
Le conflit opposant le ministère de la Santé aux praticiens spécialistes
s'enlise. Hier, le Syndicat national des praticiens spécialistes de la santé
publique (SNPSSP) a organisé un sit-in devant le ministère de tutelle, mais
seuls quelques dizaines de médecins ont répondu à l'appel. L'enceinte du
ministère a été fermée aux grévistes. Mohamed Youssefi, président du SNPSSP,
qualifiera ce fait de «dérive» parmi tant d'autres que le ministre de la Santé
n'arrête pas de commettre». Le président du SNPSSP parlera de la fermeture de
toutes les portes de dialogue par la tutelle qui, selon lui, «incombe au
ministre de la Santé». Youssefi reproche au ministère de fuir sa responsabilité
car «il n'a rien à nous proposer». «Et c'est la raison pour laquelle,
affirme-t-il, qu'on nous cherche des problèmes en disant que notre syndicat
(SNPSSP) serait illégal pour ne pas avoir tenu les assises de renouvellement de
nos structures». Et d'ajouter que d'un point de vue de légalité, l'action du
SNPSSP est largement justifiée. «D'abord, affirme Youssefi, nos structures de
base ont été renouvelées et notre congrès sera tenu en ce mois de mai». La loi
d'ailleurs accorde un répit de 6 mois aux syndicats sortants pour la tenue de
leur congrès, ajoute-t-il. Donc, conclut ce syndicaliste, «nous sommes dans la
légalité». Dans ce même sillage, Youssefi s'en est pris au ministre lui-même
lui reprochant d'être «à la tête de l'Union médicale algérienne (UMA) depuis 18
années et qu'il serait mieux pour lui de balayer devant sa porter et laisser ce
syndicat à qui de droit». Et d'ajouter que d'ailleurs cette question relève des
prérogatives du ministère du Travail et non du département de la Santé.
Il est à rappeler que le SNPSSP est en grève depuis la fin du mois de
mars et une grève illimitée sera déclenchée à partir du 22 mai. Les
revendications des spécialistes de la santé portent sur l'amendement de leur
statut, de les aligner pour ce qui est de certaines primes avec les
hospitalo-universitaires, le droit au logement? Le président du SNPSSP n'a pas
omis de dénoncer «des pratiques répressives, commises cette fois-ci par des
directions de la santé publique notamment dans la wilaya de Tiaret. A propos du
service minimum, le SNPSS affirme qu'il est de son devoir d'assurer une
couverture des cas d'urgence notamment dans les services de «cancérologie».