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Une route barrée depuis jeudi: Les habitants de Bounefa ne baissent pas les bras

par A. Mallem

Pour la quatrième journée consécutive, la route de Boulejdour, reliant le chef-lieu de wilaya à El-Khroub, est demeurée fermée à la circulation automobile au niveau du village agricole des 3 Martyrs (plus connu sous le nom de Bounefa, consonance locale de l'ancien nom français «Bonnefoy»).

En nous rendant sur les lieux, hier matin, nous avons constaté que la voie était barrée par deux rangées de sacs remplis de terre, de grosses pierres et des troncs d'arbre et remarqué que des groupes de jeunes du village, encadrés par quelques adultes, bivouaquaient sur un côté de la route en montant la garde et en faisant rebrousser chemin tout véhicule qui se présente. Dans un souci d'informer l'opinion publique sur le motif de leur mouvement, les contestataires ont accroché à de grosses pierres qui barrent le passage une banderole portant cette inscription en arabe: «Nous exigeons que les promesses soient tenues quant au dossier de l'habitat rural». Abordé, le groupe de contestataires a affirmé tout d'abord que la route a été fermée jeudi en début d'après-midi au retour d'une rencontre qu'ils ont eue avec le chef de daïra. Membre de l'association de quartier, Zermani Yazid nous expliqua que les habitants du village des 3 Martyrs ne cessent de démarcher les autorités locales à propos de leur dossier d'aide à la construction de l'habitat rural qui, selon lui, constitue à l'heure actuelle le plus grand problème des habitants. Et d'ajouter que ces derniers ont obtenu les décisions d'attribution depuis déjà une année et les autorités les font toujours attendre en leur promettant, d'un mois à l'autre, voire d'une semaine à l'autre, que le programme sera lancé. «Les assiettes foncières existent, poursuit Zermani, et elles font partie du domaine de l'Etat. Mais ces derniers jours, un membre de l'APW est venu nous dire que des gens malintentionnés ont induit en erreur les responsables de la daïra en leur disant que ces terres relèvent du domaine privé».

Kaabouche Farouk, président de l'association du village agricole les 3 Martyrs, était arrivé à ce moment pour compléter les informations données par son collègue. Il a tenu tout d'abord à préciser que son association n'a rien à voir avec la coupure de la route, «mais nous n'avons pas pu empêcher les citoyens de déclencher cette action pour faire aboutir leurs revendications longtemps étouffées», a-t-il dit. Il a axé ensuite son intervention sur les promesses non tenues du chef de daïra qui, selon lui, se cache derrière la commission interministérielle chargée de ce dossier «pour renvoyer notre dossier aux calendes grecques». En effet, explique-t-il, à chaque rencontre, il leur promet des dates proches pour le règlement du problème. «Nous voulons un interlocuteur officiel qui puisse nous faire un engagement ferme et sérieux qui sera respecté. Sinon, nous envisagerons une autre solution. On ne peut pas rester dans cette position d'attente alors que la population nous harcèle». Il cite le second problème qui préoccupe les citoyens du village, celui de la réalisation d'un lycée et d'un CEM, affirmant à ce sujet que le ministère de l'Education aurait dégagé les moyens financiers destinés à ces projets, mais le dossier est bloqué depuis deux ans au niveau local, croit-il savoir. «Nous avons plus de 200 enfants scolarisés dans les quartiers voisins de Boumerzoug et du 4e Kilomètre, et chacun d'eux dépense chaque jour individuellement la somme de 160 dinars pour aller et revenir de l'école en empruntant les taxis de la fraude». Pouvons-nous endurer plus longtemps ce calvaire ? Nous voulons du concret, pas de simples papiers et de vagues promesses pour nous faire patienter et éponger notre colère. Et de signaler ensuite que la veille, sur les ondes de la radio régionale de Constantine, ils ont entendu le responsable de la SAU (Société d'architecture et d'urbanisme) affirmer que leur problème a été réglé. «C'est faux, rien n'est réglé du tout, ni le problème du Fonal (Fonds national du logement) ni celui de l'habitat rural», s'est élevé Kaabouche. Un autre le coupe et déclare avec véhémence: «Maintenant, nous maintenons la route coupée et à part le wali, nous ne voulons parler à personne». Contactés à 14h, les contestataires nous ont confirmé que la situation reste telle quelle. «R.A.S., a répondu tout simplement Kaabouche. La dernière fois quand nous avions coupé la route, nous sommes restés comme ça durant 15 jours et aucune autorité n'avait daigné prendre contact avec nous et encore moins nous rendre visite !».