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Les dernières intempéries, enregistrées à Oran et ses environs, en fin de
semaine dernière, ont fini par réveiller les vieux démons d'une ville qui
cultive le paradoxe de prétendre au statut de métropole, sans pour autant être
capable de faire face à une pluviométrie à peine au-dessus de la norme. Ni la
multiplication du nombre d'avaloirs, ni encore les motopompes acquises
dernièrement par les communes, pour lutter contre les inondations, ni encore
les budgets spéciaux dégagés pour les zones inondables de la wilaya pour les
doter de stations de relevage destinées à pomper les eaux vers la steppe d'El
Kerma, n'ont été suffisants pour éviter la catastrophe à laquelle les Oranais
ont assisté, en toute impuissance.
Le wali d'Oran avait évoqué, récemment, à l'occasion de la Journée mondiale de la Protection civile, le gap qui existe entre le nombre d'avaloirs dont dispose la wilaya, et ses besoins réels, comparé à d'autres villes européennes de même dimension. «Le réseau des eaux pluviales de la wilaya d'Oran dispose d'un peu plus de 8.000 avaloirs, alors que ses besoins réels sont estimés à pas moins de 45.000 avaloirs», avait, en effet, indiqué M. Abdelmalek Boudiaf. Le chef de l'exécutif avait assisté, lors de cette célébration, à une exposition des nouveaux moyens acquis par l'unité de déblaiement de la Protection civile, notamment des motopompes qui sont justement utilisées pour l'évacuation des eaux, en cas d'intempéries. Tout en soulignant l'apport que peut constituer un tel matériel pour le pompage des eaux, en cas d'une pluviométrie importante, M. Boudiaf n'avait pas manqué de mettre l'accent sur le caractère «exceptionnel» que peut représenter le recours à ce type de matériel. La solution, la plus viable, passe, selon lui, par un curage régulier du réseau et la création de nouveaux avaloirs. Le wali d'Oran avait donné exemple sur la ville espagnole de Barcelone, qui dispose de 87.000 avaloirs, selon un exposé, présenté dernièrement, par la Société de l'eau et de l'assainissement d'Oran (SEOR) dont le conseil d'administration est, rappelle-t-on, dirigé par des cadres de la société espagnole «Agbar». Aussi, et en plus de la voirie, et des défaillances qu'elle a laissé paraître, suite à l'inondation de plusieurs sites, le bâti de la ville n'a pas, non plus, échappé à cet hécatombe. Des immeubles nouvellement réceptionnés, ou encore des immeubles ayant bénéficié récemment de travaux de réhabilitation ou de restauration ont été submergés par les eaux. Pour beaucoup de gestionnaires de la ville, il s'agit là « d'une conséquence proportionnelle à la pluviométrie enregistrée, dans un laps de temps très réduit.» Que dire, alors, des vieux quartiers de la ville et de leur vieux bâti dont les habitants ont vécu un vrai cauchemar avec son lot de dégâts matériels et humains. |
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