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Malgré une facture en baisse : L'Algérie importe toujours davantage de médicaments
par Moncef Wafi Si la facture des importations de l'Algérie de produits pharmaceutiques a
baissé de 13,2% durant les quatre premiers mois de 2013, comparativement à la
même période, l'an dernier, ce n'est pas parce que le pays importe moins mais
c'est seulement que plus de 12% des médicaments à usage humain, qui
représentent comme toujours plus de 95% des importations globales de
médicaments durant cette période, ont connu une baisse en termes de valeur.
Autrement, l'Algérie importe tout autant sinon davantage à la lecture des
chiffres du Centre national de l'informatique et des statistiques (Cnis) des
Douanes. Ainsi, les quantités de médicaments importées ont enregistré une
hausse de 16,8%, passant de 10.295 tonnes durant les quatre mois de l'année
écoulée à 12.027 tonnes à la même période en 2013. En termes vénaux, 606,26
millions de dollars ont été dépensés depuis janvier jusqu'à avril contre 698,3
millions pour la même période de l'année dernière, qui a enregistré une facture
globale de 2,23 milliards de dollars.
La première analyse à faire sur ces chiffres, c'est que l'Algérie continue toujours d'importer de plus en plus de médicaments. Une courbe ascendante attendue depuis que le gouvernement a décidé d'en finir avec la grave pénurie en médicaments qui avait touché le pays en 2011. Rappelons que le pays avait vécu une terrible et inexplicable pénurie de médicaments qui avait déchaîné les passions et désespéré les malades. Il aura fallu le début de 2012 pour que le gouvernement se décide à remettre de l'ordre dans un secteur à coups de milliards de dollars. Ainsi, et en droite ligne du nouveau statut des pharmacies centrales des hôpitaux, dont la principale «révolution» reste la passation de marchés en procédure de gré à gré simple entre les PCH et les établissements de santé, dans le but évident d'éviter les ruptures de stocks, le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière avait annoncé l'annulation du crédit documentaire (Credoc) pour ce qui est des médicaments essentiels ainsi que certains équipements médicaux d'urgence. Par ailleurs, la facture des médicaments à usage humain reste prioritaire avec 579,5 millions usd, contre 662,9 millions usd durant la période de référence, enregistrant ainsi une baisse de 12,57%, selon le Cnis. Quant aux quantités importées, elles ont augmenté de 16,43%, passant de 9.755 tonnes durant les quatre premiers mois de 2012 à 11.358 tonnes à la même période de 2013. Les produits parapharmaceutiques ont également contribué au recul de la facture des importations globales, enregistrant une forte baisse de plus de 39% en termes de valeur. En effet, les produits parapharmaceutiques viennent en seconde position avec 16,38 millions usd, contre 27,10 millions usd, en baisse de 39,18%, ajoute le centre. En volume, les importations ont atteint 403 tonnes durant les quatre premiers mois de l'année en cours contre 354 tonnes, en hausse de 13,9%. Par ailleurs, le marché national du médicament représente 2,9 milliards de dollars, dont 1,85 milliard usd d'importation et 1,05 milliard usd de production locale, dont 84% reviennent au secteur privé et 16% au public, selon l'Union nationale des opérateurs de la pharmacie (UNOP). Et pour réduire les factures de l'importation des médicaments, l'Algérie envisage de produire localement 70% de ses besoins en médicaments avec l'aide des laboratoires étrangers d'ici à la fin 2015. A cet effet, un plan de développement a été lancé pour porter la part de marché de l'unique groupe public pharmaceutique en Algérie (Saidal) de 7% à 25% en termes de valeur, afin d'améliorer sa position sur le marché national et s'ouvrir à l'international. D'un financement de près de 17 milliards de DA, ce redéploiement du groupe Saidal prévoit la création de 7 nouvelles usines dont trois spécialisées dans la production de génériques à Constantine, Tipaza et à Alger. Le plan de développement porte également sur la modernisation des sites actuels de production, la création d'un centre de recherche et développement dans la nouvelle ville de Sidi Abdellah et un laboratoire de bioéquivalence à Hussein Dey. Egalement dans l'optique de réduire la facture des importations, l'Algérie a décidé d'interdire à l'importation les médicaments produits localement afin d'encourager la production locale et d'inciter les laboratoires à investir davantage. Ainsi, la liste des 120 médicaments interdits d'importation est maintenue et peut être élargie à d'autres médicaments produits en Algérie. |
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