tout simplement à 400 DA. Dans ce micmac de la spéculation,
les éleveurs bénéficient de certains avantages de la part de l'Etat sachant que
le quintal d'aliment oscille entre 4.200 et 4.500 DA et les bénéfices engrangés
à chaque augmentation des prix sont colossaux. Voilà donc, en l'absence de
mécanismes de contrôle rigoureux dans un marché, jamais à l'abri de surprises
en matière de prix, beaucoup préfèrent pour le moment se tourner vers les
viandes rouges dont les prix sont stables et très abordables, comme c'est le
cas chez ammi Kadour à Boutheldja
où la viande de veau est cédée à seulement 750 DA.