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Le Salon du livre, qui se tient pour la première fois à Constantine du 13
au 19 avril courant, a été ouvert samedi dernier sous un grand chapiteau
installé sur l'esplanade du palais de la culture Malek Haddad, avec des
prolongements à l'intérieur du complexe du fait que plus d'une centaine de
maisons d'édition, plus exactement 108, venues de toutes les régions, notamment
de la capitale, y participent.
Dès la seconde journée, les stands ont été pris d'assaut par une foule avide, des pères de famille avec femme et enfants cherchant à joindre l'utile à l'agréable en trouvant un motif d'évasion et en cherchant aussi un livre qui pourrait contribuer à la formation des enfants. «Le salon a atteint sa vitesse de croisière du point de vue fréquentation», nous a déclaré hier le directeur de la Culture M. Djamel Foughali, qui se trouve être également un écrivain, auteur de plusieurs ouvrages littéraires et qui tient à marquer chaque jour sa présence à l'exposition. Rencontrée hier au niveau d'un stand, une famille composée du père, de la mère et trois enfants, une fille et deux garçons, nous a déclaré qu'ils viennent chaque jour visiter, surtout les stands de livres pour enfants qui sont nombreux dans ce salon. Interrogée sur l'affluence, le père de famille avoue qu'à certaines heures de la journée, on se déplace avec difficulté sur les allées tant les visiteurs sont nombreux. Et sur ce chapitre, dit-il, c'est les stands des livres religieux et du livre pour enfants qui se partagent le plus gros des visiteurs. «Pour le reste, nous a confié un visiteur portant un gros sachet plein de livres qu'il venait d'acheter, ce sont les stands des grandes entreprises nationales, comme l'ENAG et l'ANEP, qui sont les plus fréquentés par les visiteurs car, chez ces éditeurs, les prix sont plus abordables et on y trouve aussi divers ouvrages anciens qui ont été réédités». Et l'affluence, paraît-il, augmente chaque jour. Côté éditeurs, la satisfaction est visible, surtout chez les constantinois, car cette manifestation qui se tient pour la première fois dans leurs murs constitue une aubaine en ce sens qu'elle leur permet de sortir de l'anonymat, de communiquer et de rencontrer le public pour s'informer sur ses goûts et ses tendances. A ce titre, nous avons rencontré la gérante d'une jeune maison d'édition qui a tenu à nous brosser un tableau succinct de la profession. Aussi, Mlle Merdaci, directrice-gérante d'une jeune maison d'édition qui a débuté voilà cinq ans, nous dira d'entrée que les éditeurs constantinois rencontrent beaucoup de difficultés dans leur profession. «La première d'entre elles, dit-elle, réside dans le financement qui permet de lancer des grands livres: il faut beaucoup d'argent et nous manquons d'aide parce que prendre un livre du début jusqu'à sa commercialisation, c'est tout un processus technique, allant du choix du livre lui-même jusqu'à sa promotion, la publicité qui doit accompagner sa parution jusqu'à la distribution, cela suppose de gros moyens. Et contrairement à leurs homologues de la capitale qui bénéficient souvent des subsides distribués par les organes étatiques et étrangers, les éditeurs décentralisés doivent compter sur eux-mêmes». D'autres participants, après avoir indiqué que les éditeurs à Constantine se comptent sur les doigts d'une seule main, ont formulé le souhait qu'à travers la tenue de ce salon dans leurs murs, leur famille puisse s'agrandir et s'affirmer. «Reste que, pour s'imposer, il faut se battre durement», ajoute un éditeur. Quand nous avons abordé la question des tarifs des livres, ces éditeurs ont été unanimes à dire que «cela représente un véritable casse-tête pour l'éditeur». Et d'expliquer qu'au bout du processus final qui consacre la naissance d'un livre et sa mise sur le marché, ils doivent faire face au souci de fixer un tarif accessible à un lectorat très large. «Mais il n'est pas toujours évident de s'en sortir, financièrement parlant, et ce quel que soit le tarif à fixer». La distribution est un autre défi que doit relever l'éditeur. S'il n'assure pas lui-même la distribution, l'éditeur est obligé de requérir le concours d'un distributeur qui va prendre, bien sûr, une marge bénéficiaire. Du coup, la marge de l'éditeur s'amoindrit. «Et il faut encore trouver le bon distributeur, c'est-à-dire la personne de confiance qui fait son travail avec sérieux. Cela aussi représente un casse-tête pour l'éditeur», a conclu enfin un éditeur parmi le groupe que nous avons abordé. |
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