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GUELMA: Constructions illicites: l'éternel problème

par Menani Mohamed

La chaleur caniculaire au terme du mois de juillet n'a pas empêché le wali de Guelma d'effectuer une visite de travail dans les daïras de Oued Zenati et de Aïn Hassainia où, en compagnie du président de l'APN et des autorités locales, il passa en revue certaines opérations ciblées du développement local. Dans la commune d'Aïn Regada, il donna le coup d'envoi des travaux d'alimentation en gaz de ville de cette zone après un piquage sur le gazoduc du tronçon Oued Zenati / Aïn Makhlouf. Il s'agit d'une première tranche de l'exercice en cours de l'ordre de 1,62 milliard de dinars qui va permettre la mise en œuvre de 10.361 branchements sur 185,923 km constituant une boucle qui va desservir 12 localités situées sur les territoires des communes de Aïn Regada, Ras El Agba, Sellaoua Announa, Houari Boumedienne, Khezaras et Hammam N'baïls. Selon le directeur des Mines et de l'Indusrie: «Cette opération individualisée sur le programme quinquennal 2010/2014 a été engagée avec un apport initial de l'ordre de 2,22 milliards de dinars, mais les besoins réels des populations, en matière d'énergie ont plaidé en faveur d'un réajustement à la hausse jusqu'à 6,24 milliards de dinars qui va permettre l'alimentation en gaz naturel de plus de 20.000 foyers. Avec cette résultante nous projetions d'assurer une couverture totale de la wilaya au volet de l'électrification rurale et urbaine et la couverture en gaz naturel franchira le seuil des 80%». Nous relevons de la fiche technique du projet que la participation étatique représente 75% du coût global alors que la Sonelgaz injectera 25% où l'abonné participera avec la modique somme de 10.000 DA au raccordement. Le coût d'investissement est évalué à 160.000 DA par foyer.

A Aïn Regada, le wali a inspecté le chantier d'un lycée du type 800/200 où 6 entreprises sont contractantes pour sa réalisation sur une autorisation de programme de l'ordre de 248 millions de dinars. La lente cadence des travaux n'a pas été du goût du chef de l'exécutif qui appela les organes de contrôle du maître d'ouvrage afin d'assurer un suivi rigoureux dans le strict respect de la qualité des travaux et des délais contractuels.

Dans la même localité, il insista sur la rapide distribution des 16 locaux commerciaux et instruit le chef de la daïra et le président de l'APC de procéder à la démolition de toutes les extensions illicites qui défigurent l'environnement urbanistique. Il relève, aussi, que l'impunité est trop flagrante au point de constater que même les décisions de justice, ordonnant la démolition ne sont pas exécutées. Le comble de l'anarchie et les effets néfastes du passe-droit.

Le récurrent phénomène des constructions illicites s'était invité au menu de la visite, d'une manière criarde obligeant le wali à arrêter le cortège à neuf reprises sur l'itinéraire du retour de Aïn Regada jusqu'à la cité Salah Serfani sur la RN20.

Plusieurs auto-constructeurs ont été épinglés pour squat d'espaces publics, absence d'hygiène, dégradations de l'environnement et constructions illicites récentes. La passivité des responsables locaux qui frise la complicité douteuse et populiste a été mise à nu, tant le phénomène est des plus envahissants, provoqué par les irréductibles frondeurs qui défient la réglementation dans une impunité menaçant l'ordre républicain.

Cet état de fait avait scandalisé le wali qui sortit de ses gonds pour se déverser sur les élus et les inciter à mettre plus de cœur à l'ouvrage: «assumez vos responsabilités pleinement ou bien démissionnez. Par votre indolence, vous encouragez les atteintes à l'ordre et les agressions contre la chose publique». En définitive, le sempiternel phénomène des constructions illicites s'éternise, dans le temps, avec la bénédiction des anciens réflexes qui ont la nostalgie des bidonvilles et des ghettos faisant le lot de l'anarchie et du chaos.