
Le mouvement de protestation déclenché hier matin par des habitants de la
localité de Aïn Nahas dans
la commune d'El-Khroub, qui ont été vite rejoints par
ceux de la cité Aissani Amar, un groupement
d'habitations implantés sur un terrain domanial et situé à proximité, a
provoqué la paralysie totale de la circulation sur la RN3. Les contestataires
se sont pris de bonne heure, bien avant 7h selon des témoins, pour couper la RN
3 pour réclamer « leur droit » au bénéfice de l'habitat rural. L'obstruction de
cette grande voie rapide qui permet la circulation entre l'est, le sud et le
nord de la région constantinoise en passant à hauteur de la ville d'EL-Khroub, a pris de court les usagers, notamment les nombreux
travailleurs qui rejoignaient leurs unités de production implantées dans les
zones industrielles de Oued-Hamimime et de Benbadis (El-Haria), situées de
part et d'autre de cette ville, lesquels sont restés bloqués cinq heures
durant. « Les usagers sont restés bloqués sur cette route jusqu'à 10h 45mn, et
la circulation n'a repris qu'après l'intervention de la gendarmerie et le chef
de daira d'El-Khroub auprès
des manifestants pour les convaincre de libérer la voie», nous ont indiqué des
travailleurs de l'entreprise de fabrication de moteurs de Oued-Hamimime.
Contacté hier, le secrétaire général de l'APC d'El-Khroub,
M. Houri Smail qui fut lui-même victime du blocage de
cette voie, a expliqué que la raison qui a soulevé l'ire des manifestants
réside dans l'annulation des programmes d'habitat rural qui leur étaient
destinés. « Les programmes d'habitat rural concernant ces deux
groupements de population ont été annulés du plan d'occupation du sol (POS) par
l'administration concernée de la wilaya, et ce compte tenu du fait que cette
zone est visée par un grand programme d'urbanisation qui se développe
actuellement par la construction de nombreux programmes de logements sociaux et
des équipements qui feront de Aïn Nahas,
à moyen terme, un grand centre urbain à l'instar de ce qui s'est fait pour les
deux nouvelles ville Ali-Mendjeli et Massinissa », a
expliqué le secrétaire général. Et dans cette perspective, considère
notre interlocuteur, « il n'y a pas de place pour l'habitat rural car cette
zone sera complètement urbanisée ». Aussi, « les demandes faites par les
contestataires qui sont légitimes », soit dit en passant, pourraient être « réorientées vers les autres programmes de logement social
qui se construisent à cet endroit ». C'est ce qu'on fait comprendre apparemment
les éléments de la Gendarmerie nationale et le chef de daïra qui avaient pris
langue avec les manifestants pour les convaincre de libérer la RN 3 et
d'adresser leurs réclamations par la voie normale aux autorités concernées.