
A Hennaya (10
kilomètres au nord de Tlemcen), les inondations se suivent et se ressemblent.
Hay Mahata, cité des 120 logements, cité Larbi Ben M'hidi, rue de la Liberté?
même les zones rurales n'ont pas échappé au courroux de la météo.
Chaque année,
depuis la fin du cycle des sécheresses, des citoyens perdent leurs biens, leurs
plantations, parfois même leur vie, et souvent tout espoir d'être à l'abri des
prochaines averses. Les usagers de la RN 22, reliant Hennaya à Remchi,
souffrent le martyre à cause des crues qui envahissent les chaussées. La plaine
agricole de Mkacem est soumise, quant à elle, à un risque important
d'inondation dû au débordement de cet oued qui exaspère, à chaque fois, la
colère des agriculteurs et des fellahs. Oued Galiane, qui a son origine à Aïn
Hadjar et qui draine toutes les eaux usées de l'hôpital, hay Khemisti et
Hennaya, est à l'origine des inondations en période de crues de très forte
intensité. Ces derniers jours, la pluie diluvienne a fortement affecté la RN
22, au niveau de la bourgade de la coopérative des anciens moudjahidine (4
kilomètres au nord de la ville de Hennaya) et la route nationale 22, dans le
sens Remchi-Hennaya. Les canalisations vétustes de cet oued ne permettent plus
d'évacuer le surplus en eaux de crue. Les problèmes d'inondation ont commencé
depuis qu'un pont de cet oued desservant les parcelles agricoles de la plaine
de Mkacem a été obstrué (faute d'entretien) par les ordures, déchets, troncs
d'arbres et eaux usées, ce qui entrave son écoulement et provoque le
déversement sur les parcelles de terre et le ruissellement d'eau le long de la
RN 22. Les crues de l'oued, généreusement alimentées par les précipitations,
provoquent l'inondation d'une bonne partie de la RN 22 et génèrent des dégâts
importants aux chaussées (qui deviennent impraticables) et aux véhicules.
Devant leur crainte de noyer le moteur, une panique générale s'empare des
centaines d'automobilistes circulant sur cet axe qui ne savent quoi faire,
changent de voie pour circuler vers Hennaya et Tlemcen (d'où le risque de
collision avec les automobilistes circulant dans l'autre sens), ou restent
parfois bloqués pendant de longues heures à cause des crues et boues qui
submergent les lieux, ce qui soulève bien des questions sur les responsabilités
partagées de la direction des Travaux publics, de l'Hydraulique et des
autorités locales qui doivent réagir très vite en déclenchant des mesures
d'urgence et effectuer les travaux pour éviter que ces inondations ne se
répètent à chaque fois, et réguler le débit en amont des cours d'eau grâce à la
création ou à la restauration des champs d'expansion des crues. Aujourd'hui, il
est urgent de procéder à l'aménagement de cet oued (canal en béton armé,
construction de dalot, stabilité des talus, curage, entretien des berges,
contrôle strict des dépôts des ordures) afin d'éviter les déversements sur la
RN 22 et pour assurer la continuité d'évacuation des eaux de l'oued vers la
plaine de Mkacem. Il faut souligner dans ce contexte, que la politique de
prévention des inondations, qui s'occupe essentiellement de gérer les risques
d'inondation, est quasi absente dans nos communes, qui doivent avoir à leur
charge la prise en compte du risque, alors que l'Etat doit s'occuper de rendre
effectifs les plans de prévention des risques naturels pour les communes les
plus menacées.