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Est :
Le débrayage dure depuis le 2 avril: La direction de Transcannal saisit la justice
par A. El Abci L'entreprise d'irrigation Transcanal «Est» de Hamma Bouziane a introduit,
hier, une action en référé d'heure en heure contre plus d'une centaine de
travailleurs de l'entreprise, accusés d'avoir déclenché une grève «illégale»,
et d'occupation «subversive» du siège de l'unité de production, empêchant leurs
collègues non-grévistes de travailler, par utilisation de menaces et de
violences.
Dans le document de la requête déposée devant la justice, la direction de Transcanal «Est» indique que la grève, datant du 2 avril en cours, situation qui est confirmée par plusieurs PV successifs de l'huissier de justice et par les rapports du directeur de production et le responsable de la sécurité de l'unité, commence à avoir des effets néfastes sur l'entreprise. «Situation qui porte les germes de déstabilisation de l'entreprise la menaçant jusque dans son existence», est-il ajouté. Selon le même document, la section syndicale de l'unité en question s'est démarquée dès le départ de ce débrayage, le considérant comme illégal. Aussi, par le biais de cette requête, l'entreprise sollicite un ordre d'évacuation du siège de l'unité de Hamma Bouziane, pour lui permettre de reprendre ses activités de façon ordinaire. Selon des employés de Transcanal «Est» (unité de Hamma Bouziane) convoqués par la chambre des référés du tribunal de Constantine, le mouvement de protestation a commencé par un sit-in demandant, notamment, l'organisation d'une assemblée générale pour désigner des représentants syndicaux pour discuter en leur nom avec la direction. Car, disent-t-ils, la section syndicale existante est un syndicat «maison», qui ne représente que les personnes qui y sont et non les travailleurs. Concernant l'occupation du siège et l'empêchement des non-grévistes de travailler, ils diront, «qu'au contraire, c'est la direction de l'entreprise qui a fermé les portes et nous empêche d'y pénétrer». Et de faire savoir, «chaque matin, nous nous pointons devant le portail de l'unité et trouvons celui-ci toujours fermé». Selon nos interlocuteurs, les revendications des 250 travailleurs de Transcanal portent notamment sur d'abord l'attribution des primes et bénéfices gelés depuis deux ans, une augmentation de salaire de base, ensuite la fin de la (hogra) et la fin de certains dépassements, à l'instar, soulignent-ils, de recrutement «abusif», le droit à la promotion, l'institution d'une prime d'ancienneté aux employés de 10 ans et plus. A l'heure où nous mettons sous presse, le verdict du tribunal n'a toujours pas été prononcé. |
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