
C'est l'un des
plus anciens quartiers de la commune d'El-Khroub qui garde encore une adresse
«originale», soit une lecture de l'équivalent du nombre d'unités implantées, il
y a près de 24 ans, sur le site au cœur du centre-ville, en l'occurrence «la
cité des 1.038 logements», un espace limité où se côtoient, dans une confusion
effroyable, marchands informels, clients venus de toutes parts et habitants des
lieux. «Les gens vivent dans un cadre sordide», s'insurgent les résidents de la
cité des 1.038 logements. Dans une correspondance adressée aux autorités locales
(wali, chef de daïra et maire), les habitants dénoncent les conditions de vie
déplorables, provoquées essentiellement par la proximité d'un grand marché
installé dans une anarchie chronique, stationnement gênant la circulation
routière et piétonne, dans des endroits où les plaques d'interdiction ont été
arrachées par des vandales (pas étrangers aux lieux), occupation des trottoirs
par des vendeurs illicites et par les commerçants légaux dont la marchandise
déborde des locaux sur l'espace public mitoyen. Le squat des allées et des
trottoirs est une affaire banalisée par une pratique commerciale qui n'obéit à
aucune règle, ni aucun contrôle. «La situation s'est tellement dégradée avec la
convergence massive, ces derniers mois, de nouveaux marchands informels,
délocalisés d'autres sites, vers cette cité», devenue un «eldorado» de ce qui
se vend dans l'illicite, à telle enseigne qu'aujourd'hui, «on peut compter plus
de vendeurs que d'acheteurs», ironise-t-on. Ajoutant dans ce sens que «les
négoces sont tellement enchevêtrés et agglutinés les uns aux autres qu'ils
présentent un danger réel pour les habitants et pour toute la commune. Car,
nous avons tout simplement peur pour nos familles». La commune d'El-Khroub,
réputée dans toute la région et même à travers le pays pour son souk
hebdomadaire du vendredi, offre maintenant l'aspect d'une ville totalement
acquise au commerce en tous genres et chaque jour, pas besoin d'attendre le
vendredi. «Quant aux risques qui pèsent sur les consommateurs avec ces produits
douteux étalés sur les trottoirs, il faut vraiment en prendre conscience avant
d'avoir sur les bras des victimes», préviennent des habitants du quartier en
question. Dans leur correspondance, les concernés signalent que toute cette
pagaille est manifestée autour de deux établissements scolaires, le CEM Arbaoui
et le lycée Massinissa. «Imaginez un peu dans quelles conditions et dans quel
milieu vivent et se déplacent les élèves», se lamente un père de famille. «Il
faut se rendre sur place pour constater l'ampleur des dégâts», conseille-t-il.
Bien sûr, le conseil (ou l'invitation) est adressé aux autorités concernées,
qui ont «délaissé, négligé et oublié cette cité», se plaignent les riverains.
Ces derniers revendiquent une prise en charge sérieuse et rapide du cadre de
vie général. «La cité des 1.038 logements n'a bénéficié d'aucun programme de
réhabilitation depuis plus de 24 ans, il est donc grand temps de s'en occuper»,
plaide-t-on encore. Tout en affichant leur collaboration et leur contribution
avec la municipalité, dont le premier responsable depuis les dernières
élections n'est autre que le professeur Aberkane, «sur lequel repose tant
d'espoirs», comme le soulignent les habitants dans leur missive.