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Ali Kafi, ancien
Président du Haut Comité d'Etat (HCE), est décédé hier dans un hôpital
genevois. En moins d'une année, l'Algérie aura perdu trois anciens «Chefs
d'Etat». L'année 2012 aura été sombre pour les Algériens, avec d'abord le décès
le 11 avril de Ahmed Ben Bella, et de Chadli Bendjedid, quelques mois après, le
6 octobre.
La dépouille du défunt devait être rapatriée hier après-midi en Algérie et exposée aujourd'hui, à compter de 9h00, au palais du Peuple, afin de «permettre aux membres des corps constitués et à la population de se recueillir à la mémoire du défunt», a indiqué un communiqué de la présidence de la République. L'enterrement aura lieu aujourd'hui, après la prière du Dohr, au Carré des martyrs, au cimetière d'El-Alia. L'homme avait surtout émergé dans les années 1990 pour le commun des Algériens, qui ne connaissaient pas son parcours militant, combattant et post-indépendance. Kafi, avec Ali Haroun, Khaled Nezzar, Tidjani Haddam et Boudiaf, qui assurera la présidence du HCE avant son assassinat à Annaba, faisait partie des cinq membres du Haut comité d'état, mis en place après la démission de Chadli Bendjedid de la présidence la République alors que montaient les prémices du terrorisme à la suite de l'arrêt du processus électoral en 1991. Selon un communiqué de la présidence de la République, Ali Kafi est décédé hier à Genève des suites d'une maladie à l'âge de 85 ans. On n'en saura pas plus sur sa maladie. Mais, selon des sources informées, le président Bouteflika s'est personnellement rendu à son chevet il y a tout juste quelques jours. Un deuil officiel de huit jours a été décrété par la présidence sur tout le territoire national. Né le 17 octobre 1928 à M'Souna, près d'El Harrouch, dans une famille d'agriculteurs modestes proches de la confrérie Rahmaniya. C'est son propre père, Cheikh El Hocine, qui se chargea de son éducation, dont l'enseignement du Coran. Militant actif du PPA et du MTLD, il a complété en Tunisie à la célèbre Zitouna son éducation. En 1952, il est cependant expulsé pour avoir été «trop» actif aux yeux de l'administration française après avoir été emprisonné pendant six mois. Avant d'entrer dans les rangs de l'ALN et de participer en tant que moudjahid puis chef de la wilaya II historique avec rang de colonel, Kafi a été enseignant dans une école de Skikda tenue par le MTLD. Après l'indépendance du pays, il est nommé ambassadeur d'Algérie dans plusieurs pays, au Liban en 1963, en Syrie en 1966, en Tunisie en 1975 et a représenté l'Algérie en 1975 auprès de la Ligue arabe alors installée à Tunis. Il a également exercé comme diplomate en Egypte, en Irak et en Italie. En 1990, il devient secrétaire général de l'Organisation nationale des moudjahidine (ONM). Le 11 janvier 1992, il a été nommé membre du Haut comité d'Etat, installé après la démission du président Chadli Bendjedid. Il succède le 2 juillet 1992, en tant que président du HCE, à Mohamed Boudiaf, assassiné le 29 juin 1992. De 1994 à 1996, Ali Kafi reprend la direction de l'ONM, avant de se consacrer à l'écriture de ses mémoires. |
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