|
Comme chaque mois de Ramadhan, des estaminets et autres établissements
publics de la ville se transforment en lieux de jeux de hasard. Les
interminables parties de dominos et autres jeux de cartes, constituant
l'essentiel de l'ambiance des cafés maures notamment, font grise mine devant
les véritables «casinos», qui poussent comme des champignons dès l'entame du
mois sacré. En effet, le bingo, à titre d'exemple, entre autres, est devenu le
plus prisé à Oran. Ce jeu consiste à marquer des chiffres sur une tablette et
attendre que la roulette désigne les numéros gagnants. Des sommes d'argent
considérables changent de mains, furtivement, dans ce jeu de hasard où le
gérant de l'établissement organisateur bénéficie, évidemment, d'un certain
pourcentage, fixé au préalable. Les tables de jeux sont prises d'assaut
quelques instants après le f'tour et les joueurs ne les quittent qu'un court
laps de temps avant l'appel de la prière du matin.
Même constat dans certains estaminets et autres lieux privés notamment, qui offrent aux flambeurs invétérés toutes les dispositions requises pour des parties de poker. Nombre d'organisateurs exigent une importante mise d'entrée mais cela ne décourage pas pour autant les joueurs. Beaucoup, qui estiment posséder une bonne main, n'hésitent pas à mettre sur le pot leurs biens immobiliers ou leurs véhicules. «C'est le jeu, sur le tapis il faut savoir miser gros quand on est sûr qu'on a des chances de gagner gros. Certes, c'est de la folie, mais on doit faire avec, sinon ce n'est pas la peine de s'attabler», a expliqué un mordu du poker. Un état de fait similaire est relevé chez les joueurs de rami où la donne n'a absolument rien à voir avec celle qui est jouée en famille. Là aussi, il faut avoir les poches pleines pour prétendre participer à une descente à 120 points. «Il est rare le véritable gagnant. Car celui-ci revient en général, allègrement, le lendemain, pour perdre ce qu'il a gagné la veille et souvent bien plus. C'est la devise du pile, je gagne, face, tu perds», a renchéri notre interlocuteur. «Avec ses mini-casinos et ses multiples salles de jeux, Oran n'a rien à envier à Monaco ou à Los Angeles. Il ne lui manque que les machines à sous», a fait remarquer un visiteur occasionnel. |
|
|||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||