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Sahara Occidental : Le Maroc tente l'amalgame pour étouffer les droits de l'homme
par Yazid Alilat Finalement, les Etats-Unis ont reculé dans leur intention d'inclure les
droits de l'homme dans les missions et prérogatives de la Mission des
Nations-Unies pour un référendum au Sahara Occidental (Minurso). A la place,
Washington a quand même soumis une résolution allant dans le sens d'une plus
grande surveillance des droits de l'homme dans ce territoire non autonome,
occupé depuis 1975 par le Maroc. Evidemment, cette résolution du conseil de
sécurité a provoqué diverses réactions, dont celle du Polisario qui a salué
cette initiative et estimé qu'elle prouve son attachement au droit du peuple
sahraoui à l'autodétermination comme ?'fondement de la solution politique au
conflit créé par l'occupation marocaine''. L'Algérie a également salué cette
résolution dans une réaction officielle. Selon un haut responsable algérien, la
déclaration marocaine sur cette résolution onusienne mérite quant à elle
quelques remarques. D'abord, cette déclaration (marocaine) ?'fait état de la
«prééminence» de l'initiative sur l'autonomie alors qu'en vérité, le conseil de
sécurité met, systématiquement et dans toutes ses résolutions, sur le même pied
d'égalité la proposition marocaine et celle présentée par le Front Polisario au
Secrétaire général de l'ONU, le 10 avril 2007''. En outre, la même déclaration
?'évoque fallacieusement un différend régional alors que les deux parties au
conflit sont clairement déterminées dans toutes les résolutions du Conseil de
Sécurité et de l'Assemblée générale : savoir le royaume du Maroc et le Front
Polisario, en tant que seul représentant légitime du peuple sahraoui''. Par
ailleurs, ?'l'interpellation de l'Algérie est totalement arbitraire et
injustifiée: elle se fonde sur une lecture volontairement biaisée et tendancieuse.
Le nom de l'Algérie n'est évoqué nulle part dans la résolution ; car il
revient, à titre principal, aux parties au conflit et non pas aux pays voisins,
à s'impliquer plus résolument pour mettre fin à l'impasse actuelle. Les
tentatives d'impliquer l'Algérie à travers une telle lecture, dont le caractère
erroné et unilatéral n'échappe à personne, resteront, comme par le passé,
vaines et sans lendemain''. La même source ajoute d'autre part, que
?'contrairement à l'affirmation péremptoire et erronée contenue dans la
déclaration en question, le Conseil de sécurité demande que soit «envisagé»
l'enregistrement des réfugiés mais en même temps, et c'est le plus important,
il engage les deux parties à collaborer avec la communauté internationale pour
mettre au point et appliquer des «mesures indépendantes et crédibles qui
garantissent le plein respect des droits de l'homme en gardant à l'esprit leurs
obligations découlant du droit international''. Enfin, ?'nous rejetons et
récusons fermement tout amalgame factice et tout lien artificiel établi entre
la question du Sahara Occidental, qui est et demeure une question de
décolonisation reconnue et enregistrée en tant que telle par l'ONU, et le
contexte sécuritaire régional ou la coopération sous régionale au niveau du Maghreb''.
?'L'invocation incantatoire de la paix, de la sécurité et du développement dans
la région ne saurait faire oublier la doctrine des nations unies en matière de
décolonisation et elle ne saurait se muer en opération de volatilisation et
d'occultation de la légalité internationale», relève d'autre part la même
source. La déclaration marocaine, faite à la suite de la réunion du CS de
l'ONU, indique, dans sa lecture biaisée, notamment que ?'le caractère régional
de ce différend est, désormais, clarifié et précisé par un appel direct et
spécifique lancé aux Etats voisins pour s'impliquer plus résolument en vue de
mettre fin à l'impasse actuelle et d'avancer vers une solution politique
définitive. Ainsi, l'Algérie se trouve interpellée pour s'investir, de manière
constructive, dans la recherche de la solution politique à ce différend
régional''. La même déclaration marocaine poursuit: ?'la résolution reconnaît
que le règlement de ce différend, doublé d'une coopération des Etats membres de
l'UMA, contribuerait à la stabilité et à la sécurité dans la région du Sahel''.
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