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Constructions illicites à Mers El-Kébir : Les habitants de Haï Ezzohour sollicitent l'intervention du wali

par Houari Saaïdia

Les habitants de Haï Ezzohour, anciennement «cité Roseville», commune de Mers El-Kébir, lancent un appel pressant au wali concernant les multiples désagréments causés par des constructions illicites en expansion effrénée. Le chef de l'exécutif local est invité par les notables de cette région à faire un petit saut de ce côté-là à l'occasion de sa visite de travail à la daïra d'Aïn El-Turck, initialement programmée pour hier samedi mais finalement reportée suite aux dernières intempéries. «C'est la face cachée de notre commune. Aussi longtemps que je m'en souvienne, jamais un wali n'est passé par là. L'escorte file tout droit vers le chef-lieu de la municipalité, où elle fait une toute petite halte avant de poursuivre son chemin vers la corniche. Quant à la partie haute de Mers El-Kébir, la zone la plus étendue et peuplée pourtant, elle n'a jamais figuré sur l'itinéraire officiel», regrette un habitant, enseignant de profession.

Au gros lot de problèmes que vit cette partie «oubliée» de la commune est venu se greffer un autre tracas : le phénomène «très en vogue » de la bidonvilisation. L'un des points noirs recensés dans ce registre, un bidonville érigé sur le versant du mont surplombant cette localité, à cheval entre les cités de «Jeanne d'Arc» et de «Roseville», sur une ex-EAI dont l'exploitant a été déchu dans les années 1980. Retour en arrière, vers l'été 2011. A cette époque-là, suite à des informations qui lui ont été parvenues, faisant état d'un début de bidonville avec l'émergence d'une vingtaine de plateformes en béton sur cette colline donnant vue sur la base navale de Mers El-Kébir et avertissant contre une possible recrudescence de phénomène, le wali avait aussitôt instruit le chef de daïra et le SG de l'APC de Mers El-Kébir, notamment, pour éradiquer ce point noir.

Il avait clairement signifié aux responsables locaux de cette collectivité, à l'instar de leurs homologues des autres daïras, qu'ils étaient investis d'un pouvoir dérogatoire leur permettant d'agir en franc-tireur contre ce type d'infraction, c'est-à-dire de mener combat via une démarche «décentralisée» au moyen de réquisition de la force publique auprès des services de sécurité territorialement compétents. Mais les directives du chef de l'exécutif sont restées paroles en l'air, la daïra et l'APC n'ayant pas daigné lever le moindre petit doigt contre les auto-constructeurs hors la loi. Conséquence : ce qui n'était au départ qu'une vingtaine de pré-fondations a fini par se muer, en l'espace de deux années, en quartier grandeur nature, qui ne cesse d'ailleurs de se dilater inexorablement dans tous les sens.

Côté pouvoirs publics locaux, c'est le silence déconcertant, avec le retour de temps à autre du même discours : «On a établi des arrêtés de démolir mais c'est bloqué au niveau de la réquisition à la gendarmerie». Dernier fait en date : la coupure de la route qui relie le giratoire de Roseville (là où un jet d'eau vient d'être aménagé sur la RN 2, à l'entrée de Mers El-Kébir) au CW 44 débouchant sur la corniche supérieure, et ce suite à des torrents de boue charriés par la pluie à cause des travaux de terrassement sauvage entrepris par les indus auto-constructeurs. En effet, charrié par les eaux pluviales qui ont creusé leur lit sur le sol, du haut de la plaine en paroi au béton, un gros tas de terre et de pierres s'est amoncelé sur la chaussée de cette route, interrompant le trafic automobile.

Même les piétons ont été pris en otage de part et d'autre de cet amas boueux. Et ce n'est là qu'un désagrément parmi tant d'autres subis par les «autochtones»: déversement des eaux usées, branchement illicite au réseau d'électricité, obstruction des voies d'accès, insécurité?