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Infiltrations d'eau dans une nouvelle cité LSP attribuée par l'AADL : Les bénéficiaires veulent saisir la justice

par Sofiane M.

Depuis leur livraison, en septembre 2012, par l'Agence d'amélioration et de développement du logement (AADL), les immeubles de la cité 260 logements sociaux participatifs cumulent les malfaçons. Plusieurs imperfections de construction visibles à l'œil nu (exécution rapide et peu soignée des travaux de finition, qualité médiocre du plâtre, peinture qui s'écaille très vite?) ont été constatées par les bénéficiaires.

En outre les dalles ont été réalisées sans isolation acoustique pour éviter la propagation du bruit ce qui est à l'origine de conflits de voisinage entre les occupants des lieux. Mais le plus grave des imperfections a été dévoilé grâce aux dernières intempéries de la semaine dernière. D'importantes infiltrations d'eau ont eu lieu dans plusieurs immeubles de cette cité. L'immeuble B1 a été le plus touché par ces infiltrations d'eau qui ont endommagé les 3 appartements du 1er étage, les cages d'escalier et d'ascenseur, la cave ainsi que les locaux situés au rez-de-chaussée.

Plus inquiétant, ces importantes infiltrations d'eau menacent le poste transformateur installé par Sonelgaz, au rez-de-chaussée, qui approvisionne les 260 appartements de cette nouvelle cité, dont les travaux de construction avaient été confiés par l'AADL à une entreprise chinoise. Les propriétaires des lieux redoutent que ces infiltrations provoquent un court-circuit dans le poste de transformation ou dans l'ascenseur. L'eau s'est, en effet, infiltrée même à l'intérieur de la cage d'ascenseur, pourtant réalisée en coffrage en béton. Les infiltrations d'eau ont provoqué des dégradations dans les appartements du 1er niveau de l'immeuble B1. «L'eau a inondé le salon de mon appartement. J'ai été contraint d'utiliser une serpillière pour évacuer l'eau», regrette cet habitant. Un autre qui a laissé son appartement inoccupé a été stupéfait, en constatant l'ampleur des dégâts occasionnés par ces infiltrations.

L'AADL, maître d'ouvrage de tout le projet, n'a pris à ce jour aucune mesure pour remédier à la situation. Face à l'inaction de l'AADL, les propriétaires se préparent à intenter une action en justice. Les habitants ont fait appel à un huissier de justice pour établir un constat des lieux. Des photos des parties endommagées de l'immeuble en question ont été prises par les propriétaires qui exigent, désormais, réparation pour tous les préjudices causés par cette agence. Selon nos interlocuteurs, le projet en question a connu plusieurs péripéties, depuis son lancement il y a 6 ans. Lorsque les premiers bénéficiaires avaient postulé pour ce projet en 2007 au prix de 250 millions pour un F4 d'une superficie de 80 m², ils n'y réfléchissent pas à deux fois. Mais chemin faisant, la transaction s'avérera être tout sauf une bonne affaire. Non seulement le prix des logements a augmenté de 30 millions de centimes mais la superficie des logements s'est rétrécie à seulement 65 m² ! Au lieu des F4 les bénéficiaires qui disposent pourtant d'attestations de réservation ont eu droit à des F3. Une fois les clefs attribuées, les bénéficiaires ont commencé, peu à peu, à découvrir les imperfections dans la construction de ces logements confiée par l'AADL à une société chinoise. «Il a suffi de quelques gouttes de pluie pour transformer cet immeuble en une passoire. Comment le CTC a donné le feu vert à cette société chinoise qui a abandonné la cité projet , en dépit de l'existence d'une garantie d'une année», s'interrogent les propriétaires. Et d'enchaîner «nous avons contacté par téléphone, vendredi matin, le chef de projet chargé par l'AADL du suivi des travaux, mais il nous a injuriés avant d'interrompre la communication». Les propriétaires vont adresser une pétition aux services habilités pour exiger, outre la réparation des dégâts occasionnés à cet immeuble, une commission d'enquête pour mettre toute la lumière sur les imperfections de ce projet, en particulier en matière de travaux d'étanchéité. Mobilisés, les propriétaires menacent désormais de porter cette affaire devant les instances judiciaires.