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Oran :
Réhabilitation du service public : Dix fonctionnaires révoqués pour fautes professionnelles
par Houari Saaïdia «Aux paroles, il
faut joindre les actes ». Les premières sanctions tombent : dix fonctionnaires
viennent d'être révoqués. C'est le wali qui en a fait l'annonce, hier, lors
d'une réunion de l'exécutif, consacrée à la réhabilitation du service public.
Les mis en cause ont fait l'objet d'une révocation, pure et simple, prononcée à leur encontre par le premier responsable de la wilaya, en répression de fautes professionnelles «très graves». Sans donner des détails sur les postes et les services administratifs des fonctionnaires auxquels il a été mis fin à leurs fonctions - peu importait l'identité des sanctionnés- c'est plutôt «l'impact» de la sanction qui était, a priori, recherché par ce message avertisseur, diffusé par le wali, hier, à partir de la tribune de l'hémicycle. Ces décisions ont été prises sur la base de faits retenus contre les fonctionnaires en question et consignés dans des rapports établis par la Commission d'inspection de la wilaya, composée, entre autres, du DRAG et de l'Inspecteur général, dont l'une des missions est de veiller au bon fonctionnement des différents services administratifs, dans les communes, notamment l'observation de la réglementation régissant les prestations de services, à destination des citoyens. Lors d'une précédente réunion, tenue jeudi et centrée sur le thème de la régularisation foncière, M. Zâalane Abdelghani a, dans la foulée de ses directives, révélé le cas d'un employé préposé au guichet de la daïra d'Es Sénia qui avait été, récemment, révoqué en raison d'un comportement bureaucratique, envers un citoyen. L'agent en question, dont même la tenue qu'il portait ne seyait ni ne convenait au lieu -d'où se pose cette question sur l'absence de l'œil du maître, au sein de cette daïra, classée « mauvaise élève » de la wilaya, à tout point de vue, y compris en matière de régularisation foncière-, avait littéralement renvoyé balader un citoyen qui s'était présenté à lui, dans le cadre d'un dossier de carte grise. A ce propos, justement, ouvrons ici une parenthèse, pour attirer l'attention des autorités locales, si besoin est, et ce, sur la base de réclamations de nombreux citoyens, recueillies sur place, sur la très mauvaise qualité du service dispensé, au niveau de ce segment, plus que tous les autres guichets de cette daïra. Le wali a, par la même occasion, cité l'exemple d'une autre employée, qui avait écopé d'une sanction de mise à pied de 8 jours pour une mauvaise prise en charge, à l'égard d'un jeune de 18 ans, qui était venu s'inscrire sur le fichier électoral afin de pouvoir accomplir son devoir, pour la première fois, à la prochaine présidentielle, du 17 avril. Et comme « le service public n'est pas désincarné, car ce sont des hommes et des femmes qui le font vivre, c'est un esprit qui l'habite », de tels agissements individuels ne peuvent que lui porter préjudice, et partant, à la relation même entre l'Etat et les citoyens, de manière générale. C'est dans cette « philosophie », pour ainsi dire, que s'inscrit, semble-t-il, la nouvelle politique du bâton et de la carotte des pouvoirs publics locaux, vis-à-vis de ceux dont le devoir est de servir -et non desservir- les citoyens. Le wali a, d'ailleurs, annoncé, lors de la rencontre d'hier, que l'Inspection générale de la wilaya sera renforcée par six nouveaux éléments. Il est utile de rappeler, dans le même contexte, que le ministre de l'Intérieur et des Collectivités locales, Tayeb Belaïz, avait adressé, fin septembre dernier, une instruction, à tous les walis, leur demandant l'installation d'une commission dont la mission est de réhabiliter les services publics administratifs locaux. Le document demandait aux walis de transmettre, périodiquement, un rapport détaillé sur la situation de ces services, accompagné de propositions susceptibles d'améliorer les conditions d'accueil des citoyens et la prise en charge de leurs problèmes quotidiens. |
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