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Des ados de 14 et 16 ans parmi les vainqueurs de la Startup Weekend d'Oran

par Yahia Benaïssa

"Handis", une plateforme de collaboration basée sur le Cloud Computing entre les maîtres d'ouvrages et les intervenants dans le domaine d'étude des constructions, "Rappory", une application smartphone de gestion de rapports, "Douga Douga", un dispositif intelligent de limitation de vitesse, et "Brahplay", un jeux vidéo 100 % algérien, sont les lauréats de la Startup Weekend d'Oran. Le récit de 54 h d'une intense compétition?

Au bout de trois journées d'intenses travaux, la première Startup Weekend d'Oran (SWO) s'est clôturée samedi dernier, en fin d'après midi, par la désignation de quatre lauréats (au lieu des trois prévus) récompensant les meilleurs projets parmi les onze présélectionnés dès les premières heures de la compétition. La SWO a livré de grosses surprises. Parmi les lauréats, des jeunes qui n'ont pas passé le stade du collège d'enseignement moyen. L'exemple du jeune Abdelhak Sid-Ali Mebarek est, à ce titre, édifiant. Cet adolescent, qui passe cette année son BEM, a tronqué, le temps d'un weekend, son statut de collégien pour celui de designer au sein d'une équipe qui a fini par remporter le premier prix de la SWO pour sont projet de cloud computing baptisé "Handis" destiné aux professionnels du secteur du bâtiment. Les idées de trois autres équipes ont réussit à séduire le jury pour compléter un podium à quatre. Le niveau élevé des compétiteurs a poussé les membres du jury de désigner quatre startups lauréates au lieu des trois prévues initialement. Les vainqueurs retenus vont intégrer, une année durant, l'incubateur de startups, opérationnel depuis ce mois d'avril au sein même de l'Institut des Télécommunications et des Technologies de l'Information et de la Communication (ITTIC). Le jury a décerné le deuxième prix à "Rappory", une application mobile Android et iOS, un site Web en cours de construction, de gestion et d'édition de rapports en ligne. Le troisième projet retenu c'est "Douga Douga", un système de limitation de vitesse intelligent qui, intégré à une voiture, a accès via GPS à une base de données des panneaux d'indication. Exceptionnellement dans ce genre de compétitions, une quatrième startup a été retenue parmi les lauréats de la SW d'Oran. Il s'agit du projet "Brahplay", un jeu vidéo 100 % algérien, dont les membres de l'équipe ont une moyenne d'âge de 16 ans.

Commencer tout petit et voir très grand

L'esprit d'une star-tup c'est de "commencer tout petit, et ne pas n'hésiter à voir très grand", n'ont cessé de répéter les coachs de la SWO aux jeunes participants à cette compétition. Une attitude complètement assimilée par les jeunes "startupers" comme le démontrent les idées développées. Et pas uniquement celles ayant réussi à décrocher les quatre premières places. "Cognitive Engine" est justement une de ces idées ambitieuses. Elle est l'œuvre d'une équipe de jeunes informaticiens qui partagent la passion des jeux vidéo. Il s'agit d'améliorer les jeux vidéo en les dotant d'un moteur d'intelligence artificielle à même de donner aux personnages un comportement des plus réalistes. Pour ces jeunes "gamers", souvent les jeux, même les plus connus, offrent des aspects graphiques quasiment irréprochables. "Mais en matière d'intelligence artificielle, les limites sont très vite perçues", soutiennent-ils. Pour eux, "cela se voit dans le comportement des personnages du jeu". "Dans les jeux de combats par exemple, on peut se trouver dans des situations où le personnage de l'ennemie continue de tirer dans une direction autre que celle où se trouve l'ennemi. Le défaut est dans l'intelligence artificielle du jeu qui limite le comportement des personnages", expliquent-ils. C'est exactement à cet aspect que proposent de remédier les initiateurs de "Cognitive Engine". L'idée a particulièrement séduit les coachs. L'un d'eux, Taha Bouarfa, un jeune entrepreneur à la tête de plusieurs startups en Algérie et en France, estime que "la passion est un paramètre primordial dans la réussite d'une jeune startup". "Quand cette passion est conjuguée avec une expertise avérée, pas nécessairement en relation directe avec le cursus de formation, elle ne peut qu'amener au succès. Comme les précédentes éditions, d'Alger, de Constantine, de Tlemcen et de Blida, la Startup Weekend d'Oran, a été une formidable aventure humaine, intense en évènements et riche en enseignements. Pour les participants comme pour les organisateurs, encadreurs, et tous ceux qui contribué de près ou de loin à cet événement dédié à l'innovation, le constat a été unanime : le potentiel est immense. Les aptitudes démontrées par les participants suscitent à la fois admiration et espoir. Comment ne pas espérer quand on voit que parmi les participants certains avaient entre 14 et 16 ans !