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Sur les 7.410 travailleurs de la santé: 31 personnes vaccinées contre la grippe A

par Sofiane M.

Sur les 7.410 travailleurs du secteur de la santé publique concernés par la vaccination contre la grippe A H1N1 à Oran seuls 31 ont été immunisés à travers toutes les structures sanitaires de la wilaya. Ce piètre bilan est dû apparemment aux craintes du corps médical des effets secondaires dangereux de ce nouveau vaccin sur la santé et en particulier le syndrome de Guillain-barré (SGB). Durant la journée de lundi, seuls 9 personnes se sont présentées pour la vaccination contre la grippe porcine, alors que la majorité du personnel médical à Oran a tout simplement boudé ce vaccin soupçonné de causer des effets secondaires pouvant provoquer une paralysie ou même une mort immédiate. Le décès subit et non encore élucidé d'une femme médecin à la fleur de l'âge à Sétif a sans doute marqué les esprits des blouses blanches à Oran. Dimanche, première journée du lancement effectif de la campagne de vaccination, l'information relayée par de nombreux organes de presse s'est répandue comme une trainée de poudre dans les établissements sanitaires. La jeune victime âgée à peine de 35 ans est décédée jeudi des suites d'une crise cardiaque. Elle avait été immunisée quelques heures auparavant avec le nouveau vaccin contre la grippe porcine. Dès l'annonce du décès de cette jeune femme qui avait une carrière prometteuse, elle occupait le poste de chef de service de réanimation à l'hôpital universitaire Saâdna-Abdennour de Sétif, les blouses blanches ont fait systématiquement la relation entre sa mort subite et le nouveau vaccin contre la grippe A. Pour la majorité du corps médical à Oran, le verdict est sans appel : le nouveau vaccin développé rapidement par des laboratoires étrangers peut avoir des effets secondaires irrévocables sur la santé. «Cette jeune médecin aurait eu plus de chance de vivre si elle avait été contaminée par un virus de la grippe A», commente ce jeune homme. Une autopsie a été menée sur la dépouille de la jeune victime et des analyses sont en cours pour déterminer les causes exactes de cette mort mystérieuse qui a endeuillé tous le corps médical à Sétif et ailleurs. Pour revenir à cette campagne de vaccination, les réticences des blouses blanches pourraient dissuader les femmes enceintes d'être immunisées contre le virus de la grippe A H1N1. Pour la vaccination des enfants scolarisés annoncée pour bientôt, les autorités sanitaires à Oran partent avec une longueur de retard, puisque nombre de parents d'élèves sont unanimes à rejeter cette campagne. L'académie a d'ailleurs déclaré au début de cette semaine que la vaccination des élèves ne pourrait jamais se faire sans une autorisation parentale. La balle se trouve ainsi dans le terrain du département de Saïd Barkat qui aura certainement besoin d'un nouveau vaccin pour dissiper les craintes de ses travailleurs d'abord avant de penser aux autres catégories de la société.