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Avec un effectif total de 215 travailleurs, dont une centaine versés dans
le secteur de la production, l'entreprise Alemo (Algérienne des équipements
machines-outils, filiale du groupe PMO et fabriquant notamment des tours et des
fraiseuses), est confrontée, depuis le 29 mai dernier, à une grève des
travailleurs de la production, qui réclament une augmentation des salaires. On
se rappelle que, pour le même motif, le collectif des travailleurs de cette
entreprise, dont le siège social et l'unité de production se trouvent à
Oued-Hamimime dans la daïra d'El-Khroub, avait suivi une grève d'une dizaine de
jours environ au mois d'avril dernier pour réclamer, entre autres, une
revalorisation des salaires et la distribution des bénéfices aux travailleurs,
mais sans aboutir à aucun accord avec la direction. Cette grève avait abouti
également à l'arrêt de la production et par conséquent à l'interruption du
programme de livraison des machines destinées aux deux ministères de
l'Education nationale et celui de la Formation professionnelle, principaux
clients d'Alemo. «Les travailleurs reviennent aujourd'hui pour exiger une
augmentation de salaire à hauteur de 22% à partir de janvier 2013 et
l'intégration dans le salaire de base de la prime mensuelle qui leur est versée
à la fin de chaque année», nous a expliqué, hier, le secrétaire général du
syndicat d'entreprise, M. Mehenni Nouar. Malheureusement, a poursuivi notre
interlocuteur, ils se heurtent «au refus de la direction générale qui leur
propose une augmentation étalée sur trois ans : 22% cette année, 10% en 2014 et
5% en 2015», condition qui exclut toute autre augmentation des salaires pendant
cette période.
Le premier round des négociations entre les partenaires sociaux, qui s'est déroulé le 5 juin dernier, n'a abouti à aucun accord, parce que chaque partie campait sur ses positions. Et la grève s'est poursuivie, sans que la tutelle syndicale, l'Union locale UGTA d'El-Khroub, ni la Fédération de la mécanique ou le holding Equipag, et encore moins l'inspection du travail territorialement compétente, n'interviennent pour concilier les deux parties en conflit. «Chacun se contente de suivre de loin, sans intervenir, l'évolution de la situation», a commenté, hier, un groupe d'ouvriers faisant partie du collectif des travailleurs de la production qui observe le piquet de grève hors de l'usine. Toutefois, le syndicat et la direction de l'entreprise sont revenus hier à la table des négociations pour essayer de dégager un consensus et mettre fin à ce conflit préjudiciable à tous. Les tractations se sont poursuivies durant tout l'après-midi d'hier en présence des deux partenaires sociaux, a-t-on appris auprès de la direction, où l'on nous a signalé justement que le directeur était en pleine négociation lorsqu'on a demandé à le joindre pour avoir son avis sur ce conflit persistant. |
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