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Les Aids se suivent et se ressemblent

par A. Mallem

Les fêtes de l'Aïd el-fitr se suivent en se ressemblent, dans leur vacuité et leur monotonie. Le problème de l'absence quasi-totale des lieux de détente, de jeux et de distractions pour faire la fête est devenu patent, dans la capitale de l'Est. Aussi, pour la plupart des gens, les fêtes de l'Aid ne sont appréciées que dans la mesure où elles offrent des journées de repos qu'on passe en famille. D'ailleurs, durant la soirée de mercredi, les citoyens qui attendaient avec impatience le verdict des comités d'observation du croissant lunaire ont été soulagés en apprenant la fin du ramadhan et donc la célébration de l'Aïd el-fitr pour le lendemain. «Vivement l'Aid», avons-nous entendu dire, comme un cri de délivrance, de nombreux fidèles qui accomplissaient la prière de l''Icha' dans une mosquée. «Le ramadhan que nous venons de passer, dans la canicule, nous a complètement esquintés !», répétait-on. C'est dire que tout le monde attendait fébrilement la fin du ramadhan pour se reposer, d'autres pour «rattraper» des vacances interrompues par le mois de carême, d'autres encore qui attendaient la fin du mois sacré pour s'évader vers la ?Grande Bleue' afin d'évacuer le stress accumulé pendant des journées de jeûne et de canicule qui leur ont semblé interminables. «Nous sommes des croyants et, à ce titre, nous devons faire preuve de patience et de résistance, mais nous restons, quand même des êtres humains !», a commenté un fidèle à la sortie d'une mosquée. Ceci dit, les problèmes de pénurie qu'on craignait dans les approvisionnements, surtout en matière de pain et de lait, ne ce sont pas fait sentir, durant la première journée de l'Aid. C'est plutôt, hier, vendredi, et partiellement encore, que la pénurie a ressurgi, car des citoyens de plusieurs quartiers de la ?ville des ponts' ont signalé des pressions sur le pain. «A la rue Didouche Mourad, en plein centre- ville, nous a signalé, hier, dans la matinée, un riverain des lieux, le pain est distribué à bord d'un camion à raison de 15 DA, la baguette habituelle de 250 g». Par contre, en ce qui concerne le carburant, le gasoil comme l'essence, les automobilistes n'ont rencontré aucun problème pour s'en approvisionner dans les stations-service et le constat a été fait, hier matin aussi, par des chauffeurs de taxi. Ce qui fait que, pour leurs déplacements afin de rendre visite à leurs familles, les Constantinois, notamment ceux qui ne sont pas véhiculés, n'ont pas éprouvé de difficultés même si le transport public a fait défaut, le premier jour de l'Aïd, car il y a toujours les taxis réguliers et ceux de la fraude pour suppléer cette carence.

D'autre part, les Constantinois, très attachés aux rites et aux traditions, sont allés nombreux aux cimetières de la ville et de sa périphérie pour rendre visite à leurs défunts. Et là, ils ont eu l'agréable surprise de constater que les lieux de sépultures étaient complètement nettoyés et débarrassés des herbes folles qui envahissaient les tombes et les cachaient, pratiquement, aux yeux des visiteurs. Sur ce plan, les travailleurs et les gestionnaires des cimetières ont déblayé le terrain en prévision du rush attendu. Et ce constat nous l'avons fait nous-mêmes, hier, au cimetière central de Constantine. Et, fatalement, le déplacement en même temps des foules nombreuses, d'un point à l'autre de la grande agglomération constantinoise n'a pas manqué de créer des embouteillages sur plusieurs axes, notamment ceux reliant les nouvelles villes Ali Mendjeli et Massinissa au chef-lieu de wilaya, car les populations déplacées, dans le cadre du relogement, n'ont pas manqué le rendez-vous traditionnel avec leurs chers disparus et se sont déplacés pour leur visite rituelle. Et cette ambiance qui marque la célébration de l'Aïd el-fitr devrait durer encore deux ou trois jours, en raison de la période qui coïncide avec les vacances scolaires et les départs en congé.

Rien n'est, donc, fini pour ce qui est de la rareté du pain, du lait ou des moyens de transport.