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Les fêtes se succèdent et se ressemblent !

par A. Mallem

Et C'est donc pareil pour la seconde journée des fêtes de l'Aid-El-Fitr qui, à peu de choses près, a été identique à la première, en raison de la vacuité qui les caractérise sur les plans économique et commercial: boutiques et restaurants fermés par manque d'approvisionnement, surtout en ce qui concerne le pain et le lait, circulation piétonne et de véhicules considérablement réduite à partir de midi, etc.

Et c'est l'atmosphère propice à la farniente qui s'installe partout. Pourtant, le matin la ville a connu une vive animation de par les processions des familles, souvent accompagnées de leurs enfants qui, tradition oblige, se sont dirigées vers les cimetières pour rendre visite à leurs chers disparus, par les groupes d'enfants endimanchés qui jouent aux pieds des immeubles, des maisons, qui se pressent, devant les photographes ambulants pour immortaliser les souvenirs d'un jour de fête. Aussi, l'activité commerciale est nulle. Les marchés du centre-ville ont bien ouvert leurs portes en cette seconde journée de l'Aid, mais les stands et les étals sont demeurés quasiment fermés. A part, quelques marchands de fruits et de légumes qui proposaient des petites quantités de produits, mais il faut dire que ces derniers étaient plutôt poussés par le souci d'écouler au plus vite des produits qui risquaient d'être avariés à cause de la chaleur.

Les magasins situés tout le long de la grande rue commerçante Larbi Ben M'hidi gardaient les rideaux fermés. L'entrée de Sidi-Bouanaba connue par toute une nuée de marchands de pain informels qui écoulaient ce produit sur les deux cotés de la rue, à coté des rigoles et des bouches d'égoûts, étaient pratiquement désertes à midi, car les rares marchands qui s'étaient procurés de bon matin, des fournées de pain chez les boulangers de la vieille ville, ont vite fait d'écouler les quantités mises en vente. La quasi-totalité des boulangers semblent avoir ignoré superbement le mot d'ordre, lancé avant l'Aid leur demandant d'assurer le service à partir du 2ème jour de fête, et n'ont pas du tout fonctionné à cause, ont-ils dit, d'un manque d'ouvriers qui sont partis passer l'Aid avec leurs familles. Coté restauration, seules quelques échoppes de Rahbet Lejmal ont ouvert pour servir la soupe de pois chiche aux passagers et, aux tenants des boutiques vestimentaires qui, paradoxalement étaient nombreux à ouvrir en ce deuxième jour de l'Aid, alors que la clientèle est quasiment absente. A midi trente, nous avons rencontré dans cet endroit habituellement très animé quelques ressortissants de pays subsahariens, désemparés, qui erraient à la recherche de nourriture en se posant des questions sur cette étrange vacuité. «C'est pourtant un jour de fête !», s'est exclamé l'un d'eux. Rencontré dans un café et interrogé sur ce sujet, un restaurateur a rétorqué « comment veux-tu ouvrir alors qu'il n'y a pas de cuisiniers, de serveurs et encore moins de pain ?» Point de lait aussi et les dépositaires habituels, ainsi que les magasins ont gardé les rideaux fermés.

Sur un autre plan, nous avons constaté que dès les premières heures de la matinée, la ville et sa périphérie ont connu le va et vient incessant des véhicules et de gens qui rendaient visite à leurs proches pour passer ensemble des moments de fête. Pendant cette courte période, les taxieurs réguliers et les clandestins travaillent à plein régime en s'occupant de conduire les uns vers les quartiers, plus ou moins éloignés et, les autres dans les cimetières pour rendre visite à leurs morts. Travaillant essentiellement à la course, ils font des affaires en or. Toutefois, à partir de 13h, l'animation a cessé et la circulation automobile qui donnait du fil à retordre aux constantinois par temps normal dans leurs déplacements, a été réduite à sa plus simple expression. Un silence apaisant et d'autant plus inhabituel s'est installé alors au centre-ville et dans les quartiers, laissant la place à la sieste réparatrice d'une population qui sortait d'un mois de Ramadan harassant.