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MC Oran : Réagir pour ne pas revivre le scénario de 2008

par M. Benboua

Faut-il encore croire au maintien du Mouloudia d'Oran en Ligue 1 ? La réponse pourrait être vue sous deux angles différents. Oui, si l'on considère que sur le plan comptable, rien n'est encore joué, surtout que les mal classés auront à s'affronter dans des duels directs lors des prochaines échéances. Non, si l'on prend en considération le bilan mitigé de l'équipe cette saison et plus particulièrement lors de la phase retour, avec une peu reluisante place de premier potentiel relégable. Aussi, et eu égard à la grande pression exercée sur les joueurs, l'instabilité au niveau de la barre technique et la mauvaise gestion nous poussent à répondre par la négative.

En effet, la série de six matchs d'affilée sans aucune victoire et avec un seul point en deux matches, continue d'enfoncer le club dans les profondeurs du classement, comme l'atteste la dernière déconfiture du côté de Sétif. Epargnés jusque-là par les faux pas de leurs concurrents directs, les Oranais n'ont malheureusement pas eu cette chance lors de la 22e journée, notamment après le réveil du WAT et de l'ASO. Il est évident que cette défaite risque d'affecter encore plus le moral des joueurs, qui ont été confrontés cette saison à de nombreux problèmes financiers et à un manque de considération flagrant de la part des dirigeants. Sinon, comment expliquer que Dagoulou, l'un des meilleurs joueurs du MCO, n'a pas encore encaissé ses salaires, ou encore que le secrétaire du club omet de contacter l'attaquant Sandaogo pour le déplacement à Sétif ?

Ce sont là des preuves tangibles d'une mauvaise gestion lourde de conséquences. Il faut dire que la responsabilité du duo Abdelilah-Kalaidji est entièrement engagée dans ce marasme, car la politique de l'autruche prônée tout au long de la saison a fait qu'aujourd'hui le MCO se dirige directement vers le purgatoire. Aussi, avec des joueurs qui évoluent en deçà de leurs moyens, à cause de la grande pression qui va crescendo, même les plus optimistes parmi les supporters commencent à envisager un scénario semblable à celui de 2008, lorsque le MCO avait quitté pour la première fois de son histoire l'élite du football national. Rares sont ceux qui veulent encore y croire, car comme nous l'avions dit un peu plus haut, il existe encore un mince espoir de voir l'équipe sortir de cette spirale infernale, à condition bien sûr de renverser la vapeur et de récolter le maximum de points possibles de surcroît à domicile.

En tous cas, les coéquipiers de Berradja savent que le prochain match de coupe face à l'ASO au stade Bouakeul est capital, non pas pour remporter la coupe, du moins pas pour le moment, mais dans l'optique de remettre de l'ordre au sein de la maison mouloudéenne et provoquer le déclic psychologique nécessaire en vue des prochaines rencontres en championnat. En considérant objectivement la théorie des probabilités, le MCO aura besoin de quinze points pour s'en sortir, soit gagner ses quatre prochains matchs à domicile (MCEE, USMH, USMA, ASO), et prétendre à une victoire, ou trois nuls à l'extérieur (MCA, CAB, JSS, WAT), ce qui est évidemment aléatoire. C'est dire que dorénavant le Mouloudia jouera carrément son va-tout dans des matchs semblables à ceux de la coupe, où chaque faux pas condamnera définitivement le club au purgatoire.