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TLEMCEN: Quelle prévention pour les maladies professionnelles ?
par Khaled Boumediene

Cette année
(2013), la journée mondiale pour la santé et la sécurité au travail porte sur
la prévention des maladies professionnelles (maladies de la peau, maladies
respiratoires, troubles musculosquelettiques, surdités, cancers, intoxications
chroniques, infections, conjonctivites?), qui sont toujours la principale cause
de décès liés au travail à travers le monde. Selon les estimations de
l'organisation internationale du travail (OIT), sur 2,34 millions de décès au
travail constatés chaque année, seuls 321 000 sont dus à des accidents. Les
autres 2,02 millions de décès sont causés par différents types de maladies
liées au travail, ce qui correspond à une moyenne de plus de 5500 décès professionnels
par jour. Une prévention inadéquate des maladies professionnelles a des
conséquences néfastes non seulement sur les travailleurs et leurs familles,
mais aussi sur l'ensemble de la société car elles génèrent des coûts
extrêmement élevés, liés notamment à la chute de la productivité ou au poids
financier sur les systèmes de sécurité sociale. Pour marquer cet évènement, la
caisse nationale des assurances sociales des travailleurs salariés (CNAS) a
décidé, à l'occasion de cette journée internationale qui coïncide avec le 28
avril, d'organiser des portes ouvertes, les 28, 29 et 30 avril, à travers ses
quarante huit agences de wilaya et ce, dans le but de permettre à la population
notamment les employeurs et travailleurs de mieux connaitre les maladies professionnelles
et les moyens de s'en prémunir. Outre sa mission de gestion de l'assurance des
accidents du travail et des maladies professionnelles (MP), la CNAS s'est vue
confier par le législateur, la mission de promotion de la prévention et en a
fait une de ses préoccupations majeures. L'intervention de la CNAS dans ce
domaine est bénéfique par l'économie substantielle des ressources qu'elle peut
générer, mais également pour ses retombées positives évidentes sur la santé des
travailleurs en comparaison avec une politique basée uniquement sur la
réparation. La CNAS, par le biais de ses services de prévention des accidents
du travail et des maladies professionnelles (AT/MP), oeuvre auprès des
entreprises publiques et privées pour la promotion de la prévention et la
réduction des accidents du travail et des maladies professionnelles. Rappelons
que chaque année, l'OIT rédige un rapport de référence sur la sécurité et la
santé au travail et sur l'environnement qui appelle gouvernement, employeurs et
travailleurs à collaborer au développement et à la mise en œuvre de politiques
et de stratégies nationales ayant pour but de prévenir les maladies
professionnelles. La prévention des maladies professionnelles est plus efficace
et plus rentable que de mettre en place des traitements et réadaptations. Elle
nécessite une bonne connaissance des conséquences de l'activité professionnelle
sur la santé des travailleurs de l'entreprise: à ce titre, le rôle du service
de prévention (qui est doté de médecins de travail) est fondamental pour
conseiller le chef d'entreprise et éviter la survenance de maladies
professionnelles. Concrètement, le rôle du service de prévention du travail
s'exerce en matière d'amélioration des conditions de vie et de travail dans
l'entreprise et concerne d'une part l'adaptation des postes, des techniques et
des rythmes de travail à la physiologie humaine et d'autre part, la protection
des salariés contre l'ensemble des nuisances (exemple : le bruit) et notamment
contre les risques liés à l'utilisation de produits dangereux (exemple : le
benzène). Le service de prévention est aussi chargé de la promotion de la
prévention : information sur les mesures de prévention (exemple : lombalgies),
propositions de formation à la sécurité du personnel de l'entreprise, mise à
disposition et utilisation correcte des équipements de protection individuelle
adaptés aux risques identifiés? Le service de prévention mène des visites
d'enquête sur les lieux de travail et contrôle également l'application des
mesures préventives. Quant au chef d'entreprise, les recommandations et avis
qu'il recueille auprès du service de prévention l'aident à décider des moyens à
mettre en place. En outre, dans les entreprises de 9 salariés au moins, un
comité paritaire d'hygiène et de sécurité, composé de représentants du
personnel et présidé par le chef d'entreprise, participe à la prévention des
maladies professionnelles dans l'établissement en procédant notamment à
l'analyse des risques et en proposant des actions de prévention.
Les troubles
musculosquelettiques (TMS), par exemple, représentent un grave problème de
santé au travail et touchent plusieurs milliers de travailleurs en Algérie.
Au-delà de la souffrance humaine, ils sont à l'origine de déficits fonctionnels
gênant l'activité professionnelle. Ils constituent, de ce fait, un lourd
fardeau économique pour la société à la fois parce que ce sont les maladies
professionnelles les plus fréquentes mais aussi parce qu'ils sont à l'origine
d'un important absentéisme et donc d'une perte d'efficacité pour l'entreprise
(remplacement, perte de qualité et de productivité, perturbations dans
l'organisation du travail). Sans compter les difficultés de reclassement d'un
salarié atteint (postes aménagés). A noter, qu'au cours de ces portes ouvertes
organisées au siège de la CNAS, de nombreuses brochures de sensibilisation,
d'études et d'outils méthodologiques suivant les profils et les secteurs
d'activités et vidéos seront mis à la disposition des participants.
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