
Ils ont à peine
treize ans, les Achour Djawad, Slimani Djawad et son frère Nabil et furent les
initiateurs d'une action de nettoyage à ravir l'envie hygiénique des adultes. «
Nous voulons fêter l'Aïd dans un environnement propre pour ne pas salir nos
vêtements neufs » déclarent-ils aux curieux, hébétés de voir ces garnements à
l'œuvre, en train de nettoyer devant les imposants bâtiments qui abritent le
gîte parental.
L'Aïd ayant été
différé au dimanche 19, ils consacreront l'aube du samedi et jusqu'au milieu de
la matinée à entretenir les parterres, ramasser les ordures dispersées par les
reniflards, entasser les papiers, les cartons, le plastique éparpillés par le
sirocco de la veille et décrocher les bourses collées aux branches de quelques
arbustes préservés pour rompre la monotonie d'un espace rongé par la saleté,
l'insalubrité et surtout l'incivisme du citoyen. Ce trio de volontaires de la
seconde pousse fut rejoint par des adolescents, Maamar, Oussama, Berroukèche
sous la houlette d'un voisin épris de salubrité qui mania, depuis son balcon du
1er étage, le tuyau d'arrosage pour donner de l'eau et de la vie à l'espace
nettoyé. Et l'exemple aura servi car au final, et outre les encouragements des
adultes, il fut concerté l'organisation d'une opération de nettoyage à grande
échelle « de quoi faire pâlir de jalousie la déesse grecque de la santé et de
la propreté ?Hygie' et susciter l'adhésion du voisinage, afin d'éviter le
recours a Panacée, la déesse guérisseuse », dira un témoin n'ayant pas hésité à
mettre la main au balai, et d'ajouter à l'adresse des hésitants « que
l'hygiène, qui se base sur le nettoyage, la désinfection et la détersion, est
un enjeu de santé publique, pour l'accès à un environnement sain et propre ».
Et l'Aïd fut fêté dans la joie.