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Le phénomène des constructions illicites a pris des proportions indésirables
dans la daïra d'Aïn El-Turck et ce, avec tout l'impact négatif qui se répercute
sur l'environnement de cette région côtière dont la principale vocation
s'articule autour du tourisme. A l'instar des autres circonscriptions relevant
de la wilaya d'Oran, c'est au cours de la décennie noire que les premières
baraques, érigées de nuit et à la hâte avec de la tôle et du parpaing, ont
commencé à faire leur apparition dans différentes zones essaimées à travers le
territoire de cette daïra qui s'étend sur une superficie de 19,410 hectares.
Leur nombre a atteint aujourd'hui les 2.025, selon une source proche du
dossier, qui précise cependant que ce chiffre peut être revu à la hausse avec
l'apparition d'autres îlots de constructions illicites dans les quatre communes
que compte ladite daïra.
«Ce qui était au départ un exode rural de familles venues de diverses contrées de l'ouest du pays, fuyant temporairement l'insécurité, s'est transformé avec le temps en une monnaie d'échange pour acquérir un logement social et ce, souvent aux dépens des habitants locaux, sinon comment expliquer que les relogés ont depuis, pour la plupart, cédé ou loué leurs appartements », a confié un père de famille, ancien habitant du chef-lieu de cette daïra. Ce phénomène n'a pas épargné également certaines infrastructures, biens communaux, comme à titre d'exemple l'ex-camping de la localité de Claire Fontaine où 47 familles s'y sont installées illégalement durant plus de quatre années, avant d'être évacuées et relogées dans une cité nouvellement réceptionnée. Les lieux ont été transformés par la suite en un jardin public qui fait aujourd'hui le bonheur des familles en quête d'un espace de détente et de jeux pour leur progéniture. Il est utile de noter dans ce même ordre d'idées le véritable casse-tête pour les autorités locales que représente un bidonville construit sur la superficie, qui a abrité les ex-Galeries, sises en plein cœur de ladite commune, cédées depuis à la vente au profit d'un particulier. En effet, abandonnées par son bénéficiaire pour des raisons indéterminées, ces ex-Galeries se sont aussitôt transformées en un impressionnant îlot de masures qui a tendance à s'étendre au fil des jours. Une trentaine de familles ayant érigé des baraques occupent désormais ce lieu depuis ces six dernières années. Des mises en demeure ont été adressées au propriétaire pour prendre les mesures qui s'imposent en pareil cas, mais malheureusement aucune action n'a été diligentée en vue d'un assainissement, au grand dam des habitants demeurant dans les abords immédiats, notamment les locataires de la cité des 350 logements sociaux qui ne cessent de dénoncer les multiples nuisances engendrées par ce regroupement de masures. Signalons encore la nouvelle apparition d'un îlot de baraques rue de Palestine, sur une superficie située à proximité de l'agence Cnas, dans la commune d'Aïn El-Turck. Le squat d'autres biens communaux entrave malheureusement le lancement des travaux pour leur réhabilitation et la réalisation d'un projet d'utilité publique. Notons dans ce volet qu'un recensement de la population dans cette partie de la wilaya, datant de trois années, fait état de 82.105 habitants. Néanmoins, ce nombre devrait être réactualisé en additionnant celle qui occupe les 2.025 constructions illicites, devenues par la force du temps de véritables plaies défigurant le paysage du littoral ouest. Selon ces mêmes statistiques, c'est le bourg Ouadite, situé dans le village de Bousfer, qui détient la palme dans ce décompte avec 331 constructions érigées illicitement sur une terre agricole. Il importe de noter, cependant, que les services de la daïra en collaboration avec ceux des communes concernées ont procédé à des opérations de démolition de constructions illicites pour tenter d'endiguer leur prolifération. Ainsi, 20 masures ayant constitué un véritable bidonville à Haï Zouhour (ex-Roseville) sur les hauteurs de la municipalité de Mers El-Kébir ont été démolies près de trois mois auparavant. Cette opération a été instruite, rappelons-le, par le wali d'Oran lors d'une visite de travail qui l'a conduit dans cette daïra côtière. Quelques jours après, c'est au tour de six autres constructions illicites et quatre terrassements, érigés sur une terre agricole appartenant à un particulier, dans la localité côtière La Madrague, d'être ciblés par une action similaire. Signalons que lors d'une rencontre, présidée par le P/APW, qui s'est tenue en fin de semaine dernière, le chef de daïra a annoncé la prochaine réalisation de 500 logements sociaux à Aïn El-Turck. Enfin, les éléments de la police de l'urbanisme ont reçu des instructions pour demeurer vigilants, notamment durant la nuit, pour contrecarrer toute opération de constructions d'habitations illicites. |
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