
En dépit des fluctuations dans la distribution du pain et du lait et le
manque de moyens de transport, la fête de l'Aïd El-Fitr s'est déroulée dans de
bonnes conditions, en général. Cette année, la fête de l'Aïd n'a pas dérogé à
la règle d'une tradition religieuse avec une joie qui a envahi tous les foyers
des familles oranaises au même titre que celles de toutes les familles
algériennes, en leur procurant tout le bonheur et la joie, même si le transport
a manqué. D'ailleurs, dans les agglomérations rurales, le transport avait fait
défaut et les habitants éprouvaient toutes les difficultés à se déplacer durant
la première journée. Les rares taxis qui étaient de passage n'arrivaient pas à
répondre aux sollicitations des uns et des autres qui voulaient rendre visite à
leurs proches. Pour la ville d'Oran, le tramway a démontré sa grande utilité
pour les citoyens. A noter également que certaines stations-service de la ville
d'Oran ont été prises d'assaut par de nombreux automobilistes craignant la
pénurie, effet psychologique dû certainement aux dernières crises. La première
journée de l'Aïd a été entamée par la prière. Dans leurs prêches, les imams
sont revenus sur la portée de la célébration de l'Aïd El-Fitr qui constitue,
ont-ils souligné, une «occasion pour réconcilier les croyants, éliminer la haine
et les rancoeurs et faire prévaloir l'amour et la fraternité». Ils ont affirmé
que «le progrès et la renaissance de toute nation passent par l'unité des
rangs» car «la division ne sert que les ennemis». Certains imams ont aussi axé
leurs interventions sur les leçons et les enseignements du mois sacré qui nous
incitent à être, à longueur d'année, solidaires avec les pauvres et de prendre
la tolérance et le pardon comme une ligne de conduite dans la vie. Le
recueillement dans les cimetières à la mémoire des êtres chers perdus a fait
suite à la prière de l'Aïd qui a eu lieu très tôt le matin. En général durant
la matinée du premier jour, Oran est devenue une ville morte, avec moins de
circulation, des rues désertes et les rideaux des commerces baissés. Une
situation qui contraste clairement avec les derniers jours du mois de Ramadhan
où la circulation était très dense, marquée par la forte présence des autobus
de transport en commun et les commerces tournaient à plein régime. Une
situation qui est aussi imposée à beaucoup de citoyens, les citadins en
particulier, qui se retrouvent bien souvent otages de la fermeture de ces
commerces et du manque de transport. Le deuxième jour a été entamé avec plus de
sérénité, un ciel bleu et un soleil radieux. Les cafés maures et autres salons
de thé ont tous ouvert leurs portes. Même des magasins d'alimentation générale
ont pu approvisionner les consommateurs. Les transports collectifs ont fait
leur réapparition à la grande joie des familles. En effet, durant les deux jours
de l'Aïd, les familles se sont rendues visite mutuellement surtout que le
climat s'y prêtait pour des villégiatures, chose qui a permis aussi aux enfants
de se défouler. A noter que cette fête a été aussi l'occasion pour les âmes
charitables et les bienfaiteurs d'offrir un moment de bonheur aux orphelins,
aux malades et aux vieillards, dans les centres d'accueil et les hôpitaux.