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Vers le dénouement : Deux chalutiers algériens quittent Tabarka

par A. Ouêlaa

La situation semble se dénouer au niveau du chantier naval de Tabarka en Tunisie. En effet, deux chalutiers appartenant à des armateurs algériens ont pu, dans l'après-midi de samedi, quitter le port de Tabarka pour regagner leurs ports d'origine en Algérie. Alors que les deux autres chalutiers encore en réparation pourront le faire dès que les travaux seront achevés, apprend-on.

 Par ailleurs, nous avons appris auprès des marins algériens présents à Tabarka pendant le conflit ayant conduit des marins tunisiens à bloquer les chalutiers algériens en représailles à la condamnation de trois des leurs, que c'est une femme, épouse de l'un des marins condamnés, qui a incité au mouvement de contestation surtout lorsqu'un chalutier algérien muni des autorisations nécessaires a pu quitter tôt le port de Tabarka jeudi passé. S'en est suivi alors le blocage du port par une cinquantaine d'embarcations. Suite à la tournure prise par les événements et devant les enjeux économiques, surtout pour les Tunisiens, on n'a pas manqué de présenter des excuses aux armateurs algériens pour le préjudice qu'ils ont subi.

 Pour rappel, la condamnation de marins tunisiens pour entrée illégale sur le territoire national et vol de corail a connu des développements inattendus après la tentative de proches des marins tunisiens de s'en prendre aux bateaux de pêche algériens se trouvant en réparation au niveau du chantier naval de Tabarka. Le président de l'association nationale des marins pêcheurs, relevant de l'UGCA, M. Hocine Bellout, avait tiré la sonnette d'alarme pour attirer l'attention sur les risques de dérapage de la situation. L'affaire a commencé à la suite de l'interpellation par les gardes-côtes de 6 marins tunisiens à bord d'une embarcation de 9 mètres au niveau de la zone maritime frontalière, au large d'Oum Theboul, avec en leur possession 750 g de corail et du matériel de pillage du corail. Ce qui n'a pas été du goût des familles des accusés originaires de Tabarka qui ont ameuté les autres marins et des proches pour engager des mesures de rétorsion et faire pression sur les autorités algériennes. Ils se sont rendus au niveau du chantier naval de Tabarka où se trouvaient des bateaux de pêche algériens qui étaient en réparation pour les incendier. Fort heureusement, leur tentative sera mise en échec par les services du port de Tabarka. Les marins algériens se sont retrouvés par la suite pris dans un piège. Ils avaient alerté le consul d'Algérie établi dans la ville de Kef qui se déplaça sur les lieux et fut pris à partie par les contestataires.