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![]() ![]() ![]() ![]() Il est un
paradoxe qui devrait alerter gouvernements et institutions internationales :
dans un monde plus riche que jamais, jamais les citoyens n'ont autant redouté
pour leur avenir matériel. Les chiffres sont implacables. Au Japon, l'une des
économies les plus avancées de la planète, 40% de la population déclare vivre
dans l'angoisse de son futur financier. En Espagne, ce sont 41% des habitants
qui expriment la même inquiétude, un niveau record pour l'Europe. Au Mexique et
au Brésil, la pauvreté officielle recule, mais près de quatre habitants sur dix
continuent de craindre la précarité. Même en Afrique du Sud, deuxième économie
du continent, 40% des citoyens confient leur peur de l'avenir économique.
Quand la pauvreté recule, mais que l'angoisse monte Cette contradiction apparente s'explique par une réalité plus subtile que le simple taux de pauvreté. Dans les pays riches, la pauvreté « statistique » peut baisser, mais la pauvreté subjective grimpe. Pourquoi ? Parce que l'inflation ronge le pouvoir d'achat, que les loyers explosent, que les emplois se précarisent et que les jeunes générations doutent d'accéder à la sécurité économique dont bénéficiaient leurs aînés. Un salarié japonais en contrat précaire, un Espagnol écrasé par le prix de son logement ou un Français inquiet de sa retraite ne sont pas officiellement « pauvres ». Mais tous vivent dans une insécurité qui pèse lourd sur leur santé mentale et leurs choix de vie : retarder un projet familial, renoncer à se soigner, reporter une formation. Le stress financier : un poison silencieux Car le stress financier n'est pas une abstraction. Il provoque anxiété, troubles du sommeil, voire dépression. Il mine la productivité dans les entreprises, alimente l'absentéisme, fragilise la consommation. À l'échelle des sociétés, il nourrit la défiance vis-à-vis des institutions et alimente le vote protestataire. En d'autres termes, c'est une bombe à retardement sociale et politique. Dans les pays émergents, la situation n'est pas moins inquiétante. Au Brésil comme au Mexique, l'inflation persistante, l'endettement des ménages et l'importance du secteur informel rendent les familles extrêmement vulnérables au moindre choc. En Afrique du Sud, ce sont les inégalités abyssales et le chômage massif qui entretiennent une insécurité économique chronique, y compris dans les classes moyennes. Trois réponses urgentes Face à ce constat mondial, trois niveaux de réponses s'imposent. Agir tout de suite contre l'inflation : indexer les prestations sociales les plus basses, limiter les excès de marges dans les secteurs vitaux (énergie, alimentation), encadrer les crédits usuraires. Réformer en profondeur : rendre le logement abordable, sécuriser les parcours professionnels, renforcer les filets sociaux pour les travailleurs précaires et informels. Redonner confiance dans l'avenir : développer l'épargne d'urgence pour tous, généraliser le partage de la valeur en entreprise, bâtir des retraites stables et inclusives. Une fracture mondiale qui menace la cohésion Le stress financier est devenu une nouvelle fracture mondiale. Il ne distingue plus Nord et Sud, riches et pauvres : il traverse les continents, il fragilise les démocraties et menace la stabilité des émergents. Lutter contre la pauvreté visible ne suffit plus. L'enjeu du XXIe siècle sera de combattre la pauvreté ressentie et l'insécurité financière. Car c'est là que se joue, silencieusement mais sûrement, la cohésion des nations et la confiance des peuples dans l'avenir. |
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