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Grave pénurie de poches d'évacuation : Plus de 400 malades en détresse

par Mokhtaria Bensaâd

 

« Si nous avons le choix entre un pain et une poche, on préfère la poche qui est notre oxygène et qui nous permet de vivre avec dignité». Une expression qui résume le calvaire que vivent quotidiennement les malades ayant subi une colostomie ou une urostomie et dont la vie dépend d'une poche. Des poches d'évacuation qu'ils sont obligés de porter pour recueillir les urines et les selles et qui depuis cinq mois sont indisponibles au niveau de l'ONNAPH, le distributeur de ce produit. Cinq mois de pénurie de poches qui a poussé certains malades a l'extrémité de la détresse, nous confie M. Abdelkader Lazadj, responsable de la cellule d'écoute de ces patients à titre bénévole et qui est lui aussi stomisé. «Une angoisse terrible de vivre sans poche. C'est toute une vie qui s'arrête pour un malade stomisé. Il ne peut plus sortir ni recevoir. Les gestes les plus simples deviennent difficiles voire impossibles», nous dira M. Lazadj. Ils sont 450 malades vivant avec des poches suite à un cancer ou un traumatisme ou une ablation, qui crient leur détresse chaque fois qu'il y a manque de poches. Ces pénuries deviennent de plus en plus fréquentes et insupportables pour ces malades.

«Nous avons frappé à toutes les portes mais notre problème persiste», nous dira le responsable de la cellule d'écoute. Bon nombre de malades n'ont d'autres recours que de solliciter les quelques rares pharmacies où l'on peut trouver une ou deux poches. Pourtant, assure notre interlocuteur, ces malades sont assurés et doivent être pris en charge. Pour attirer l'attention des responsables sur cette crise répétée, une lettre a été adressée au ministère de la Santé l'interpellant à intervenir et à mettre fin à ce calvaire.