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Notre supplément TIC avec la collaboration de «MAGHREB EMERGENT» - Télécom : un projet de loi innovant mais le chemin reste long
par Farid Farah C'est un autre
virage qui va être amorcé par le secteur des télécommunications en Algérie,
après celui de l'an 2000, à l'origine du grand boom de la téléphonie mobile.
L'Assemblée populaire nationale (APN) examinera prochainement le projet de loi
fixant les règles applicables aux activités de la poste, des télécommunications
et à celles liées aux technologies de l'information et de la communication.
Libéraliser les télécommunications par le renforcement de la régulation et
l'introduction du marketing dans la gestion du trafic réseau, consolider le
taux de connexion à Internet en dégroupant le réseau de l'opérateur historique,
bancariser l'activité monétique d'Algérie Poste, permettre à l'abonné de
conserver le même numéro lorsqu'il change d'opérateur et garantir un
encadrement de la concurrence sont les nouveautés relevées dans ce nouveau code
des télécommunications. Ce dernier comporte plus de deux cents articles et se
donne la double fonction de réorganiser l'activité des opérateurs des
télécommunications et d'élargir le champ d'intervention de l'autorité de
régulation, ARPT. Malgré l'absence d'une définition du terme «régulation» dans
les textes de cette nouvelle loi, le régulateur, changé de traiter les
opérateurs de manière transparente et non-discriminatoire notamment dans la
délivrance des autorisations de fonctionnement, dispose désormais d'un pouvoir
de sanction à l'encontre d'eux. Ces sanctions peuvent aller jusqu'au retrait
définitif de la licence. Des poursuites pénales peuvent être engagées contre
les contrevenants du secteur par la nouvelle police chargée de localiser les
différentes infractions. En dépit du fait que la loi des télécommunications II
offre de nombreuses opportunités pour le développement des entreprises,
plusieurs imperfections peuvent être relevées. Par exemple, les litiges entre
les opérateurs doivent être réglés par voie réglementaire. La suppression du
droit à l'interconnexion engendrera l'isolement des petits réseaux. Finalement,
l'explosion de la téléphonie mobile depuis 2001 en Algérie a montré qu'une
seule loi ne saurait suffire pour traiter tous les aspects de la problématique
des télécommunications du pays. Le droit des consommateurs, les incidences sur
la santé et sur l'urbanisation et la protection des vies privées sont autant de
domaines sur lesquels il faudrait aussi légiférer dans le cadre d'une réforme
législative globale du secteur des télécommunications. Le chemin est encore
trop long.
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